Économie

La BERD atteint un niveau record d’investissements au Maroc en 2025

En 2025, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement a porté ses investissements au Maroc à un niveau record de 895 millions d’euros, confirmant le rôle central du Royaume dans sa stratégie en région Sud et Est de la Méditerranée. Ces financements, majoritairement orientés vers la transition verte, représentent près de 32% du total régional de 2,8 milliards d’euros mobilisés par la BERD.

Au Maroc, 33% des investissements de la BERD ont été consacrés au secteur privé et plus de 80% à des financements verts.

06 Février 2026 À 09:55

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La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a franchi un cap historique au Maroc en 2025, portant ses investissements à 895 millions d’euros, soit une hausse de 69% par rapport aux 530 millions d’euros engagés l’année précédente. Cette performance conforte la position du Royaume parmi les économies les plus soutenues par l’institution dans la région Sud et Est de la Méditerranée (SEMED), dans un contexte régional marqué par de fortes contraintes économiques.

Une stratégie résolument verte

L’orientation de ces financements témoigne d’un engagement fort en faveur du développement durable : plus de 80% des montants engagés sont consacrés à des projets verts, tandis que 33% bénéficient directement au secteur privé.

Parmi les opérations phares figure un prêt de 300 millions d’euros accordé à l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), destiné à renforcer sa résilience financière. Cette opération constitue une première dans la région SEMED : il s’agit du premier prêt lié à la durabilité dans le secteur énergétique, un mécanisme qui permet aux opérateurs d’accompagner concrètement la transition vers une économie bas carbone.

La gestion durable des ressources hydriques demeure un axe stratégique. La BERD a ainsi débloqué 150 millions d’euros pour la troisième et dernière phase du programme de conservation des eaux de la plaine du Saïss. Ce projet ambitieux vise à irriguer 20.000 hectares de terres agricoles et à améliorer les conditions de vie de 1,8 million de personnes.

En parallèle, plusieurs banques marocaines ont bénéficié de financements destinés à soutenir les investissements verts du secteur privé dans le cadre du Programme marocain de décarbonation et de résilience climatique : Bank Of Africa (70 millions d’euros), Crédit du Maroc (50 millions d’euros), Saham Bank (55 millions d’euros) et BMCI (65 millions d’euros).

Un record de 2,8 milliards d’euros investis dans la région SEMED

Au-delà du Maroc, la BERD a investi en 2025 un montant record de 2,8 milliards d’euros dans 65 projets au sein de six économies de la région SEMED, à savoir l’Égypte, la Jordanie, le Liban, le Maroc, la Tunisie, ainsi que la Cisjordanie et Gaza. Ces investissements ont fait de la région le troisième bénéficiaire en volume des engagements de la BERD en 2025, après un total de 2,4 milliards d’euros investis en 2024. Dans l’ensemble de la région, 70% des montants ont été consacrés au secteur privé, tandis que 747 millions d’euros d’investissements privés ont été mobilisés, contre 514 millions d’euros l’année précédente.

L’Égypte demeure le premier pays d’opérations, avec un montant record de 1,3 milliard d’euros investis dans 26 projets en 2025, ce qui représente environ 46% du total régional annoncé de 2,8 milliards d’euros. Le Maroc se classe deuxième avec 895 millions d’euros, soit près de 32% du total, devant la Tunisie, où la BERD a investi 398 millions d’euros (environ 14%), puis la Jordanie avec 201 millions d’euros (un peu plus de 7%). Les montants investis au Liban et en Palestine sont plus limités, à respectivement 22 millions d’euros et 28 millions d’euros en 2025.

Par ailleurs, après avoir approuvé l’octroi du statut de pays d’opérations à l’Irak en 2025, la BERD y a lancé son premier investissement, accordant une facilité de financement des échanges commerciaux de 100 millions de dollars (environ 85 millions d’euros) à la National Bank of Iraq (NBI), plus grande banque privée du pays, afin de stimuler les activités d’importation et d’exportation. n
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