Allianz Trade a publié l’édition 2026 de son «Country Risk Atlas», une étude phare qui passe au crible les niveaux de risque de 83 pays, représentant environ 94% du PIB mondial. Malgré un contexte marqué par les tensions commerciales, la fragmentation géopolitique et la montée des incertitudes politiques, le risque pays mondial s’améliore. L’assureur-crédit relève ainsi la notation de 36 pays et n’en dégrade que 14. Cette tendance souligne les mécanismes d’adaptation budgétaires, monétaires et commerciaux qui émergent en période de forte incertitude. Parmi les 36 économies dont la note s’est améliorée figurent l’Argentine, l’Équateur, la Hongrie, l’Italie, l’Espagne, la Turquie et le Vietnam. Néanmoins, certaines économies clés, telles que la France, la Belgique et les États-Unis, ont été dégradées, ce qui implique des risques persistants et importants à moyen terme pour les entreprises.
L’Atlas évalue chaque pays selon plusieurs dimensions – économiques, politiques, environnement commercial et développement durable – qui influencent les tendances du risque de non-paiement pour les entreprises à un niveau macroéconomique.
Dans le détail, Allianz Trade prévoit une croissance robuste : +3,7% en 2026, puis +3,5% en 2027. Depuis 2023, le Maroc affiche une performance supérieure à +3,5%, rompant avec la forte volatilité observée après la crise financière mondiale et la période Covid. Plusieurs moteurs soutiennent cette dynamique : la progression de la production industrielle et des investissements étrangers dans le manufacturier, l’énergie et les mines, la reprise agricole après des années de sécheresse, ainsi qu’un tourisme en forte expansion, avec une hausse attendue de 20% des arrivées en 2026.
Le Rapport souligne en outre que la croissance pourrait ralentir à court terme, avant de se raffermir à l’approche de la Coupe du monde 2030, coorganisée par le Maroc.
La demande intérieure reste, elle aussi, bien orientée : consommation et dépenses publiques montrent des signes de vigueur, avec un sentiment des ménages en amélioration et des recettes budgétaires en hausse.
L’inflation est attendue à 1,0% en 2026, à un niveau comparable à 2025, même si les dépenses liées aux grands événements sportifs pourraient pousser certains prix de produits et services à la hausse.
Sur le marché du travail, le chômage figure parmi les principaux risques, en particulier chez les jeunes, où il reste autour de 35%. Le Rapport met, également, en avant le poids de l’informel : trois quarts de la main-d’œuvre opèrent dans ce segment, tandis que l’écart entre zones rurales et urbaines continue de se creuser. La croissance économique n’est pas inclusive. D’où une économie à deux vitesses.
Toutefois, Allianz Trade appelle à la vigilance vis-à-vis de certaines entreprises publiques : plusieurs restent fortement endettées et constituent un risque pour les perspectives, même si des réformes ont été annoncées.
Le Document note que le ralentissement des exportations automobiles début 2025, lié à la conjoncture européenne et aux tarifs américains, n’a pas remis en cause la solidité de la production locale.
L’étude évoque également une stratégie de développement de long terme visant à faire évoluer le pays du statut de revenu intermédiaire inférieur vers un revenu intermédiaire supérieur, reposant sur la diversification, l’attraction d’investissements et les énergies renouvelables.
Dans un monde plus incertain, la stabilité de la note B1 et le maintien du Maroc dans la catégorie «risque faible» traduisent donc, selon Allianz Trade, la solidité des fondamentaux macroéconomiques et financiers. Mais l’Atlas souligne tout autant les fragilités : outre une économie à deux vitesses, le Rapport cite les risques climatiques et sociaux en raison du poids de l’agriculture dans l’emploi. Autant de paramètres qui conditionneront la trajectoire du pays à l’approche des échéances politiques (élections législatives prévues en septembre 2026) et des grands rendez-vous sportifs.
L’Atlas évalue chaque pays selon plusieurs dimensions – économiques, politiques, environnement commercial et développement durable – qui influencent les tendances du risque de non-paiement pour les entreprises à un niveau macroéconomique.
Le Maroc maintient sa note B1 et un risque faible
Dans cette édition 2026, le Maroc conserve sa note «B1» et demeure classé dans la catégorie «risque faible» pour les entreprises, soit la meilleure notation en Afrique. Le Rapport qualifie la dynamique marocaine de croissance solide, mais inscrite dans une économie à deux vitesses, marquée par un chômage des jeunes élevé, le poids de l’informel, une forte vulnérabilité climatique et un creusement des écarts territoriaux.Dans le détail, Allianz Trade prévoit une croissance robuste : +3,7% en 2026, puis +3,5% en 2027. Depuis 2023, le Maroc affiche une performance supérieure à +3,5%, rompant avec la forte volatilité observée après la crise financière mondiale et la période Covid. Plusieurs moteurs soutiennent cette dynamique : la progression de la production industrielle et des investissements étrangers dans le manufacturier, l’énergie et les mines, la reprise agricole après des années de sécheresse, ainsi qu’un tourisme en forte expansion, avec une hausse attendue de 20% des arrivées en 2026.
Le Rapport souligne en outre que la croissance pourrait ralentir à court terme, avant de se raffermir à l’approche de la Coupe du monde 2030, coorganisée par le Maroc.
La demande intérieure reste, elle aussi, bien orientée : consommation et dépenses publiques montrent des signes de vigueur, avec un sentiment des ménages en amélioration et des recettes budgétaires en hausse.
L’inflation est attendue à 1,0% en 2026, à un niveau comparable à 2025, même si les dépenses liées aux grands événements sportifs pourraient pousser certains prix de produits et services à la hausse.
Entreprises : tensions sur les défaillances et poids des retards de paiement
Malgré ces fondamentaux favorables, Allianz Trade souligne que les entreprises et les ménages font face à des difficultés persistantes. Les défaillances d’entreprises devraient se stabiliser en 2026, après une hausse de +10% en 2025. Le Rapport relie cette tendance aux tensions dans le commerce, l’immobilier et la construction. Les retards de paiement ont été identifiés comme un facteur majeur contribuant aux faillites.Sur le marché du travail, le chômage figure parmi les principaux risques, en particulier chez les jeunes, où il reste autour de 35%. Le Rapport met, également, en avant le poids de l’informel : trois quarts de la main-d’œuvre opèrent dans ce segment, tandis que l’écart entre zones rurales et urbaines continue de se creuser. La croissance économique n’est pas inclusive. D’où une économie à deux vitesses.
Finances publiques : dette en reflux, mais vigilance sur les entreprises publiques
Sur le volet financement, la couverture des besoins restera gérable. Allianz Trade observe une hausse des dépenses publiques ces dernières années, rendue possible par l’augmentation des recettes et le recours accru à l’endettement. Cette tendance pourrait se poursuivre après l’annonce d’un surcroît de dépenses dans le secteur public, notamment la santé et l’éducation. L’étude note que le service de la dette reste, néanmoins, inférieur à la moyenne africaine, autour de 3,7% du PIB en 2025, et qu’il devrait se rapprocher de 3% d’ici 2027. De même, la dette publique, après avoir atteint 70% du PIB en 2024, est attendue à 65% en 2027. Les déficits budgétaires sont anticipés à environ -3% du PIB en moyenne jusqu’en 2027. La situation reste donc soutenable, d’autant plus que S&P a relevé la note du Maroc à l’«Investment Grade» en septembre 2025. De plus, les réserves internationales sont actuellement à un niveau record, en raison de l’augmentation des investissements directs étrangers, des revenus du tourisme et des transferts des MRE (Marocains résidant à l’étranger) robustes.Toutefois, Allianz Trade appelle à la vigilance vis-à-vis de certaines entreprises publiques : plusieurs restent fortement endettées et constituent un risque pour les perspectives, même si des réformes ont été annoncées.
Exportations : phosphates et automobile au cœur de la diversification
Allianz Trade met en avant la diversification croissante de l’économie marocaine et le positionnement du pays comme pôle manufacturier en expansion vers l’Union européenne (UE). Dans ce cadre, les phosphates, principale exportation du Maroc, ont amorcé un redressement en 2025, enregistrant une croissance de +20% en glissement annuel après un ralentissement depuis la pandémie de la Covid‑19. La demande mondiale, liée au rôle stratégique des phosphates dans la sécurité alimentaire, soutiendrait encore l’activité en 2026. L’automobile, deuxième pilier, suit les phosphates dans les exportations : le Maroc figure parmi les principaux exportateurs de voitures vers l’UE, avec plus de 500.000 véhicules exportés en 2023, un volume comparable à ceux de la Chine, du Japon et de la Corée du Sud.Le Document note que le ralentissement des exportations automobiles début 2025, lié à la conjoncture européenne et aux tarifs américains, n’a pas remis en cause la solidité de la production locale.
L’étude évoque également une stratégie de développement de long terme visant à faire évoluer le pays du statut de revenu intermédiaire inférieur vers un revenu intermédiaire supérieur, reposant sur la diversification, l’attraction d’investissements et les énergies renouvelables.
Dans un monde plus incertain, la stabilité de la note B1 et le maintien du Maroc dans la catégorie «risque faible» traduisent donc, selon Allianz Trade, la solidité des fondamentaux macroéconomiques et financiers. Mais l’Atlas souligne tout autant les fragilités : outre une économie à deux vitesses, le Rapport cite les risques climatiques et sociaux en raison du poids de l’agriculture dans l’emploi. Autant de paramètres qui conditionneront la trajectoire du pays à l’approche des échéances politiques (élections législatives prévues en septembre 2026) et des grands rendez-vous sportifs.
