LE MATIN
19 Août 2026
À 11:04
Les
prix ont nettement reflué en juillet. Selon les dernières données du
Haut-Commissariat au Plan (HCP),
l’indice des prix à la consommation a baissé de 1% entre juin et juillet 2026. Sur un an, le recul atteint 0,6%, faisant basculer l’évolution annuelle de l’IPC en territoire négatif. Cette détente est avant tout alimentaire. En l’espace d’un mois, l’indice des
produits alimentaires a diminué de 1,9%, tandis que celui des produits non alimentaires a reculé plus modérément, de 0,3%.
Dans le détail, ce sont certains produits particulièrement présents dans le panier quotidien des ménages qui ont enregistré les baisses les plus importantes. Les prix des
légumes ont chuté de 7,6% entre juin et juillet, ceux des poissons et
fruits de mer de 3,9% et ceux des
fruits de 3,7%. Les
viandes ont, de leur côté, diminué de 1,2%, tandis que le lait, le fromage et les œufs affichent un léger recul de 0,3%.
Quelques catégories alimentaires évoluent toutefois dans le sens inverse. Les eaux minérales, boissons rafraîchissantes et jus de fruits et légumes ont augmenté de 0,3%, tandis que le café, le thé et le cacao se sont renchéris de 0,2%.
L’autre contribution notable à la baisse mensuelle de l’IPC vient des
carburants, dont les prix ont reculé de 4,9% en juillet. Cette évolution se répercute sur l’ensemble de la division « Transport », dont l’indice diminue de 1,4% par rapport à juin. À l’inverse, les prix des restaurants et hôtels progressent de 0,6% sur la même période.
La baisse des prix s’observe par ailleurs dans la quasi-totalité des villes couvertes par le HCP, mais avec des amplitudes différentes. Marrakech enregistre le recul le plus marqué, avec -1,7%, devant Safi (-1,4%), Guelmim (-1,3%) et Tanger (-1,1%). Casablanca, Rabat et Meknès affichent chacune une baisse de 1%.
L’alimentaire recule de 3,7% sur un an
La comparaison avec juillet 2025 confirme le rôle déterminant de l’alimentaire dans la détente actuelle des prix. Sur douze mois, l’indice des produits alimentaires recule de 3,7%. En revanche, les produits non alimentaires restent orientés à la hausse, avec une progression de 1,9%. Au total, l’IPC diminue ainsi de 0,6% sur un an. Ce contraste montre que l’accalmie générale masque encore des tensions dans plusieurs postes de dépenses. Le transport affiche notamment une hausse de 4,1% sur un an, soit la progression la plus importante parmi les grandes divisions de produits non alimentaires. Les biens et services divers augmentent de 3%, les restaurants et hôtels de 2,4% et l’enseignement de 2,1%. Le logement, l’eau, l’électricité et les autres combustibles progressent pour leur part de 1,5%.
Autre nuance importante : le recul observé en juillet ne signifie pas que les prix ont diminué sur l’ensemble de l’année. Sur les sept premiers mois de 2026, l’IPC moyen demeure supérieur de 0,3% à celui de la même période de 2025. Là encore, deux tendances s’opposent : les prix alimentaires affichent une baisse moyenne de 1,4%, tandis que ceux des produits non alimentaires progressent de 1,6%.
L’inflation sous-jacente confirme néanmoins l’apaisement des pressions sur les prix. Cet indicateur, qui exclut les produits à prix volatils et ceux soumis à des tarifs publics, aurait diminué de 0,1% sur un mois et de 0,1% sur un an, selon le HCP.
Les chiffres de juillet dessinent ainsi une situation plus favorable pour les prix à la consommation, principalement grâce au recul de l’alimentaire et des carburants. Mais la ventilation de l’indice invite à relativiser cette détente : plusieurs dépenses non alimentaires continuent de coûter davantage qu’un an auparavant, tandis que l’inflation moyenne depuis le début de l’année reste légèrement positive.