Saïd Naoumi
20 Avril 2026
À 10:56
Romarin, thym, lavande ou
menthe des montagnes : Les
plantes aromatiques et médicinales (PAM) du
Parc national de Khénifra (PNKh) sont un trésor économique pour les coopératives locales, souvent dirigées par des femmes. Mais leur exploitation, encore trop souvent empirique, menace autant la ressource que la qualité des produits.
C’est pour répondre à ce double défi – écologique et économique – que le projet «
Ferma» (Femmes résilientes au Moyen Atlas) cristallise un programme de formation et la création d’un manuel de procédures destinés aux acteurs de cette filière. L’objectif est ambitieux : former vingt coopératrices aux bonnes pratiques de collecte durable, à l’utilisation sécurisée des alambics, et au conditionnement écologique des huiles essentielles, hydrolats et tisanes.
Le financement, porté par
Affaires mondiales Canada (AMC) et mis en œuvre par l’ONG
Socodevi, prévoit une approche «participative et orientée vers la pratique». La formation alternera entre théorie à la Direction provinciale des Eaux et forêts de Khénifra et ateliers sur le terrain, dans les communes d’Aguelmam Azegza, Al Hammam et Oum Rabiaa.
Un manuel pour ne pas perdre le savoir
L’originalité du projet réside dans la co-construction d’un manuel de procédures, véritable «mode d’emploi» illustré, rédigé avec les bénéficiaires. Celui-ci devra intégrer les normes sanitaires de l’ONSSA (Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires) ainsi que les exigences en matière de cosmétique.
Il s’agit de capitaliser les acquis et d’harmoniser les pratiques, afin que la formation perdure. Le document, qui inclura schémas et fiches pratiques, portera aussi sur la réduction des déchets plastiques et l’usage d’emballages durables – un enjeu important alors que la filière des PAM cherche à se structurer face à une demande internationale croissante en produits «naturels» et traçables.
Un enjeu de résilience
Au-delà de la simple formation, c’est un maillon de la stratégie de développement local que le projet «Ferma» entend consolider. Les femmes du Moyen Atlas, gardiennes traditionnelles des savoirs botaniques, pourraient ainsi devenir les premières actrices d’une filière PAM durable, alliant protection des écosystèmes et mise sur le marché de produits conformes aux normes sanitaires et environnementales.