Catastrophes naturelles : la Banque mondiale prépare un financement de 50 M$ pour le Maroc
Alors que les catastrophes climatiques pèsent de plus en plus lourdement sur les finances publiques, le Royaume entend renforcer davantage son arsenal de protection budgétaire. La Banque mondiale prépare ainsi un financement de 50 millions de dollars sous forme de ligne de crédit mobilisable immédiatement en cas de catastrophe en faveur du Maroc. Bien plus qu’un simple appui financier, cette opération viendra accompagner un nouveau cycle de réformes visant à consolider la résilience du Royaume, depuis le financement des risques jusqu’à la planification territoriale, en passant par les systèmes d’alerte précoce et la gouvernance des infrastructures stratégiques.
Saïd Naoumi
06 Août 2026
À 12:55
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Le Maroc s’apprête à franchir une nouvelle étape dans le renforcement de sa résilience face aux catastrophes naturelles et aux risques climatiques. La Banque mondiale prépare en effet un financement de 50 millions de dollars en faveur du Royaume dans le cadre d’une deuxième opération de financement des politiques de développement assortie d’une option de tirage différé en cas de catastrophe (Cat DDO). Cet instrument financier, conçu comme une ligne de crédit mobilisable immédiatement après la survenance d’un événement majeur, vise autant à sécuriser la capacité budgétaire de l’État qu’à accélérer un grand programme de réformes structurelles destiné à mieux anticiper et gérer les risques.
Contrairement à un prêt d’investissement classique, ce mécanisme offre au gouvernement une liquidité instantanée dès lors qu’une catastrophe éligible est déclarée. Il constitue ainsi un filet de sécurité budgétaire permettant de financer rapidement les interventions d’urgence sans déséquilibrer les finances publiques. Cette nouvelle opération s’inscrit dans la continuité du premier Cat DDO accordé au Maroc et prolonge l’accompagnement de la Banque mondiale en matière de gestion intégrée des risques de catastrophe. Le financement repose sur deux piliers complémentaires.
Le premier concerne le renforcement de l’architecture financière dédiée aux risques climatiques et naturels. Il prévoit notamment l’augmentation des ressources du Fonds de solidarité contre les événements catastrophiques (FSEC), l’amélioration des mécanismes de gestion des finances publiques en situation de crise ainsi que le renforcement du dispositif d’assurance contre les catastrophes afin de faciliter et d’accélérer l’indemnisation des populations sinistrées. Le second pilier porte sur le renforcement de la résilience physique et institutionnelle du territoire. Il englobe une série de réformes destinées à intégrer davantage les risques climatiques dans la planification urbaine et territoriale, à consolider la sécurité des barrages, à moderniser les dispositifs de prévision des crues et à améliorer les systèmes nationaux d’alerte précoce grâce au développement des services hydrométéorologiques. Au total, huit actions prioritaires structurent cette opération, avec une logique d’opérationnalisation des réformes déjà engagées par les autorités marocaines. Cette initiative intervient dans un contexte où le Maroc demeure particulièrement exposé aux aléas climatiques. Après la sécheresse prolongée, le séisme d’Al Haouz en 2023, les épisodes d’inondations enregistrés en 2025 et 2026 ainsi que la multiplication des vagues de chaleur, la gestion des risques est devenue un enjeu majeur de politique publique. Selon l’Institution de Bretton Woods, les catastrophes naturelles représentent un coût annuel supérieur à 575 millions de dollars, tandis que les chocs pluviométriques expliquent près de 37% des fluctuations de l’activité économique du pays à moyen terme. L’institution souligne néanmoins que le Royaume aborde cette nouvelle étape dans un environnement macroéconomique jugé solide. Après une croissance estimée à 4,9% en 2025, l’économie marocaine devrait progresser de 4,4% en 2026 puis de 4,5% en 2027, soutenue par la normalisation de la production agricole, la poursuite des investissements dans les infrastructures et une implication accrue du secteur privé. Le ministère de l’Économie et des Finances assurera la coordination générale du programme, tandis que le ministère de l’Intérieur pilotera les réformes liées à la résilience territoriale et aux dispositifs de préparation. Une fois approuvé par le Conseil d’administration de la Banque mondiale, prévu fin septembre prochain, le financement restera mobilisable en cas de catastrophe majeure tout en accompagnant, sur plusieurs années, la mise en œuvre des réformes destinées à renforcer durablement la capacité du Maroc à prévenir, absorber et gérer les effets des chocs climatiques et naturels.