Saïd Naoumi
28 Avril 2026
À 11:30
Le dispositif d’évaluation de la formation professionnelle franchit un nouveau cap. Le Département de la
formation professionnelle (DFP) s’apprête à lancer une vaste enquête nationale de terrain visant à mesurer, avec un niveau de précision inédit, l’insertion des lauréats de la promotion 2024 dans la vie active.
Au cœur de cette opération figure un objectif central : produire des indicateurs robustes, susceptibles d’orienter les politiques publiques, d’ajuster l’offre de formation et de renforcer l’adéquation entre compétences formées et besoins du
marché du travail.
Ce projet s’inscrit dans la continuité d’un dispositif de suivi déjà bien établi. Depuis 1987, le DFP réalise des enquêtes d’insertion à neuf mois après l’obtention du diplôme, complétées par des études longitudinales couvrant les trois années suivant la sortie du système de formation.
La nouveauté de cette édition réside dans le renforcement méthodologique du dispositif, avec l’introduction d’un suivi panelisé sur trois ans et un croisement inédit avec des enquêtes menées auprès des entreprises. L’objectif est non seulement de mesurer l’accès à l’emploi, mais également d’en analyser la qualité : type de contrat, niveau de rémunération, adéquation entre formation et emploi occupé, ou encore mobilité professionnelle.
Une photographie fine du marché du travail des jeunes diplômés
L’enquête permettra de produire une batterie d’indicateurs détaillés, notamment les taux d’insertion et d’emploi, le taux de chômage et ses déterminants, les caractéristiques des postes occupés, les niveaux de salaire, ainsi que le degré de correspondance entre formation suivie et emploi exercé.
Elle intégrera également la perception des employeurs, un élément clé pour évaluer l’opérationnalité des compétences acquises et identifier d’éventuels besoins en formation complémentaire.
L’étude cible l’ensemble des lauréats de la formation professionnelle de la promotion 2024, tous modes confondus (résidentiel, alterné et apprentissage), soit une population estimée à environ 110.000 personnes.
Le plan de sondage prévoit un taux d’échantillonnage de 20%, soit près de 21.400 lauréats enquêtés, avec la possibilité d’extension jusqu’à 22.800 personnes via un sur-échantillonnage.
La méthodologie repose sur un échantillonnage stratifié couvrant les modes de formation, les opérateurs publics et privés (dont l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail –
OFPPT), les secteurs d’activité (industrie, TIC, textile, tourisme...), les niveaux de qualification, les régions, le genre, le milieu de résidence ainsi que plus de 400 filières métiers.
L’objectif affiché est de garantir des résultats statistiquement significatifs à différents niveaux d’analyse, avec une marge d’erreur inférieure à 1% au niveau national. n