Économie

Innovation : la Fondation Gen J veut passer de la proposition à l’action

Avec son Pacte Innovation 2026-2031, la Fondation Gen J entend élargir son rôle dans l’écosystème marocain. Au-delà des études et des recommandations, elle ambitionne désormais de fédérer les acteurs, de créer des passerelles et de contribuer à l’expérimentation de projets concrets. Le Pacte avance six chantiers, allant de la gouvernance au financement de l’innovation.

13 Septembre 2026 À 09:45

La Fondation Gen J veut franchir un nouveau cap. En dévoilant son Pacte Innovation 2026-2031, elle affiche sa volonté de ne plus se limiter à documenter les enjeux de l’innovation ou à alimenter le débat public. Elle ambitionne désormais de contribuer à la mise en œuvre d’initiatives concrètes, en fédérant les acteurs et en créant davantage de passerelles entre pouvoirs publics, entreprises, universités, chercheurs, startups, investisseurs et structures d’accompagnement.

Ce repositionnement repose sur un constat : le Maroc dispose déjà des talents, des entreprises, des institutions et des infrastructures nécessaires pour développer une économie de l’innovation, mais ces différentes composantes restent insuffisamment connectées. Pour Gen J, l’enjeu consiste donc à les inscrire dans un véritable système national d’innovation, structuré autour d’une vision, d’une gouvernance et d’objectifs partagés.

Des entreprises encore peu ouvertes sur leur écosystème

La Fondation s’appuie notamment sur les résultats de l’Enquête nationale sur l’innovation au Maroc 2025, menée avec l’Observatoire marocain des pratiques de management (OMPM). Selon cette étude, 25% des entreprises interrogées génèrent plus de 30% de leur chiffre d’affaires grâce à des innovations récentes. Un résultat qui témoigne du poids que peut déjà représenter l’innovation dans l’activité de certaines entreprises.

L’enquête révèle, toutefois, que 77% des structures sondées développent principalement leurs innovations en interne. Cette donnée met en lumière la faiblesse des coopérations avec les universités, les laboratoires de recherche, les startups, les financeurs et les dispositifs d’accompagnement. C’est précisément sur ce déficit de connexion que Gen J souhaite agir.

La Fondation entend ainsi consolider son rôle d’intermédiaire au sein de l’écosystème : rapprocher les acteurs, favoriser l’émergence de projets communs et contribuer à transformer les idées et les résultats de la recherche en valeur économique et sociale.

Six chantiers pour structurer l’innovation

Le Pacte Innovation 2026-2031 articule cette ambition autour de six chantiers. Le premier concerne la mise en place d’une gouvernance nationale de l’innovation, avec pour objectif d’améliorer la coordination entre les initiatives et de fixer des priorités communes.

Le deuxième porte sur la création d’un Observatoire national de l’innovation. Cette structure serait chargée de produire des données régulières, de suivre les dynamiques à l’œuvre et d’évaluer les résultats des politiques mises en place. Gen J indique avoir déjà soumis ce projet au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation.

La Fondation propose également d’accélérer l’opérationnalisation des Cités de l’innovation. Au-delà de la création d’infrastructures, elle insiste sur la nécessité d’animer ces espaces et de les connecter aux besoins des entreprises, aux compétences universitaires et aux projets portés par les chercheurs et les entrepreneurs.

Un quatrième chantier vise à rapprocher l’enseignement, la recherche et le tissu productif. Il s’agit de faciliter le transfert des connaissances et des technologies vers le marché, mais aussi de mieux orienter la formation et la recherche vers les besoins de l’économie.

Le Pacte appelle, par ailleurs, à développer des mécanismes de financement adaptés aux projets innovants, dont les résultats sont souvent incertains et les délais de développement plus longs. Enfin, il met l’accent sur la diffusion d’une culture de l’innovation et le renforcement des compétences, à travers des programmes de formation, de certification, de labellisation et d’accompagnement.

Un appel à des Assises nationales

Pour faire émerger une vision partagée, Gen J propose l’organisation d’Assises nationales de l’innovation. Celles-ci réuniraient l’État, les régions, les universités, les chercheurs, les grandes entreprises, les PME, les startups, les investisseurs et les structures d’accompagnement.

L’objectif serait de dégager un cadre stratégique commun et, surtout, d’en organiser l’exécution collective. Le communiqué ne précise toutefois ni le calendrier de ces Assises ni les modalités de leur organisation.

La Fondation inscrit cette nouvelle orientation dans la continuité d’actions déjà engagées, parmi lesquelles l’enquête nationale, le projet d’Observatoire, les réflexions autour des Cités de l’innovation et la construction de passerelles avec des écosystèmes étrangers. Elle cite notamment la création d’un Chapter à Bangalore et une mission d’apprentissage prévue en novembre 2026. Le Pacte trace ainsi les contours du rôle que Gen J souhaite désormais occuper : celui d’un acteur capable de relier les initiatives et de favoriser leur traduction en projets. La portée de ce repositionnement dépendra néanmoins de sa mise en œuvre. Les prochaines étapes devront notamment préciser les partenaires engagés, les moyens mobilisés, le calendrier des actions et les indicateurs retenus pour en mesurer les résultats.
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