Économie

Maroc – Banque mondiale : de nouveaux financements majeurs bientôt approuvés

La Banque mondiale s’apprête à approuver deux nouveaux financements en faveur du Maroc, pour un montant global d’environ 650 millions de dollars. Le premier programme, doté de 400 millions, vise à renforcer la résilience financière du pays face aux risques climatiques et aux catastrophes naturelles. Le second, de 250 millions, appuiera l’accélération de la transformation numérique dans le cadre de la stratégie «Digital Morocco 2030».

14 Juin 2026 À 01:38

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La Banque mondiale s’apprête à approuver deux financements pour le Maroc. Le premier, pour environ 400 millions de dollars, concerne le «Morocco Climate & Risk Finance Program». Ce programme axé sur les résultats, d’une durée de cinq ans (2026-2031), vise à renforcer la résilience financière du pays face aux catastrophes et aux risques émergents, tout en renforçant les capacités de l’État pour catalyser l’investissement privé dans des projets alignés climat.



Le Maroc est exposé à des risques naturels significatifs (séismes, inondations, sécheresses), dont la fréquence et l’intensité sont exacerbées par le changement climatique. Ces risques génèrent des coûts budgétaires importants et affectent de manière disproportionnée les ménages vulnérables, les petites entreprises et les territoires fragiles. Parallèlement, les besoins d’investissement climatique demeurent élevés, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’eau, du transport durable et des infrastructures résilientes.

Dans ce contexte, le «Morocco Climate & Risk Finance Program» est structuré autour de trois axes complémentaires. Le premier axe porte sur la mobilisation de financements de long terme pour l’action climatique via la constitution d’un pipeline de projets «bankables» et la mise en place d’une Facilité de préparation de projets (FPP). Celle-ci vise à accélérer la maturation de projets climato-compatibles et bancables, en finançant des activités de préparation (études, structuration, assistance technique). Le premier axe vise notamment le développement d’instruments de financement mixte (Blended Finance) et de mécanismes de partage des risques. Les secteurs potentiellement concernés incluent notamment les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, l’eau, les infrastructures de transport durable et les infrastructures résilientes au climat.

Le deuxième axe a pour objectif le renforcement et l’expansion du financement des risques. Ce domaine vise à améliorer la capacité du pays à gérer financièrement les chocs liés aux catastrophes naturelles et aux risques émergents. Les mesures comprennent notamment le renforcement du Fonds de solidarité contre les événements catastrophiques (FSEC), l’approfondissement des mécanismes d’assurance catastrophes ainsi que le développement de produits d’assurance contre les risques cyber. S’ajoutent l’expansion de l’utilisation des paiements digitaux pour les transferts et indemnisations et l’amélioration des mécanismes de protection financière des ménages et entreprises vulnérables.

Quant au troisième axe du «Morocco Climate & Risk Finance Program», il appuie la résilience du secteur financier. Ce domaine vise à améliorer les capacités des autorités prudentielles et de supervision afin d’intégrer les risques climatiques, catastrophes et cyber dans le cadre réglementaire. Les actions prévues incluent le développement d’outils d’évaluation des risques climatiques pour les institutions financières et l’intégration progressive des considérations climatiques dans les exigences prudentielles. Elles concernent également le renforcement des capacités de supervision des risques assurantiels liés aux catastrophes ainsi que l’amélioration des dispositifs de gestion des risques cyber au sein du secteur financier. Le programme est mis en œuvre sous la coordination du ministère des Finances, avec quatre entités de mise en œuvre clés : Direction des entreprises publiques et de la privatisation, Fonds de solidarité contre les événements catastrophiques (FSEC), Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (Acaps) et Bank Al-Maghrib.

S’agissant du deuxième financement de la Banque mondiale, d’une enveloppe de 250 millions de dollars, il concerne un programme d’accélération de la transformation numérique du Maroc. Ce programme axé sur les résultats vise trois objectifs complémentaires. Le premier ambitionne de renforcer la numérisation de l’administration et des entreprises via les fondations de l’e-gouvernement, l’extension des plateformes et services numériques et l’appui à l’écosystème : Startups/très petites et moyennes entreprises (TPME), Offshoring et talents. Le deuxième axe a pour objectif d’accroître la contribution de l’économie numérique à la croissance et à l’emploi. Quant à la troisième composante, elle vise à consolider le leadership et les capacités du ministère de la Transition numérique pour une mise en œuvre efficace de la stratégie nationale «Digital Morocco 2030». Le programme sera mis en œuvre sur cinq ans, sous la coordination du ministère de tutelle.
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