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Lundi 06 Avril 2026
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Après la sécheresse, les plantes aromatiques retrouvent des couleurs au Maroc

Portée par le retour des pluies et de l’enneigement, la production de plantes aromatiques et médicinales au Maroc montre des signes de redressement. Une amélioration encore fragile, marquée par les effets des intempéries et les difficultés persistantes du secteur, selon des professionnels.

Ph : DR
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Après sept années marquées par un déficit hydrique sévère, la filière marocaine des plantes aromatiques et médicinales amorce une phase de transition. La sécheresse prolongée a fortement perturbé les cycles de production, entraînant une raréfaction de certaines espèces et une flambée des prix sur les marchés.

En 2025, plusieurs produits ont enregistré des hausses spectaculaires, à l’image de la menthe dont les prix à la production ont bondi de 200%, de la verveine (+150%) ou encore de la rose (+40 à 50%). Certaines plantes, telles que la mousse de chêne ou le lierre, avaient même quasiment disparu du marché, affectant les chaînes d’approvisionnement de secteurs comme la pharmacie, la cosmétique ou l’agroalimentaire.



La situation a toutefois connu un tournant avec le retour de précipitations abondantes et de chutes de neige. Dans une déclaration à la plateforme spécialisée FreshPlaza, Karim Belkheir Goutr, PDG de 4 Seasons Mediterranean Aromas, souligne une nette amélioration, en particulier pour les plantes sauvages. « Pratiquement toutes les plantes sauvages ont retrouvé leur abondance », indique-t-il, citant notamment la menthe pouliot, l’Ammi visnaga, le thym sauvage, la mousse de chêne ou encore le romarin sauvage.

Selon le professionnel, ces conditions climatiques favorables devraient permettre une reconstitution progressive des volumes, même si les effets sur les cultures sous serre nécessitent davantage de temps.

Si les pluies ont contribué à relancer la production, elles ont également provoqué des dégâts localisés. Certaines régions agricoles ont été particulièrement touchées par les inondations, à l’image de Ksar El Kébir pour la menthe ou du Gharb pour la coriandre. Ces épisodes ont entraîné des pertes de cultures, des dommages aux infrastructures agricoles, notamment les serres, ainsi que des perturbations logistiques. Les conditions météorologiques défavorables ont également ralenti les activités portuaires, affectant les exportations du secteur.

Malgré ces difficultés, les professionnels restent confiants, estimant que les effets des excès de pluie demeurent moins durables que ceux d’une sécheresse prolongée.

La nouvelle saison de production sous serre, entamée en mars, devrait marquer le début d’un redressement plus tangible. Les perspectives sont jugées encourageantes, avec des rendements attendus en hausse. Par ailleurs, la régénération naturelle des plantes sauvages constitue un levier majeur de reprise. D’importantes surfaces, notamment de romarin, devraient retrouver leur pleine capacité de production, avec un prochain cycle de récolte attendu dès le mois de mai.

À plus long terme, les chutes de neige enregistrées cette année laissent entrevoir un retour à des niveaux de production plus proches de la normale, notamment pour les plantes issues des zones montagneuses de l’Atlas.
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