Économie

Le déficit commercial du Maroc s’aggrave à 127 milliards de dirhams à fin avril 2026 (Office des Changes)

Le déficit commercial du Maroc s’est établi à 127 milliards de dirhams à fin avril 2026, en hausse de 18,4% sur un an, sous l’effet d’une progression des importations (+12,7%) plus rapide que celle des exportations (+8,7%). Le taux de couverture a reculé à 57,1% contre 59,1% un an auparavant, selon les dernière données de l'Office des Changes.

01 Juin 2026 À 12:25

À fin avril 2026, le déficit commercial du Maroc s'est établi à 127 milliards de dirhams, contre 107 milliards un an plus tôt, soit une aggravation de 18,4%, selon les données publiées par l'Office des changes. Cette évolution s'accompagne d'une dégradation du taux de couverture des importations par les exportations, qui est passé de 59,1% à 57,1% en l'espace d'un an, signe que la hausse des ventes à l'étranger ne suffit pas à compenser l'accélération des achats réalisés sur les marchés internationaux.



Les importations ont atteint 295 milliards de dirhams à fin avril 2026, en hausse de 12,7% par rapport aux 262 milliards enregistrés à la même période de l'année précédente, soit une augmentation de 33 milliards de dirhams. Cette progression est largement portée par les produits finis d'équipement, dont les importations ont bondi de 21,8%, représentant 13 milliards de dirhams supplémentaires. Les achats d'avions et autres véhicules aériens ou spatiaux ont augmenté de 3,110 milliards de dirhams, ceux de voitures utilitaires de 1,767 milliard, tandis que les parties d'avions et autres véhicules aériens ont progressé de 1,558 milliard.

La même dynamique est observée pour les produits finis de consommation, dont les importations ont progressé de 15,2%, soit 9,602 milliards de dirhams supplémentaires. Cette hausse est notamment alimentée par les achats de parties et pièces pour voitures de tourisme, en augmentation de 32,2% ou 3,463 milliards de dirhams, ainsi que par les importations de voitures de tourisme (+2,685 milliards) et de médicaments et autres produits pharmaceutiques (+665 millions).

Les produits bruts ont également contribué à cette accélération. Leurs importations ont augmenté de 48,8%, soit 6,308 milliards de dirhams supplémentaires, principalement sous l'effet de la hausse des achats de soufres bruts et non raffinés (+6,681 milliards de dirhams) ainsi que de ferrailles, déchets et autres minerais (+398 millions). À l'inverse, les importations d'huile d'olive brute ou raffinée ont diminué de 396 millions de dirhams.

La facture énergétique demeure, elle aussi, orientée à la hausse. À fin avril, elle s'est alourdie de 12%, soit 4,48 milliards de dirhams supplémentaires. Cette évolution résulte essentiellement de l'augmentation des approvisionnements en gas-oils et fuel-oils (+4,14 milliards de dirhams) ainsi que des huiles de pétrole et lubrifiants (+1,43 milliard).

Face à cette poussée des importations, les exportations ont continué de progresser, mais à un rythme plus modéré. Elles se sont élevées à 168 milliards de dirhams à fin avril 2026, contre 155 milliards un an auparavant, soit une hausse de 8,7% ou 13 milliards de dirhams.

L'industrie automobile reste le principal moteur de cette croissance. Les exportations du secteur ont augmenté de 18,6%, générant 9,12 milliards de dirhams supplémentaires. Cette performance repose principalement sur la progression du segment de la construction (+5,99 milliards de dirhams) et du câblage (+3,05 milliards).

L'aéronautique a également poursuivi sa montée en puissance. Les exportations du secteur ont progressé de 15,9%, soit 1,513 milliard de dirhams supplémentaires, grâce à la hausse des ventes dans le segment de l'assemblage (+1,283 milliard) et celui de l'EWIS (+227 millions).

À l'inverse, les phosphates et dérivés ont enregistré un léger recul de 1,5%, représentant une baisse de 415 millions de dirhams. Cette évolution s'explique principalement par la diminution des exportations d'engrais naturels et chimiques (-788 millions de dirhams) ainsi que de phosphates (-87 millions), malgré la progression des ventes d'acide phosphorique (+460 millions).

Le textile et le cuir ont également évolué en territoire négatif. Les exportations du secteur ont reculé de 6,7%, soit 995 millions de dirhams, sous l'effet de la baisse des ventes de vêtements confectionnés (-597 millions) et d'articles de bonneterie (-283 millions).

Parallèlement à ces évolutions du commerce extérieur, les recettes de voyages ont poursuivi leur progression. Elles se sont établies à 44,39 milliards de dirhams à fin avril 2026, contre 36,61 milliards un an auparavant, soit une hausse de 7,78 milliards de dirhams.

Les dépenses de voyages ont atteint 9,84 milliards de dirhams, en augmentation de 500 millions de dirhams par rapport à la même période de 2025.

Le solde de la balance voyages s'est ainsi amélioré de 7,28 milliards de dirhams pour atteindre 34,55 milliards de dirhams à fin avril 2026, contre 27,27 milliards un an auparavant.

Autre source importante de devises, les transferts des Marocains résidant à l'étranger ont poursuivi leur progression. Ils se sont élevés à 39,979 milliards de dirhams à fin avril 2026, contre 36,426 milliards de dirhams un an plus tôt, enregistrant une hausse de 9,8%.
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