LE MATIN
06 Avril 2026
À 19:13
La
Bourse de Casablanca a officialisé, le 6 avril, le lancement effectif du
marché à terme (MAT) et de la
chambre de compensation (CCP), deux infrastructures structurantes appelées à transformer en profondeur le fonctionnement et la sophistication de la place financière marocaine. Avec ce double déploiement, le Groupe Bourse de Casablanca introduit des instruments financiers jusque-là absents du marché domestique. L’objectif est clair : offrir aux investisseurs des outils de couverture contre la volatilité, améliorer la liquidité et aligner les pratiques locales sur les standards internationaux.
Un marché dérivé pour structurer les stratégies d’investissement
Le marché à terme constitue une avancée structurelle pour l’
écosystème financier national. Il permet aux investisseurs — institutionnels comme particuliers — d’anticiper les évolutions de marché, de sécuriser leurs positions et de diversifier leurs stratégies. Dans une première phase, l’offre repose sur un contrat à terme indexé sur le
MASI.20, regroupant les vingt valeurs les plus liquides de la cote. À terme, cette gamme devrait s’élargir aux produits de taux d’intérêt puis à d’autres instruments, en fonction des besoins du marché et de l’économie nationale. Ce lancement progressif traduit une approche prudente mais structurante, visant à accompagner la montée en maturité du marché marocain.
Une chambre de compensation pour sécuriser les transactions
Au cœur du dispositif, la chambre de compensation joue un rôle central. En tant que contrepartie unique entre acheteurs et vendeurs, elle élimine le risque de défaut et garantit la bonne fin des transactions. Cette infrastructure, conforme aux standards internationaux, constitue un levier clé pour attirer les investisseurs institutionnels étrangers, particulièrement sensibles aux dispositifs de gestion des risques et à la sécurité des opérations.
Au-delà des nouveaux instruments, ce lancement consacre la transformation de la Bourse de Casablanca en un groupe intégré articulé autour de trois piliers : le marché au comptant, le marché à terme et la compensation.
L’édifice réglementaire a été entièrement finalisé, avec la signature des cahiers des charges et la nomination des organes de gouvernance. Les conseils d’administration et directions générales des nouvelles entités reflètent la diversité des acteurs du secteur financier — banques, assurances, sociétés de bourse et gestionnaires d’actifs — témoignant d’une mobilisation collective autour de ce projet structurant. Ce chantier, fruit de plusieurs années de concertation, a impliqué les principales institutions financières du pays, dont le ministère de l’Économie et des Finances, l’AMMC et Bank Al-Maghrib.
Pour les responsables de la place, l’enjeu dépasse le simple lancement technique. Il s’agit de repositionner Casablanca comme une plateforme financière de référence en Afrique, capable d’offrir des instruments sophistiqués et un environnement sécurisé. « C’est un moment historique pour le Maroc », souligne Nasser Seddiki, directeur général de la Bourse de Casablanca, évoquant une infrastructure appelée à renforcer la résilience et la compétitivité de l’économie nationale.
En structurant un marché dérivé et en consolidant les mécanismes de gestion des risques, la Bourse pose les bases d’un écosystème plus mature, plus liquide et résolument tourné vers l’international. Une ambition à la hauteur des enjeux de financement et d’attractivité du Maroc dans un contexte de compétition accrue entre places financières africaines.