Économie

Le Maroc maintient la meilleure note de risque d’Afrique du Nord (Coface)

Dans un environnement mondial toujours marqué par des risques géopolitiques, financiers et sociaux persistants, Coface confirme la solidité du modèle économique du Maroc, qui affiche la meilleure note de risque-pays en Afrique du Nord. L’assureur-crédit anticipe une croissance de 4,4% en 2026 pour le Royaume, un rythme nettement supérieur à la moyenne mondiale ainsi qu’à celui des économies avancées et émergentes.

18 Février 2026 À 09:44

Après Allianz Trade, Coface confirme la solidité du modèle marocain. Dans un contexte mondial marqué par une forte incertitude et par des risques géopolitiques, financiers et sociaux élevés, le Royaume démontre sa capacité de résilience. Selon le dernier Baromètre des risques-pays de Coface (février 2026), le Maroc conserve sa note «B», traduisant un risque intermédiaire, avec une évaluation de «A4» pour le climat des affaires (risque raisonnable). Il est ainsi le pays le mieux noté d’Afrique du Nord. Pour rappel, la grille de notation de Coface s’étend de «A1» (risque très faible) à «E» (risque extrême), analysant le niveau de risque moyen présenté par les entreprises d’un pays dans le cadre de leurs transactions commerciales.

Croissance : bons résultats pour le Maroc

Fort d’une croissance solide l’année dernière, le Maroc continuera d’afficher de bons résultats en 2026 : 4,4%, après 4,6% en 2025, estime Coface. Le Maroc fera ainsi mieux que la moyenne mondiale (+2,6% en 2026), des économies avancées (+1,7%) ou encore des pays émergents (+3,8%).

La production agricole au Maroc se redresse progressivement, les conditions météorologiques ayant été favorables au cours de la seconde moitié de 2025. La construction sera un puissant moteur de croissance, la préparation de la Coupe du monde de football 2030 stimulant les investissements dans les infrastructures (chemins de fer, aéroports, stades, etc.). Toutefois, précise l’assureur‑crédit, la croissance du secteur manufacturier devrait ralentir, principalement en raison de la faiblesse de la demande automobile en Europe.

Néanmoins, «le tourisme restera dynamique, avec un nombre d’arrivées qui a déjà atteint un record de près de 20 millions de visiteurs en 2025», rappelle Coface. Par ailleurs, les services financiers continueront de se développer grâce à l’attractivité croissante du Maroc en tant que hub financier. «L’inflation (1,5% prévue cette année, après 0,7% en 2025) étant faible, la banque centrale maintiendra sa politique monétaire, ce qui soutiendra à la fois la consommation et l’investissement», indique le Rapport.

Les données de Coface montrent que la trajectoire de croissance du Maroc entre 2022 et 2025 repose de plus en plus sur des moteurs internes. Après une année 2022 atone, la croissance s’accélère progressivement en 2023 puis se consolide en 2024, avant de se maintenir à un rythme soutenu en 2025. La consommation privée apparaît comme l’un des principaux soutiens de l’activité sur l’ensemble de la période récente. Faible au début de la période, sa contribution s’intensifie nettement à partir de 2023 et surtout en 2024, période durant laquelle elle constitue le socle principal de la progression du PIB. Cette dynamique traduit un redressement graduel de la demande des ménages après les tensions inflationnistes et les pertes de pouvoir d’achat, ainsi qu’un retour progressif de la confiance.

Maroc : contributions à la croissance du PIB, entre 2022 et 2025 (Coface)


En parallèle, l’investissement joue un rôle de plus en plus visible dans l’accélération de la croissance. Sa contribution devient significative à partir de 2024 et reste élevée en 2025, ce qui suggère une relance de projets structurants et un certain regain d’appétit pour l’investissement productif, contribuant à la fois à l’activité à court terme et au potentiel de croissance à moyen terme. La dépense publique, pour sa part, apporte un soutien plus modéré, mais relativement stable à la croissance. Elle agit surtout comme un facteur d’amortissement conjoncturel, permettant de lisser les effets des chocs successifs sans pour autant devenir le moteur principal de la dynamique économique. À l’inverse, la contribution des exportations nettes demeure négative sur l’ensemble de la période considérée. Le commerce extérieur continue ainsi de peser sur la croissance, en raison d’un niveau d’importations élevé – notamment énergétiques et en biens d’équipement – qui n’est pas entièrement compensé par la performance des exportations. Cette configuration souligne la persistance d’une contrainte extérieure, malgré les efforts de diversification productive.

La croissance sur le continent africain restera solide

À l’échelle du continent africain, la croissance restera solide en 2026 (4,3%, après 4,2% en 2025) et pourrait même dépasser les attentes compte tenu des perspectives pour certaines matières premières. «Les prix des denrées alimentaires et de l’énergie, dont la plupart des pays africains sont des importateurs nets, devraient rester modérés. En revanche, les prix des minéraux et des métaux sont en forte hausse, en raison à la fois de goulets d’étranglement dans l’offre et d’une forte demande. Cela profitera à de nombreux pays qui sont des exportateurs nets de ces matières premières», détaille le Rapport.

Outre leur impact direct sur la croissance, ces tendances favorisent le renforcement des monnaies, ce qui réduit l’inflation importée et permet d’augmenter les réserves de change. La diminution de la pression sur les comptes extérieurs donnera également une certaine marge de manœuvre aux pays dont les comptes publics sont sous pression et qui sont toujours confrontés à des besoins de financement élevés.

À l’échelle mondiale, Coface table sur un très léger ralentissement de la croissance mondiale à +2,6% (par rapport aux 2,8% de 2025), quasi-intégralement imputable à l’économie chinoise (+4,4%), une relative stabilité de l’inflation, et la fin progressive du cycle de baisses des taux initié par les principales banques centrales il y a près de deux ans.

Aux États‑Unis, la croissance attendue est de +2,2%. Dans la zone euro, l’activité devrait s’établir autour de 1%, portée par le rebond allemand grâce à un vaste plan d’investissement, tandis que la France devrait se stabiliser autour de +0,9%. L’Europe centrale affiche elle une dynamique bien plus robuste, menée par la Pologne (+3,8%).

Dans ce contexte, les prix du pétrole devraient baisser, passant de 68 dollars le baril de Brent en 2025 à environ 60 dollars, reflétant une croissance modérée de la demande, tandis que l’offre devrait augmenter de manière significative.

Commerce mondial : le ralentissement attendu pour 2025 devrait se concrétiser en 2026

«Malgré les craintes liées aux offensives tarifaires américaines, le commerce mondial a surpris en 2025 avec une croissance de 3,9% du volume d’échanges, dopé par la vigueur des importations américaines et une hausse des tarifs douaniers américains finalement plus modérée que prévu (9,4% en moyenne effective en novembre contre 36% anticipés au pic des tensions avec la Chine)», expliquent les experts de Coface. Le ralentissement attendu pour 2025 devrait néanmoins se concrétiser en 2026, prolongeant ainsi la décélération observée au second semestre 2025. Reflétant cette trajectoire, les taux de fret des conteneurs, l’un des principaux indicateurs des coûts de transport du commerce mondial, devraient baisser en 2026, en raison également de l’augmentation de la taille de la flotte et d’un éventuel retour des navires par le canal de Suez, ce qui accentuerait la surcapacité du marché. La baisse devrait être nettement moins prononcée pour le transport en vrac, où la capacité est plus limitée.

À noter que, dans le cadre de son exercice d’évaluation des risques pays et sectoriels, Coface a procédé à 7 modifications des risques pays (dont 6 reclassements) et 9 changements des risques sectoriels (dont 7 reclassements).
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