Saïd Naoumi
30 Mars 2026
À 09:00
Même si
Bouygues ne communique pas de chiffres détaillés par pays de présence, une chose est sûre : le
Maroc a été l’un des gros contributeurs à ses performances financières de 2025. Avec une croissance record de plus de 61% réalisée par sa filiale
Colas dans le Royaume, des contrats emblématiques signés avec de gros donneurs d’ordres et une intégration locale renforcée, le géant français du BTP et des services peut se frotter les mains. Le
Maroc s’impose comme un pilier stratégique de sa zone «Afrique et Moyen-Orient». Rien que sur ce périmètre de présence, l’opérateur tricolore a engrangé 1,8 milliard d’euros, en hausse de 3%. Le Groupe semble bien se positionner sur le marché marocain où les opportunités sont nombreuses, en particulier dans le BTP, en perspective du
Mondial 2030. En effet, l’exercice écoulé a été marqué par la signature de plusieurs contrats majeurs, confirmant la position de Bouygues sur le marché marocain. Concrètement, sur le projet de
ligne à grande vitesse (LGV) Kénitra-Marrakech, la filiale locale du Groupe, Colas, a remporté un lot pour 164 millions d’euros. Ce projet place ainsi Bouygues au cœur de la modernisation de l’infrastructure ferroviaire du Royaume.
De même, Colas est présent à
Jorf Lasfar et
Mzinda pour des travaux de terrassement et d’aménagement de plateformes industrielles pour le compte de
l’Office Chérifien des phosphates (OCP), confirmant sa capacité à intervenir sur des projets complexes en milieu industriel. Bouygues a, également, signé un autre projet stratégique dans le secteur de la santé. Il s’agit de
l’Hôpital universitaire Mohammed VI de Rabat que le Groupe français se félicite d’avoir livré en un temps record par sa filiale Bouygues Construction. Dans la stratégie internationale du Groupe, le Maroc figure parmi les marchés les plus prometteurs, eu égard à ses multiples stratégies sectorielles de développement des infrastructures lourdement capitalistiques. C’est d’ailleurs pourquoi le Groupe mise sur un ancrage territorial durable dans le pays.
Dans la littérature stratégique du Groupe, le Royaume est considéré comme un pays d’implantation pérenne pour
Bouygues Construction, au même titre que la France, l’Australie ou encore la Suisse. Cette stratégie de long terme se traduit par des investissements humains et sociaux significatifs. Ainsi, en 2025, l’Ordre des compagnons de l’Atlas, affilié à Bouygues Construction, a célébré son 20e anniversaire, rassemblant plus de 55 compagnons et la direction de Bymaro, filiale marocaine du Groupe. Ce compagnonnage, hérité de l’ADN du Groupe, illustre la volonté de transmettre les savoir-faire et de fidéliser les talents locaux.
Le Maroc fait, en outre, partie des pays où Bouygues a mené une étude approfondie sur le salaire décent en 2025, concluant à la conformité des rémunérations versées. L’entreprise est également attentive aux risques environnementaux, notamment le stress hydrique, identifié comme un enjeu majeur pour ses activités industrielles dans le Royaume. Les collaborateurs marocains bénéficient du dispositif «BYCare», qui garantit une protection sociale minimale (parentalité, décès) aux salariés du Groupe implantés hors de France.
Des performances financières solides en 2025
Globalement, le Groupe Bouygues a engrangé en 2025 des résultats financiers robustes, confirmant la résilience de son modèle diversifié dans un environnement international marqué par l’instabilité. Le chiffre d’affaires consolidé s’élève ainsi à 56,9 milliards d’euros, en légère progression de 0,2% par rapport à 2024, et de 0,7% à périmètre et change constants. Cette performance est portée par une amélioration significative de la rentabilité.
Le résultat opérationnel courant des activités (ROCA) progresse de 120 millions d’euros pour s’établir à 2,65 milliards d’euros, soit une marge des activités de 4,7% contre 4,5% un an plus tôt. Cette hausse est largement attribuée aux métiers de la construction et à Equans, qui affiche une progression de 140 millions d’euros de son ROCA.
Le résultat net part du Groupe s’élève, quant à lui, à un peu plus de 1,13 milliard d’euros, en progression de 80 millions d’euros sur un an. Cette amélioration intègre un résultat non courant de -224 millions d’euros et une charge d’impôt de 655 millions d’euros, alourdie par une contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises en France.
La génération de trésorerie atteint un niveau record. Le cash-flow libre progresse de 540 millions d’euros pour atteindre 1,80 milliard d’euros, témoignant des efforts de gestion réalisés par l’ensemble des métiers. L’endettement financier net est réduit de 1,86 milliard d’euros, passant de 6,06 milliards d’euros fin 2024 à 4,20 milliards fin 2025, soit un ratio d’endettement net sur capitaux propres ramené de 42% à 28%.