L’Agence de développement du digital veut jauger les retombées économiques du Gitex Africa Morocco
Après quatre éditions consécutives, l’Agence de développement du digital cherche à évaluer les retombées économiques, institutionnelles et technologiques du salon Gitex Africa Morocco, avant d’en redessiner le positionnement stratégique.
Saïd Naoumi
15 Août 2026
À 12:02
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Le salon technologique Gitex Africa Morocco, organisé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, s’apprête à passer sous la loupe de l’analyse d’impact. L’Agence de développement du digital (ADD) engagera prochainement une mission destinée à mesurer, de manière structurée et objective, les retombées générées par l’événement depuis son lancement, tout en traçant les grandes orientations de son évolution future. Devenu en quatre éditions un rendez-vous incontournable de l’écosystème technologique continental, Gitex Africa Morocco réunit chaque année entreprises technologiques, startups innovantes, investisseurs et conférenciers venus du monde entier. L’ambition affichée dès son lancement était claire : positionner le Royaume comme catalyseur du développement de l’économie numérique en Afrique et comme destination privilégiée des investissements dans le digital, tout en connectant les acteurs locaux de l’innovation aux leaders mondiaux du secteur IT.
Un exercice de mesure à 360 degrés
La mission qui sera confiée par l’ADD à un consultant externe s’articule autour de deux volets étroitement liés. Le premier consiste à établir une cartographie exhaustive des ressources mobilisées pour l’organisation du salon – contributions financières, humaines, logistiques, techniques et organisationnelles des différentes parties prenantes – afin de disposer d’une base de référence solide. Le second vise à évaluer, à partir de cette base, le niveau d’impact généré sur six dimensions : stratégique, économique, institutionnelle, écosystémique, technologique et médiatique.
Sur le plan économique, l’analyse portera notamment sur les dépenses des exposants et des visiteurs, les recettes générées par le Salon, l’activité induite chez les fournisseurs locaux ainsi que les effets sur l’emploi temporaire et permanent. Le volet écosystémique s’intéressera pour sa part aux opportunités d’affaires conclues pendant ou après l’événement, ainsi qu’aux levées de fonds et investissements qu’il aura pu susciter. L’impact technologique sera quant à lui mesuré à travers l’adoption de technologies émergentes et les partenariats académiques ou industriels noués dans son sillage, tandis que la dimension médiatique donnera lieu à une analyse de la couverture presse et de la présence sur les réseaux sociaux.
Du bilan aux scénarios de repositionnement
Au-delà du seul exercice de mesure, la mission comporte un second temps résolument tourné vers l’avenir : accompagner l’ADD dans le repositionnement stratégique du salon à moyen et long terme. Le prestataire retenu devra analyser le positionnement actuel de l’événement, en identifier les forces et les marges de progression, et conduire, le cas échéant, un benchmark d’événements comparables aux échelles nationale et internationale pour en tirer les meilleures pratiques.
Cette réflexion doit déboucher sur l’élaboration de scénarios de repositionnement précisant les objectifs, les priorités et la proposition de valeur du salon pour ses futures éditions, assortis d’un cadre d’indicateurs permettant d’en suivre la performance dans la durée. Une feuille de route opérationnelle viendra compléter le dispositif, détaillant les axes d’amélioration et les actions à engager pour aligner durablement l’impact de l’événement avec ses ambitions stratégiques.
Une méthodologie resserrée en cinq phases
Le déroulement de la mission a été découpé en cinq étapes, du cadrage initial à la restitution finale, en passant par la modélisation de la démarche d’évaluation, la collecte des données – qui prévoit une vingtaine d’entretiens avec les acteurs concernés ainsi qu’une dizaine de focus groups – puis l’analyse des informations recueillies. Chaque phase donnera lieu à des livrables spécifiques, jusqu’au rapport final d’évaluation d’impact et de repositionnement. En s’engageant dans cet exercice d’évaluation, l’ADD affiche sa volonté de professionnaliser le pilotage de GITEX Africa Morocco et d’objectiver, chiffres à l’appui, la contribution réelle du Salon à l’attractivité numérique du Royaume – une démarche de redevabilité qui pourrait, à terme, servir de référence pour d’autres grands événements portés par les institutions publiques marocaines.