Développement rural : Le Maroc, un partenaire clé du FIDA
Entre investissements financiers innovants et nouveaux projets sur le terrain, le Maroc s’impose comme un partenaire clé du Fonds international de développement agricole. Du soutien de Bank Al-Maghrib aux obligations durables du FIDA au futur projet intégré de Khénifra, le Royaume consolide une coopération de long terme au service de la transformation du monde rural et de la résilience des zones de montagne.
Saïd Naoumi
27 Janvier 2026
À 09:50
Your browser doesn't support HTML5 audio
Dans son «Impact Report 2024», publié récemment, le Fonds international de développement agricole (FIDA) met en lumière le rôle stratégique du Maroc, à la fois comme pays d’intervention et comme acteur financier institutionnel engagé dans le financement du développement rural. Le document du FIDA rappelle, dans ce sens, l’un des faits marquants de l’année 2024, à savoir le partenariat inédit entre le FIDA et Bank Al-Maghrib. La Banque centrale a participé à une émission obligataire durable en euros de 100 millions d’euros, faisant du Royaume le premier pays d’Afrique et du monde arabe à investir directement dans les obligations durables du FIDA. Cette opération renforce la connexion entre les marchés financiers marocains et les mécanismes internationaux de financement du développement rural, tout en illustrant la crédibilité financière et institutionnelle du Royaume. Le Maroc figurait, par ailleurs, parmi les pays bénéficiaires du portefeuille de 30 projets financés par les émissions d’obligations durables du FIDA sur la période 2022-2024, pour un montant global de 646 millions de dollars. Ces projets s’inscrivent dans la région Proche-Orient, Afrique du Nord et Europe (NENA), qui capte environ 13% du portefeuille géographique total.
Les interventions du FIDA dans cette région – et donc au Maroc – portent principalement sur l’accès aux marchés agricoles, la gestion durable des ressources naturelles, le renforcement des politiques et institutions rurales, la résilience climatique et la sécurité alimentaire. Notons que les orientations du FIDA au Maroc sont en phase avec les priorités nationales en matière de transformation des systèmes agricoles, de résilience face au changement climatique et d’inclusion des petits agriculteurs. Le Rapport souligne, également, l’intégration transversale de thématiques clés telles que la nutrition, l’égalité de genre, l’emploi des jeunes et la durabilité environnementale, qui constituent aujourd’hui des enjeux centraux des politiques rurales du pays.
Au-delà de son statut de pays d’intervention, le Maroc apparaît dans ce Rapport comme un acteur crédible de la finance durable internationale, capable de contribuer au financement du développement rural bien au-delà de ses frontières. Cette double posture – bénéficiaire et investisseur – renforce, du coup, la place du Royaume comme partenaire stratégique du FIDA et comme pont entre l’Afrique, le monde arabe et les marchés financiers internationaux. Rappelons que le Fonds programme un nouveau prêt de 65,6 millions de dollars au profit du Maroc. Cette enveloppe servira à financer un projet de développement rural intégré dans la province de Khénifra. Ce nouveau financement s’inscrit dans le cadre du Programme d’options stratégiques du Fonds pour le Maroc (COSOP) 2022-2027. Ce cadre redéfinit la présence du FIDA au Maroc autour d’une logique programmatique et d’une concentration géographique dans les zones de montagne. Le Fonds y réaffirme son ambition d’agir comme partenaire de long terme pour la transformation du monde rural et l’émergence d’une agriculture solidaire, inclusive et durable au Maroc.
L’intervention prévue à Khénifra viendra ainsi prolonger l’approche du FIDA, déjà déployée dans plusieurs projets en cours, notamment dans l’Atlas, le Pré-Rif de Taza et les zones de montagne, et qui vise à améliorer durablement les revenus, renforcer l’inclusion économique des jeunes et des femmes, moderniser les systèmes de production et accroître la résilience climatique des territoires ruraux.