Économie

Le déficit budgétaire se creuse à 56,9 milliards de dirhams à fin août 2026

Le déficit budgétaire s’est établi à 56,9 milliards de dirhams à fin août 2026, contre 54 milliards un an auparavant, soit une dégradation de 2,9 milliards. La hausse des recettes fiscales n’a pas suffi à compenser l’accélération des dépenses ordinaires, le recul des recettes non fiscales et surtout l'amélioration du solde des comptes spéciaux du Trésor. Le besoin de financement s’est toutefois réduit à 65,8 milliards de dirhams, contre 75 milliards à fin août 2025.

15 Septembre 2026 À 10:50

Les finances publiques affichent une dégradation du solde budgétaire à fin août 2026. Selon les dernières données de la Trésorerie Générale du Royaume (TGR), le déficit s’est établi à 56,9 milliards de dirhams, contre 54 milliards de dirhams à la même période de 2025. Il se creuse ainsi de 2,9 milliards de dirhams en l’espace d’un an. Cette évolution intervient alors que les recettes ordinaires continuent de progresser, principalement grâce aux rentrées fiscales. Leur dynamique reste toutefois moins rapide que celle des dépenses ordinaires. À cela s’ajoutent deux évolutions particulièrement marquantes : la forte contraction de l’excédent du solde ordinaire et l'amélioration du solde des comptes spéciaux du Trésor. Le besoin de financement présente en revanche une trajectoire plus favorable. Il s’est réduit à 65,8 milliards de dirhams à fin août, contre environ 75 milliards un an auparavant.

L’excédent ordinaire tombe à 4,6 milliards de dirhams

Le premier signal de tension apparaît au niveau du solde ordinaire, qui mesure l’écart entre les recettes ordinaires et les charges ordinaires de l’État. Celui-ci reste positif, mais s’est fortement contracté pour revenir à 4,6 milliards de dirhams à fin août 2026, contre 19,6 milliards un an plus tôt. L’excédent ordinaire a ainsi fondu d’environ 15 milliards de dirhams en douze mois. Cette évolution reflète principalement une progression des dépenses courantes nettement supérieure à celle des recettes.

À l’inverse, les comptes spéciaux du Trésor jouent un rôle d’amortisseur. Leur solde, déficitaire de 2,4 milliards de dirhams à fin août 2025, devient positif à hauteur de 15,88 milliards un an plus tard, soit une amélioration de près de 18,3 milliards de dirhams.

Les recettes progressent de 5,5%, tirées par la fiscalité

Les recettes ordinaires ont atteint 286,58 milliards de dirhams à fin août 2026, contre 271,66 milliards un an plus tôt, soit une progression de 5,5%. La dynamique reste essentiellement fiscale. Les recettes fiscales affichent une hausse de 10,6% sur un an. Cette progression confirme la bonne tenue des prélèvements obligatoires, qui continuent de constituer le principal moteur des ressources ordinaires du budget.

Dans le détail, au niveau des impôts directs, l’impôt sur les sociétés (IS) affiche une progression de 21,6%, atteignant 73,49 milliards de dirhams à fin août 2026, contre 60,44 milliards à la même période de l’année précédente, soit une hausse de 13,05 milliards de dirhams. L’impôt sur le revenu (IR) évolue, pour sa part, de manière plus modérée, avec une hausse de 2,3% pour s’établir à près de 48 milliards de dirhams à fin août 2026, contre 47 milliards un an auparavant.

Du côté des impôts indirects, la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) constitue le principal contributeur à la hausse des recettes, avec une progression de 6,18 milliards de dirhams sur les huit premiers mois de 2026. Les recettes de TVA s’établissent ainsi à 78,45 milliards de dirhams, contre 72,27 milliards un an auparavant.

La situation est en revanche sensiblement différente du côté des ressources non fiscales. Celles-ci ont reculé de 27,4%, passant d’environ 36 milliards de dirhams à fin août 2025 à 26,45 milliards en 2026. Ce repli s’explique notamment par la baisse de la rubrique « autres recettes », qui regroupe les fonds de concours, les recettes en atténuation des dépenses de la dette et diverses recettes enregistrées par les différents ministères. La baisse des ressources non fiscales absorbe ainsi une partie de la progression générée par les impôts et limite la croissance globale des recettes de l’État.

Les dépenses ordinaires augmentent deux fois plus vite que les recettes

En face, les charges ordinaires ont atteint 281 milliards de dirhams, en hausse de 11,9% sur un an. Le rythme est donc plus de deux fois supérieur à celui de la progression des recettes ordinaires, limitée à 5,5%. La principale contribution provient des dépenses de biens et services. Celles-ci ont augmenté de 11,4% pour atteindre 222 milliards de dirhams à fin août. Les charges d’intérêts de la dette ont également progressé, mais à un rythme nettement plus modéré. Elles se sont établies à 34,9 milliards de dirhams, en hausse de 3,4%. La différence de rythme entre recettes et dépenses explique directement la forte contraction du solde ordinaire, même si celui-ci demeure encore excédentaire.

Les dépenses d’investissement restent également orientées à la hausse. Elles ont atteint 78 milliards de dirhams à fin août 2026, contre 72 milliards un an auparavant, soit une progression de 8,2%. En valeur, cela représente environ 6 milliards de dirhams d’investissements supplémentaires sur les huit premiers mois de l’année.

La dégradation du déficit budgétaire intervient donc dans un contexte où l’État maintient un effort d’investissement soutenu, parallèlement à l’accélération des dépenses courantes.

Le besoin de financement recule de près de 10 milliards de dirhams

Malgré l’aggravation du déficit budgétaire, le besoin de financement affiche une évolution inverse. Il s’est établi à 65,8 milliards de dirhams à fin août 2026, contre 75 milliards à la même période de 2025. La diminution approche ainsi 9,2 milliards de dirhams en un an. Pour couvrir ce besoin, le Trésor a notamment mobilisé 39 milliards de dirhams de financement intérieur, contre 50 milliards de dirhams à fin août 2025. Le recours au financement intérieur s’est ainsi réduit de 11 milliards de dirhams sur un an, parallèlement à la diminution du besoin global de financement.
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