LE MATIN
20 Juillet 2026
À 11:55
À quelques semaines du lancement de la récolte, prévu au début du mois d'août, les premiers constats dressés par les
producteurs de pastèques font état de conséquences notables sur les cultures. Les épisodes de
fortes chaleurs, qui se sont prolongés pendant plusieurs semaines, auraient soumis les plantations à un important stress thermique, susceptible d'affecter les
volumes de production de cette campagne.
« La
vague de chaleur de cette année a une nouvelle fois été longue et intense. Les températures ont atteint jusqu'à 46 degrés pendant une longue période qui a semblé interminable », explique
Youssef Aznou, de la société WeLoveBerries, cité par la plateforme
FreshPlaza.
La
pastèque figure parmi les cultures les plus sensibles aux
épisodes de chaleur extrême. La région de
Larache, où une part importante de la production est assurée par de petits exploitants, pourrait ainsi enregistrer une diminution des volumes récoltés cette saison.
L'irrigation, principal facteur de résilience
D'après le producteur,
l'accès à l'eau a joué un rôle déterminant pour limiter les effets de la
canicule. Les exploitations situées à proximité des
réseaux de distribution ont été mieux armées pour faire face aux
températures élevées, tandis que celles disposant d'un accès plus difficile à
l'irrigation ont subi des pertes plus importantes.
« Il faut distinguer les producteurs situés à proximité des points de distribution d'eau de ceux qui en sont plus éloignés. L'irrigation était le seul moyen de faire face à ces températures extrêmes, et ceux qui ont un accès difficile à l'eau ont subi des pertes », précise-t-il.
Cette situation met en évidence les disparités entre exploitations face aux aléas climatiques et souligne l'importance d'un accès fiable aux
ressources hydriques pour préserver les
rendements agricoles.
Une double pression sur les petits producteurs
Aux effets de la chaleur s'ajoutent les difficultés récurrentes liées aux attaques de
thrips, de petits insectes ravageurs susceptibles d'affecter le développement et la qualité des cultures. Selon le producteur, les niveaux de maîtrise des
pratiques phytosanitaires varient d'une exploitation à l'autre, ce qui accentue les écarts de performance.
« Chez les
petits producteurs, les pratiques ne sont pas toujours exemplaires. Certains sont bien formés et appliquent correctement les
traitements phytosanitaires homologués, tandis que d'autres ne le font pas. La
vague de chaleur ajoute un second facteur de différenciation entre ceux qui disposent d'un accès facile à l'irrigation et ceux qui en sont privés », poursuit-il.
L'association de ces deux facteurs – la pression climatique et les contraintes sanitaires – fragilise davantage les exploitations les moins équipées, déjà confrontées à des ressources limitées.
Une récolte attendue début août
Malgré ces difficultés, les producteurs de
Larache se préparent au démarrage de la récolte au début du mois d'août, période correspondant à l'un des derniers cycles de
production de pastèques au Maroc. Les résultats de la campagne permettront d'évaluer plus précisément l'ampleur des effets de la
vague de chaleur sur les rendements.
Au-delà de cette campagne, cet épisode rappelle la vulnérabilité croissante de certaines productions agricoles face aux phénomènes climatiques extrêmes. Il met également en lumière le rôle stratégique de l'irrigation dans le maintien de la production, en particulier pour les petites exploitations, dans un contexte où les épisodes de chaleur intense tendent à se multiplier.