Saïd Naoumi
04 Novembre 2026
À 10:20
La réflexion sur la réorganisation du
secteur financier public, qui regroupe, entre autres, des structures comme le
Fonds d’équipement communal (FEC), la
Caisse de dépôt et de gestion (CDG) et
Tamwilcom, est le chantier le plus avancé et aussi le plus structurant mené par
l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État (ANGSPE). Cette étude, lancée le 27 janvier 2026, a déjà livré son diagnostic. Ce dernier a permis d’identifier les principaux enjeux et lacunes du secteur. En 2027, les travaux devront aboutir à une trajectoire opérationnelle de transformation de ce secteur. L’étude visera ainsi, dans ses prochaines phases, à clarifier les mandats des
acteurs financiers publics, à mieux articuler leurs interventions autour des priorités de développement, à optimiser l’allocation du
capital public et à renforcer leur complémentarité avec le
secteur privé.
En clair, la trajectoire à définir devra permettre d’améliorer la cohérence de l’intervention publique en matière de financement, d’investissement et de garantie. Pour l’ANGSPE, ce chantier est le premier exercice transversal de réflexion stratégique consacré au secteur financier public depuis plusieurs décennies. La démarche est structurée en trois phases. La première a porté sur le diagnostic et le benchmark international. La deuxième explorera, elle, des scénarios d’évolution de l’architecture et des mandats. La troisième formulera une vision cible et une feuille de route opérationnelle d’exécution. Seule la première est donc aujourd’hui achevée. Les enjeux découlent directement des objectifs affichés pour 2027. Il s’agit de clarifier les mandats des différents acteurs financiers publics, ce qui suppose de dire qui fait quoi en matière de financement, d’investissement et de garantie. Enfin, l’étude doit renforcer la complémentarité de ces acteurs avec le secteur privé.
Logistique : cartographier l’intervention des EEP avant de chercher des synergies
Engagée à la fin de 2025, l’étude sur les synergies dans la
logistique poursuit trois buts : établir une vision consolidée de l’intervention des
Entreprises et établissements publics (EEP) dans ce secteur, clarifier leur positionnement et définir des scénarios de coopération sur les différents maillons de la chaîne de valeur. Le calendrier est plus lisible que pour le tourisme. Le comité de suivi tenu le 9 septembre 2026 a été consacré à l’examen des livrables de la deuxième phase, qui portait sur le diagnostic du secteur et le benchmark international. Il a également servi à cadrer la phase suivante, dédiée à l’identification et à la qualification des pistes de
synergies logistiques. Ces pistes seront recherchées notamment avec le
secteur privé. L’enjeu n’est donc pas seulement de rapprocher les opérateurs publics entre eux, mais aussi de définir leur articulation avec les acteurs privés de la chaîne logistique.
Tourisme : positionner le public sans évincer le privé
Le dossier du
tourisme est le plus en amont. L’ANGSPE procède actuellement à un cadrage préparatoire en vue du lancement de l’étude dédiée à ce secteur. Son périmètre est néanmoins déjà précis. Elle viendra examiner le positionnement des acteurs publics dans la
chaîne de valeur touristique, les conditions de mobilisation de l’investissement privé et la rentabilité des projets. Elle recensera, par la même occasion, les complémentarités et les éventuels chevauchements entre interventions. Elle abordera de front la question de la neutralité concurrentielle, c’est-à-dire la manière dont l’intervention publique s’exerce sans fausser le jeu face aux opérateurs privés. Elle proposera enfin des scénarios d’évolution des interventions publiques, assortis de leurs implications opérationnelles et financières.