Moncef Ben Hayoun
24 Octobre 2026
À 09:50
Bank Al-Maghrib planche sur la définition d’un
schéma national de paiement. Selon son rapport annuel sur les infrastructures de marchés financiers et les moyens de paiement pour l’exercice 2025, ce projet constitue l’un des axes prioritaires de la
stratégie de développement des paiements. Cette stratégie, qui couvre la période 2024-2028, place la transformation des usages au cœur des priorités de la Banque. Les travaux sont menés en concertation avec les principales parties prenantes de l’écosystème. Ils visent à définir un socle commun de règles de fonctionnement et de standards applicables aux différents
parcours de paiement, notamment en matière d’interopérabilité et de continuité de l’expérience utilisateur.
Selon le Rapport, le schéma ambitionne d’instaurer un cadre davantage intégré et inclusif, fondé sur des règles et des standards communs et ouvert aux différentes catégories d’acteurs éligibles. Il doit permettre de fluidifier les interactions entre les solutions existantes, de réduire la fragmentation des parcours et d’amplifier les usages du paiement instantané. Le chantier a été engagé dans le prolongement de la mise en place, en 2025, du
Comité de place des paiements, présidé par
Bank Al-Maghrib. Cette instance réunit notamment les établissements de crédit, les
établissements de paiement et les gestionnaires des principales
infrastructures de paiement de détail. Elle constitue un cadre structuré de concertation, dont la gouvernance vise à favoriser l’émergence de positions communes sur les sujets présentant des enjeux transversaux, tels que l’interopérabilité, la tarification, l’acceptation, les standards techniques et le développement de nouveaux cas d’usage. Le projet doit contribuer à renforcer la cohérence des règles applicables aux
paiements électroniques.
Ce cadre commun doit couvrir les conditions d’accès, les standards, l’interopérabilité, la qualité de service ainsi que les mécanismes de gestion des risques et des litiges. Sur le plan technique, les travaux portent notamment sur les standards techniques, les règles d’interopérabilité et de qualité de service, l’harmonisation des formats de messages, la standardisation des codes QR et la mise en place d’un annuaire central des alias de paiement. Ces dispositifs ont vocation à constituer des briques communes sur lesquelles les acteurs pourront développer leurs propres offres et innovations, tout en garantissant aux utilisateurs la capacité d’effectuer et de recevoir des paiements indépendamment de leur prestataire. Dans son chapitre consacré à l’interopérabilité, Bank Al-Maghrib indique, par ailleurs, œuvrer à faire évoluer
l’écosystème des paiements instantanés vers une architecture davantage unifiée et inclusive, fondée sur des règles et des standards communs et ouverts, selon des conditions harmonisées. Cette évolution doit également favoriser le développement de nouveaux cas d’usage au-delà des transferts de compte à compte, notamment pour les paiements entre particuliers, les paiements marchands et les transactions de proximité et de faible montant.
Bank Al-Maghrib a aussi engagé, en concertation avec le
Groupement professionnel des banques du Maroc, les travaux relatifs à la mise en place d’un dispositif conventionnel d’Open Banking, présenté parmi les prérequis au développement d’un écosystème de paiements plus ouvert, interopérable et innovant. Ce chantier vise à instaurer un cadre sécurisé et encadré d’échange de données, nécessaire à l’émergence de nouveaux
services financiers numériques et, à terme, à l’ouverture progressive de l’écosystème vers l’
Open Finance.