Le déficit commercial du Maroc poursuit son creusement. Selon les dernières statistiques de l'Office des Changes, le déficit des échanges de biens s'est établi à 159,07 milliards de dirhams à fin mai 2026, contre 131,71 milliards un an auparavant, soit une aggravation de 20,8%. Cette évolution résulte d'une progression des importations plus rapide que celle des exportations. En conséquence, le taux de couverture des importations par les exportations recule de 3,2 points, passant de 60,3% à 57,1% sur un an.
À fin mai, les
importations de marchandises atteignent 370,49 milliards de dirhams, en hausse de 11,8%, soit 39,043 milliards de dirhams supplémentaires par rapport à la même période de 2025. Cette progression est principalement portée par les
produits finis d'équipement, dont les achats augmentent de 18,7%, soit 14,176 milliards de dirhams de plus. Cette évolution s'explique notamment par la hausse des acquisitions d'avions et autres véhicules aériens ou spatiaux (+3,727 milliards de dirhams), des parties d'avions et autres véhicules aériens (+2,174 milliards) ainsi que des voitures utilitaires (+2,124 milliards).
La
facture énergétique connaît également une nette accélération. Elle progresse de 20,7%, soit 9,481 milliards de dirhams supplémentaires, sous l'effet principalement de la hausse des
achats de gasoils et fuel-oils (+37,8%, soit +8,133 milliards de dirhams) ainsi que des huiles de pétrole et lubrifiants (+33,9%, soit +1,689 milliard).
Autre poste en forte progression, les
produits bruts enregistrent une hausse de 42,5%, représentant 7,210 milliards de dirhams additionnels. Cette évolution est essentiellement liée à l'augmentation des importations de soufres bruts et non raffinés (+7,542 milliards de dirhams) et de ferraille, déchets et autres minerais (+531 millions). À l'inverse, les achats d'huile d'olive brute ou raffinée diminuent de 513 millions de dirhams.
Les exportations progressent, portées par l'automobile et l'aéronautique
Face à cette hausse des importations, les exportations poursuivent également leur progression, mais à un rythme plus modéré.
À fin mai 2026, elles atteignent 211,41 milliards de dirhams, contre 199,73 milliards un an auparavant, soit une hausse de 5,8% correspondant à 11,68 milliards de dirhams supplémentaires.
Le
secteur automobile demeure le premier moteur des ventes à l'international. Ses exportations progressent de 15,9%, soit 10,54 milliards de dirhams, grâce principalement à la bonne tenue du segment de la construction automobile (+6,67 milliards) et de celui du câblage (+3,13 milliards). Les exportations de l'aéronautique affichent également une évolution favorable, en hausse de 14,2%, soit 1,71 milliard de dirhams. Cette progression provient essentiellement du segment de l'assemblage, qui gagne 1,56 milliard de dirhams, tandis que les exportations du segment EWIS augmentent légèrement de 150 millions.
À l'inverse, les
phosphates et dérivés poursuivent leur repli. Les exportations du secteur diminuent de 11,2%, soit 4,131 milliards de dirhams, en raison principalement de la baisse des ventes d'engrais naturels et chimiques (-3,515 milliards) ainsi que des phosphates (-747 millions).
Le tourisme, les MRE et les IDE soutiennent les équilibres extérieurs
En parallèle des échanges commerciaux, plusieurs indicateurs des comptes extérieurs affichent une évolution favorable. Les
recettes de voyages poursuivent leur dynamique avec une progression de 14,6%, atteignant 53,75 milliards de dirhams à fin mai 2026 contre 46,910 milliards un an auparavant, soit un gain de 6,84 milliards. Les
dépenses de voyages augmentent plus modérément de 2,7%, pour s'établir à 13,773 milliards de dirhams, contre 13,419 milliards à fin mai 2025. Le
solde de la balance voyages s'améliore ainsi de 19,4%, passant de 33,495 milliards à 39,985 milliards de dirhams, soit une progression de 6,490 milliards.
Autre source importante de devises, les
transferts des Marocains résidant à l'étranger (MRE) atteignent 50,22 milliards de dirhams, contre 46,16 milliards un an auparavant, enregistrant une hausse de 8,8%, soit 4,06 milliards de dirhams supplémentaires.
Les flux d'
investissements directs étrangers confirment également leur bonne orientation. Les
recettes d'IDE progressent de 20% pour atteindre 29,84 milliards de dirhams, contre 24,86 milliards à fin mai 2025. Dans le même temps, les
dépenses d'IDE reculent de 22,5%, passant de 8,41 milliards à 6,52 milliards de dirhams. Cette double évolution permet au flux net des investissements directs étrangers d'afficher une hausse de 41,8%, pour atteindre 23,31 milliards de dirhams, contre 16,44 milliards un an auparavant.