Économie

La CGEM et ENABEL s’allient pour renforcer les capacités des fédérations sectorielles et des CGEM Régions

Dans un contexte marqué par le chômage élevé des jeunes, la précarité de l’emploi féminin et le poids de l’informel, la CGEM et l’Agence de coopération belge Enabel lancent un programme structurant de renforcement des fédérations sectorielles et des CGEM Régions. En misant sur la gouvernance, l’ingénierie de services et la communication, cette initiative vise à transformer ces organisations en véritables plateformes d’insertion socio-économique au service des territoires, des jeunes et des femmes.

Enabel au Maroc

16 Janvier 2026 À 09:26

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Projet ambitieux porté par la CGEM et l’Agence de coopération belge, ENABEL. Les deux institutions planchent, en effet, sur un programme de renforcement de capacités des fédérations sectorielles internes de la confédération et des CGEM régions. Concrètement, le projet portera sur le renforcement des capacités organisationnelles, techniques et communicationnelles de 9 fédérations sectorielles internes et de 4 CGEM Régions. Objectifs, professionnaliser leur offre de services, accroître leur visibilité et consolider leur rôle dans la création d’opportunités d’insertion socio-économique pour les jeunes et les femmes.

Le programme reposera sur trois leviers opérationnels : un diagnostic précis des besoins des entités bénéficiaires en matière de gouvernance, de structuration, d’ingénierie de services et de communication ; l’élaboration de plans de formation-action collectifs adaptés aux besoins communs et un suivi accompagné d’un coaching personnalisé pour soutenir la mise en œuvre de chaque plan de renforcement. Le choix d’appuyer les fédérations sectorielles et les structures régionales de la CGEM n’est pas fortuit. Ces organisations jouent un rôle stratégique dans l’organisation des filières, la professionnalisation des acteurs économiques et la structuration de l’offre de services. Elles constituent un maillon central entre entreprises, territoires et politiques publiques, en contribuant à la représentation des filières, à la montée en compétences et à la création d’opportunités d’insertion professionnelle. Pourtant, leur impact reste souvent limité par un déficit de visibilité, des capacités insuffisantes de mobilisation de partenaires et de ressources, des contraintes de financement et, dans certains cas, une gouvernance interne insuffisamment structurée. Le programme mis en œuvre en partenariat avec la Confédération vise précisément à lever ces contraintes.

En tant qu’organisation patronale de référence, la CGEM joue un rôle déterminant dans la promotion de l’entrepreneuriat, l’accompagnement des filières économiques et la mise en relation des acteurs. L’appui conjoint permet de renforcer les fédérations et les CGEM Régions dans les trois zones d’intervention – Centrale, Orientale et Haut Atlas – afin de soutenir le développement économique régional et de favoriser l’insertion socio-professionnelle des jeunes et des femmes. Cette action s’inscrit dans le cadre plus large du nouveau programme de coopération bilatérale 2024-2029, aligné à la fois sur le Nouveau Modèle de Développement du Maroc, l’agenda du travail décent de l’Organisation internationale du Travail et les politiques nationales de promotion de l’emploi, de l’employabilité et de l’auto-emploi.

Le programme cible en priorité les régions abritant des populations vulnérables, notamment dans le corridor de l’arrière-pays marqué par une forte fragilité socio-économique, y compris les zones affectées par le séisme du 8 septembre 2023. L’architecture d’intervention repose sur deux piliers complémentaires. Le premier, consacré à l’inclusion économique, vise à améliorer les compétences des jeunes et des femmes – qu’elles soient soft, entrepreneuriales ou professionnelles – et à renforcer leur accompagnement vers l’emploi et l’entrepreneuriat. Le second, centré sur la qualité du travail, s’attache, quant à lui, à améliorer les conditions des travailleurs dans les zones d’intervention, notamment à travers la formalisation progressive du secteur informel, le renforcement du dialogue social, la protection des droits fondamentaux au travail et l’amélioration de l’accès à la protection sociale.

En renforçant les capacités des organisations qui structurent les filières et irriguent les territoires, le programme fait le pari d’un effet de levier institutionnel: professionnaliser les fédérations et les CGEM Régions pour qu’elles deviennent des acteurs clés d’un écosystème économique plus inclusif, capable de transformer la croissance en emplois décents et durables pour les jeunes et les femmes. C’est dans cette articulation entre gouvernance économique, politiques de l’emploi et développement territorial que se joue, au-delà des dispositifs, une part décisive de la transition sociale du Maroc.
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