LE MATIN
13 Octobre 2026
À 12:36
L'amélioration des
réserves d'eau redonne des perspectives à la
filière sucrière nationale. Pour la
campagne agricole 2026-2027, le groupe
Cosumar a engagé un programme de 63.000 hectares de cultures sucrières dans cinq périmètres agricoles du Royaume. Cette nouvelle campagne intervient dans un contexte hydrique sensiblement plus favorable, avec un taux de remplissage de 67% des barrages alimentant les zones de production, contre 32% à la même période de l'année précédente.
Selon un communiqué publié mardi 13 octobre, le programme porte sur 60.000 hectares de betterave à sucre et 3.000 hectares de nouvelles plantations de canne à sucre. Les
plantations de canne ont démarré le 20 août dernier, tandis que les semis de betterave ont débuté le 15 septembre.
Cette amélioration de la disponibilité en eau constitue un facteur déterminant pour les perspectives de production, après plusieurs campagnes marquées par les contraintes climatiques. Elle permet notamment d'envisager une mobilisation plus importante des superficies agricoles dans les principaux bassins sucriers.
Le Doukkala et le Tadla concentrent plus de la moitié des superficies de betterave
Sur les 60.000 hectares programmés pour la
betterave à sucre, le périmètre des Doukkala arrive en tête avec 18.500 hectares, suivi du Tadla avec 15.500 hectares et du Gharb avec 15.000 hectares. Le Loukkos accueillera 6.000 hectares, contre 5.000 hectares dans la Moulouya.
Pour la canne à sucre, les 3.000 hectares de nouvelles plantations seront répartis entre le Gharb, à hauteur de 2.000 hectares, et le Loukkos, avec 1.000 hectares.
Au-delà des superficies mobilisées, Cosumar estime que cette campagne devrait générer plus de 3 milliards de dirhams de retombées économiques dans les régions concernées, notamment à travers l'activité agricole et les revenus des producteurs partenaires.
Le groupe prévoit également un important dispositif d'accompagnement des agriculteurs. Dans le cadre de son modèle d'agrégation, il assure le préfinancement des semences, des engrais et des produits phytosanitaires, pour un montant estimé à 800 millions de dirhams.
Plus de 120 conseillers agricoles sont mobilisés pour accompagner les exploitants, depuis les opérations de semis jusqu'à la récolte, en passant par l'irrigation, le désherbage et les traitements phytosanitaires.
390 millions de dirhams pour moderniser les équipements agricoles et industriels
La campagne 2026-2027 s'accompagne également d'un programme d'investissement destiné à améliorer les conditions de production et de transformation.
Cosumar annonce ainsi 120 millions de dirhams pour le renouvellement du parc de machines agricoles dédiées aux plantes sucrières. La mécanisation, déjà généralisée du semis à la récolte, sera complétée par le recours à des outils technologiques, notamment les drones pour les traitements agricoles, l'irrigation intelligente et la fertilisation raisonnée.
Les agriculteurs disposent également de la plateforme numérique ATTAISSIR, destinée à faciliter le suivi des opérations agricoles.
Parallèlement, 270 millions de dirhams seront consacrés à la modernisation technologique et à la mise à niveau des installations industrielles, afin d'améliorer les capacités de réception et de traitement des récoltes.
Au total, les investissements annoncés dans le renouvellement des équipements agricoles et la modernisation industrielle atteignent ainsi 390 millions de dirhams.
Une nouvelle campagne après une production de 240.000 tonnes de sucre local
Le lancement de cette campagne intervient après un exercice 2025-2026 marqué par des conditions climatiques contrastées. Selon Cosumar, la production nationale de sucre blanc issu de la betterave et de la canne à sucre locales s'est établie à 240.000 tonnes, malgré les inondations ayant affecté les
périmètres du Gharb et du Loukkos.
Les rendements moyens ont atteint 55 tonnes par hectare pour la betterave à sucre et 72 tonnes par hectare pour la canne à sucre.
Pour soutenir les producteurs durant cette campagne, plusieurs mesures financières ont été déployées. Les agriculteurs partenaires ont notamment bénéficié d'une aide de l'État de 80 dirhams par tonne de betterave et de 70 dirhams par tonne de canne à sucre.
Des subventions ont également été accordées pour les engrais, tandis que les agriculteurs sinistrés du Gharb et du Loukkos ont bénéficié de l'annulation de leurs dettes au titre de la campagne écoulée. Selon le groupe, 425 millions de dirhams ont été mobilisés au total pour ces différentes mesures, dont certaines ont été financées conjointement par Cosumar et l'État.
Avec le redressement des réserves hydriques et la mobilisation de nouvelles superficies, la campagne 2026-2027 s'ouvre ainsi sur des perspectives plus favorables pour la production sucrière locale. La concrétisation de ces objectifs dépendra toutefois de l'évolution des conditions climatiques et des disponibilités en eau tout au long du cycle agricole.