Économie

«Ihyae» : Le Maroc mise sur l’agroécologie et l’entrepreneuriat pour faire émerger une classe moyenne agricole

Dans l’Oriental, à Fès-Meknès et à Souss-Massa, le Programme «Ihyae», cofinancé par l’Agence française de développement et l’UE, déploiera deux axes complémentaires : la transition agroécologique des petites exploitations et l’accompagnement entrepreneurial des services agricoles et para-agricoles. Neuf consortiums d’ONG sont déjà retenus. L’Agence pour le développement agricole en assure le portage institutionnel.

12 Octobre 2026 À 11:25

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C’est un pari sur l’humain autant que sur la terre. Avec «Ihyae», le Maroc, appuyé par l’Agence française de développement (AFD) et l’Union européenne (UE), entend renforcer l’écosystème agricole régional en misant sur ceux qui le font vivre : les petits exploitants et les prestataires de services qui gravitent autour d’eux. Le Programme est un projet intégré, centré sur le développement du capital humain, l’amélioration des revenus des agriculteurs et l’émergence d’une nouvelle classe moyenne agricole. Il se déploiera dans trois régions : l’Oriental, Fès-Meknès et Souss-Massa. Il s’inscrit dans le cadre de la stratégie «Génération Green 2020-2030», la Feuille de route nationale du secteur agricole. Le financement repose sur une convention passée entre le Royaume et l’AFD, à laquelle s’ajoute le cofinancement de l’Union européenne.

Deux axes, une même logique territoriale

L’Agence pour le développement agricole (ADA) assure le portage institutionnel de deux axes d’intervention. Le premier visera l’accompagnement des petites exploitations vers la transition agroécologique. Le second concernera l’accompagnement entrepreneurial des services agricoles et para-agricoles, c’est-à-dire les activités qui entourent la production et lui donnent de la valeur. La mise en œuvre reposera sur la sélection de consortiums d’organisations non gouvernementales, nationales et internationales, pour chacun des deux volets. Deux appels à projets ont été lancés par l’ADA. Ils ont abouti au choix de neuf consortiums, dont six pour l’agroécologie et trois pour l’entrepreneuriat, chargés de conduire leurs projets dans les trois régions. Des conventions de partenariat ont été conclues avec chacun d’eux pour encadrer le déploiement.

Un suivi externalisé sur trois ans

Confier la mise en œuvre à neuf consortiums, c’est multiplier les interlocuteurs et les exigences de reddition de comptes. L’ADA a donc prévu de s’adosser à une assistance technique externalisée d’une durée de 36 mois, afin de garantir le respect des délais, la conformité financière et l’atteinte des objectifs techniques. Cette assistance couvrira cinq missions: le suivi technique des projets agroécologiques et entrepreneuriaux conduits par les consortiums ; le suivi administratif et financier des conventions, avec le contrôle des dépenses et la conformité aux procédures des bailleurs de fonds ; l’appui au Reporting et à la conformité des livrables ; la coordination entre l’ADA, les consortiums et les partenaires ; enfin, la capitalisation des bonnes pratiques et la production de supports de connaissance. Ce dernier point n’est pas anodin : il doit permettre de tirer des enseignements transposables des projets menés dans les trois régions.
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