Économie

BERD : L’économie marocaine parmi les plus performantes de sa région

Soutenue par la reprise de la production agricole après plusieurs années de sécheresse, l’économie marocaine devrait croître de 4,8% en 2026, puis de 3,9% en 2027, selon la BERD. Le Maroc devrait rester parmi les économies les plus performantes de la région de la Méditerranée méridionale et orientale, dont la croissance est prévue à -0,7% en 2026, principalement en raison de la contraction de l’Irak et de la récession attendue au Liban.

25 Septembre 2026 À 10:10

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L’économie marocaine reste résiliente face aux tensions régionales et devrait figurer parmi les plus performantes de la région de la Méditerranée méridionale et orientale (SEMED). C’est ce qu’indique la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) dans son dernier rapport sur les perspectives économiques régionales.

L’institution prévoit pour le Maroc une croissance de 4,8% en 2026 et de 3,9% en 2027. Par rapport à ses projections de juin, la prévision pour 2026 est révisée en hausse de 0,4 point de pourcentage, tandis que celle de 2027 est abaissée de 0,1 point.

Selon la BERD, les perspectives se sont améliorées à la faveur d’une forte reprise de la production agricole après plusieurs années de sécheresse, en hausse de 18,4% en glissement annuel. L’agriculture a connu une expansion significative au premier semestre 2026, compensant une activité plus faible dans l’industrie et la construction. Au premier trimestre, le PIB a progressé de 4,6% en glissement annuel, contre 5,0% un an plus tôt, l’investissement ayant ralenti par rapport à un niveau exceptionnellement élevé.

Inflation très faible, équilibres extérieurs soutenus

L’inflation est restée très faible, à 0,5% en moyenne sur janvier-juin 2026, en dépit d’une accélération temporaire liée à la hausse des prix de l’énergie. Bank Al-Maghrib a, de son côté, maintenu son taux directeur à 2,25%, en invoquant l’incertitude géopolitique. Les recettes touristiques et les transferts de fonds des Marocains résidant à l’étranger (MRE) ont continué de soutenir les comptes extérieurs. Le déficit du compte courant s’est établi à 1,2% du PIB au premier trimestre 2026, l’élargissement du déficit commercial ayant été compensé par ces deux postes. Les réserves officielles s’élevaient à 54,3 milliards de dollars (46,7 milliards d’euros) en août 2026, soit environ 5,3 mois d’importations.

Le gouvernement projette un déficit budgétaire de 3,4% du PIB en 2026, conforme à l’objectif fixé, et un ratio dette/PIB de 65,8%, contre 66,6% en 2025. Le Maroc a, par ailleurs, réalisé en mai 2026 une émission obligataire internationale, qui a été sursouscrite.

Un contexte régional marqué par les tensions

La BERD estime la croissance de la région de la SEMED à -0,7% en 2026, avant un rebond à 7,1% en 2027. Cette perspective reflète la forte contraction de l’Irak (-12,0% attendue en 2026), après les perturbations des exportations pétrolières par le détroit d’Ormuz, et la récession attendue au Liban (-5,0% prévue en 2026). Hors Irak, la croissance de la région est prévue à 3,9% en 2026 et 4,3% en 2027.

L’Égypte (+4,6% en 2026 et +5,0% en 2027), la Jordanie (+2,5% et +2,8%), la Tunisie (+2,4% et +2,3%) et le Maroc ont, en revanche, fait preuve de résilience. Les tensions régionales continuent néanmoins de peser sur les économies de la SEMED à travers la hausse des coûts de l’énergie, la perturbation des routes commerciales et l’incertitude accrue, ce qui amplifie des vulnérabilités budgétaires et extérieures existantes dans plusieurs marchés.
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