LE MATIN
20 Avril 2026
À 11:06
Les résultats de l’enquête permanente de conjoncture menée par le
Haut-Commissariat au Plan (HCP) indiquent une amélioration notable de la confiance des ménages au premier trimestre 2026. L’Indice de Confiance des Ménages (ICM) s’établit à 64,4 points, contre 57,6 points le trimestre précédent et 46,6 points un an auparavant. Cette progression reflète une perception globalement moins défavorable des ménages concernant leur environnement économique, bien que plusieurs indicateurs demeurent orientés négativement.
Un ressenti toujours dégradé sur le niveau de vie
Malgré cette amélioration de l’indice global, la perception du niveau de vie reste largement négative. Au premier trimestre 2026, 75,1% des ménages déclarent une dégradation de leur niveau de vie au cours des 12 derniers mois, contre 19,1% qui estiment qu’il est resté stable et 5,8% qui évoquent une amélioration. Le solde d’opinion sur l’évolution passée du niveau de vie reste ainsi négatif à -69,3 points, en légère amélioration par rapport au trimestre précédent (-72,5 points) et à la même période de 2025 (-76,5 points).
Concernant les perspectives, 45,1% des ménages anticipent une dégradation du niveau de vie au cours des 12 prochains mois, tandis que 38,5% s’attendent à une stabilité et 16,4% à une amélioration. Le solde d’opinion, bien qu’encore négatif, s’améliore à -28,8 points, contre -39,5 points un trimestre plus tôt et -46,3 points un an auparavant.
Des anticipations moins pessimistes sur le chômage
Les perceptions relatives au chômage s’améliorent également, même si elles restent globalement négatives. Au premier trimestre 2026, 57,9% des ménages s’attendent à une hausse du chômage, contre 23,2% qui anticipent une baisse.
Le solde d’opinion s’établit à -34,7 points, en amélioration par rapport au trimestre précédent (-47,7 points) et à la même période de l’année passée (-73,4 points).
La nouvelle hausse des prix des carburants, effective depuis le 16 mars à 0 heure, cristallise de nouveau un débat dont les termes, déjà posés en 2022, demeurent entiers : celui d’un choc exogène, d’origine internationale, avec des répercussions directes sur le consommateur, en l’absence de mécanismes d’atténuation. L’analyse de Ouadie Madih, président de la Fédération nationale des associations du consommateur, exposée dans le cadre de «L’Info en Face», est instructive à plus d’un égard. Car, au-delà de la hausse elle-même, c’est moins son principe que ses modalités qui interrogent puisqu’elles incarnent un système où les tensions se répercutent sans véritable régulation, laissant le consommateur en porter l’essentiel du poids.
La conjoncture reste perçue comme peu propice à la consommation de biens durables. Ainsi, 66,9% des ménages estiment que le moment n’est pas opportun pour effectuer ce type d’achats, contre 15,9% qui jugent le contraire.
Le solde d’opinion se situe à -51,0 points, en amélioration par rapport au trimestre précédent (-52,9 points) et à l’année précédente (-72,0 points), mais demeure largement négatif.
Une situation financière perçue en légère amélioration
Sur le plan financier, les ménages expriment des perceptions moins défavorables. Au premier trimestre 2026, 59,9% déclarent que leurs revenus couvrent leurs dépenses, tandis que 37,5% affirment s’endetter ou puiser dans leur épargne et 2,5% indiquent être en mesure d’épargner.
Le solde d’opinion relatif à la situation financière actuelle reste négatif à -35,0 points, contre -36,6 points au trimestre précédent et -39,8 points un an auparavant.
S’agissant de l’évolution passée, 41,5% des ménages estiment que leur situation financière s’est dégradée, contre 4,8% qui jugent qu’elle s’est améliorée. Le solde d’opinion s’améliore à -36,7 points, contre -43,5 points au trimestre précédent et -49,3 points un an auparavant.
En revanche, les perspectives à venir apparaissent plus favorables. 21,1% des ménages anticipent une amélioration de leur situation financière, contre 15,3% qui s’attendent à une détérioration. Le solde devient positif à 5,8 points, contre -4,2 points le trimestre précédent et -16,4 points un an plus tôt.
Des capacités d’épargne toujours limitées
Les perspectives d’épargne restent faibles. Seuls 12,1% des ménages pensent pouvoir épargner au cours des 12 prochains mois, contre 87,8% qui anticipent le contraire. Le solde d’opinion demeure fortement négatif à -75,7 points, bien qu’en légère amélioration par rapport au trimestre précédent (-78,5 points) et à la même période de 2025 (-77,7 points).
Les
prix des produits alimentaires continuent de peser sur le moral des ménages. Au premier trimestre 2026, 93,3% déclarent que ces prix ont augmenté au cours des 12 derniers mois. Le solde d’opinion s’établit à -92,7 points, contre -90,9 points le trimestre précédent et -97,4 points un an auparavant. Pour les 12 prochains mois, 78,9% des ménages s’attendent à une poursuite de la hausse des prix alimentaires, contre seulement 2,4% qui anticipent une baisse. Le solde reste négatif à -76,5 points, contre -73,0 points au trimestre précédent et -80,0 points un an auparavant.