Économie

Poulet : la baisse de l’offre entraîne une hausse des prix au Maroc

Les prix de la volaille augmentent au Maroc en raison du recul de la production de poussins, passée de 12,5 millions à 7,5 millions par semaine entre l’été et octobre 2026. Selon les professionnels du secteur, une détente des prix pourrait intervenir à partir de décembre, avant de devenir plus marquée début 2027.

27 Octobre 2026 À 12:39

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Les prix de la volaille enregistrent une hausse sur le marché marocain, après une longue période de baisse ayant entraîné des pertes pour les producteurs. Cette évolution intervient dans un contexte de réduction de l’offre, liée notamment au ralentissement de la production de poussins au cours des dernières semaines.

Mustapha Mountassir, président de l’Association nationale des producteurs de volailles au Maroc, explique dans une déclaration à Assahraa Al Maghribia que la hausse actuelle des prix de la volaille s’explique principalement par le recul de la production de poussins, après plusieurs mois marqués par une offre abondante et des prix relativement bas. Selon le responsable, la production hebdomadaire de poussins est passée d’environ 12,5 millions durant l’été à près de 7,5 millions en octobre 2026, soit une baisse de 40%. Cette diminution s’est progressivement répercutée sur les quantités de volailles disponibles sur le marché, contribuant à la hausse des prix.



Au marché de gros de la volaille de Casablanca, le prix du poulet de chair a ainsi atteint 22,50 dirhams le kilogramme lundi 26 octobre, tandis que celui des poules reproductrices se situait entre 12,50 et 13 dirhams le kilogramme. Pour Mountassir, cette situation résulte notamment des difficultés rencontrées par les éleveurs au cours des derniers mois. Entre avril et septembre, les prix de vente de la volaille sont restés à des niveaux qui, dans de nombreux cas, ne permettaient pas de couvrir les coûts de production, entraînant des pertes successives pour les éleveurs. Ces derniers comptaient sur la période estivale pour compenser une partie de leurs pertes, en raison de la hausse habituelle de la consommation pendant la saison des mariages et des fêtes familiales, ainsi que du retour des Marocains résidant à l’étranger.

Toutefois, cette reprise attendue ne s’est pas concrétisée. Malgré la demande saisonnière, la production importante de poussins a maintenu une offre abondante sur le marché, exerçant une pression à la baisse sur les prix de vente. Le professionnel souligne également que le maintien de la production durant la période de l’Aïd Al-Adha, contrairement à certaines années précédentes, a contribué à accentuer le déséquilibre entre l’offre et la demande. Les quantités mises sur le marché sont ainsi restées élevées, aggravant les pertes subies par les éleveurs.

Face à cette situation, le secteur a progressivement réduit son rythme de production. Ce ralentissement s’est traduit par une diminution des volumes disponibles en octobre, ce qui explique, selon le président de l’association, la remontée actuelle des prix de la volaille. Concernant les perspectives des prochains mois, Mustapha Mountassir prévoit une baisse progressive des prix à partir de décembre 2026, à mesure que la production de poussins et l’offre de volailles se redresseront. Cette détente pourrait devenir plus perceptible en janvier et février 2027, à l’approche du mois de Ramadan, période traditionnellement marquée par une demande importante de volaille. Il estime que le retour à des niveaux de production plus élevés sera déterminant pour rétablir l’équilibre du marché. Cette évolution dépendra également de la stabilité des coûts de production et de l’amélioration des conditions d’activité des éleveurs, afin de répondre à la demande sans reproduire la situation de surproduction observée au cours des derniers mois.
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