Économie

L'intelligence artificielle, nouveau moteur de croissance des banques marocaines (BCG)

Les banques marocaines disposent aujourd'hui des atouts nécessaires pour faire de l'intelligence artificielle un levier de croissance durable. C'est l'un des principaux enseignements de Future of Finance 2026, la troisième édition du rapport mondial de Boston Consulting Group (BCG), qui analyse les performances de près de 1.500 institutions financières, dont les principaux marchés africains. Selon le cabinet, l'IA ouvre aux banques marocaines de nouvelles perspectives de développement en améliorant leur efficacité opérationnelle et en élargissant les marchés qu'elles peuvent servir de manière rentable.

02 Juillet 2026 À 14:24

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En 2025, le secteur bancaire marocain a confirmé sa résilience, selon le rapport Future of Finance de Boston Consulting Group (BCG). es banques ont enregistré une croissance d'environ 8 % de leurs bilans consolidés, tout en maîtrisant leurs coûts, en améliorant la qualité de leurs actifs et en poursuivant la diversification de leurs revenus. Des fondamentaux qui ont soutenu la revalorisation du secteur bancaire marocain et renforcé la confiance des investisseurs, offrant aux établissements une capacité d'investissement que BCG qualifie de stratégique.

Pour le cabinet, l'enjeu n'est plus tant de consolider cette solidité financière que de l'utiliser pour ouvrir de nouveaux moteurs de croissance. L'inclusion financière des ménages modestes, le financement des TPE et PME ainsi que le développement de services à plus forte valeur ajoutée pour les particuliers et les entreprises figurent parmi les principaux gisements de croissance. Longtemps limités par des coûts de service élevés et des marges réduites, ces marchés pourraient désormais devenir plus accessibles grâce à l'intelligence artificielle, qui améliore à la fois l'efficacité opérationnelle et la qualité de l'analyse des risques.

« L'intelligence artificielle est devenue un levier de création de valeur, bien plus qu'un sujet technologique. Le fait que les institutions financières s'apprêtent à y investir presque autant que le secteur technologique en dit long. Au Maroc, les banques qui repenseront leurs processus de bout en bout autour de l'IA, et pas seulement par petites touches, prendront une avance décisive », souligne Othman Omary, Managing Director & Partner au Boston Consulting Group Casablanca.

Des opportunités importantes pour les banques africaines

Le rapport met également en avant les perspectives du secteur bancaire africain. Selon BCG, les banques du continent figurent parmi celles qui ont créé le plus de valeur ces dernières années et disposent d'un potentiel de croissance que de nombreux marchés matures ne possèdent plus. Faible taux de bancarisation, accès encore limité au financement des TPME et dynamisme des écosystèmes de paiement constituent autant de leviers de développement que l'intelligence artificielle pourrait rendre plus accessibles et plus rentables.

Le cabinet estime que les banques africaines abordent cette nouvelle phase dans une position favorable après plusieurs années de croissance et de diversification. Le défi consiste désormais à répondre à de nouveaux besoins, notamment en matière d'inclusion financière, de financement des entreprises et d'expansion régionale, dans un environnement en pleine mutation.

Une nouvelle phase pour le secteur financier mondial

À l'échelle mondiale, Future of Finance 2026 souligne que le secteur financier a enregistré en 2025 un rendement supérieur à 30 % pour ses actionnaires, surpassant l'ensemble des autres industries, y compris le secteur technologique. Pour la première fois depuis plusieurs années, la majorité des banques sont valorisées en Bourse au-dessus de leur valeur comptable, portées par le retour de la croissance des revenus, une discipline accrue sur les coûts et des bilans renforcés.

Le rapport relève toutefois que les banques continuent d'être valorisées avec une décote d'environ 40 % par rapport à la moyenne des autres secteurs. Les investisseurs attendent désormais qu'elles démontrent leur capacité à inscrire leur croissance dans la durée.

Dans cette perspective, BCG identifie trois priorités : accélérer l'adoption de l'intelligence artificielle, investir dans de nouveaux relais de croissance et replacer les opérations de fusion-acquisition au cœur des stratégies de développement.

Le cabinet met également en avant les premiers résultats observés chez les établissements les plus avancés dans l'utilisation de l'IA, avec des gains de productivité pouvant atteindre 50 % dans l'octroi de crédit et une hausse de 30 % de l'équipement des clients en produits d'épargne. Les institutions financières prévoient ainsi de consacrer, en 2026, près de 2 % de leur chiffre d'affaires aux projets d'intelligence artificielle, contre 0,9 % un an plus tôt, un niveau désormais proche de celui du secteur technologique.

Enfin, le rapport souligne l'émergence d'un nouvel environnement concurrentiel marqué par la montée en puissance des acteurs financiers non bancaires et des stablecoins. Dans cet écosystème plus ouvert et interconnecté, BCG estime que le rôle des banques en tant que tiers de confiance pourrait, paradoxalement, devenir encore plus déterminant.
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