Économie

Ramadan : les prix du poisson en hausse, les consommateurs sous pression

Dès les premiers jours du Ramadan, les prix du poisson ont enregistré une hausse notable par rapport à l’an dernier. Entre forte demande, tensions sur l’offre et rôle des intermédiaires, les consommateurs dénoncent une flambée qui pèse sur leur pouvoir d’achat.

Ph. Saouri

23 Février 2026 À 11:46

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Comme chaque année, le poisson occupe une place de choix sur la table ramadanesque. Mais en ce début de mois sacré, les prix affichés dans les marchés suscitent mécontentement et interrogations. Selon des données recueillies auprès des professionnels des marchés de gros, les tarifs varient entre 30 dirhams le kilo pour la sardine et 140 dirhams pour certaines espèces prisées.

Dans le détail, le merlan s’inscrit en hausse, la sole oscille entre 90 et 120 dirhams le kilogramme selon les points de vente, la crevette atteint 100 à 120 dirhams, tandis que le calamar se négocie autour de 120 à 140 dirhams. Le sargo (sar) et d’autres espèces dépassent également les 100 dirhams.



Au marché d’un quartier populaire de Rabat, un vendeur interrogé par Matin TV confirme cette tendance : « L’offre est là, mais les prix ont sensiblement augmenté pendant ce mois. La crevette est à 100 dirhams le kilo alors qu’elle était à 80 dirhams. La sole entre 90 et 100 dirhams, la sardine à 30 dirhams, le calamar à 120 dirhams. Il y a une demande en hausse, mais les prix aussi sont en hausse. »

Pour ce commerçant, la principale explication réside dans la multiplication des intermédiaires et de spéculateurs. « Le poisson passe par deux ou trois intermédiaires avant d’arriver au vendeur de détail. En réalité, la sardine, par exemple, devrait être disponible à 15 dirhams. Nous avons une abondance d’offre et la qualité », affirme-t-il, appelant à plus de régulation. « Que Dieu vienne en aide aux personnes de niveau moyen et aux plus modestes », ajoute-t-il.

Abdelilah Akkouri, président de l’Association Marché Central pour le développement durable à Casablanca, confirme que les prix actuels dépassent ceux du Ramadan précédent. Il évoque une combinaison de facteurs : forte demande, conditions de pêche variables, coûts de transport et fluctuations du marché. Certaines espèces particulièrement appréciées dans les plats traditionnels subissent une pression accrue.

D’autres professionnels pointent également la spéculation et le stockage opportuniste durant cette période de forte consommation. Les conditions météorologiques défavorables, notamment le phénomène dit de « movita », peuvent par ailleurs limiter les sorties en mer et peser sur l’approvisionnement.

Cette flambée intervient dans un contexte général d’augmentation des prix de plusieurs produits alimentaires durant ce mois. Elle relance le débat sur la transparence des circuits de distribution et les marges pratiquées entre le port et l’étal.

L’évolution des prix dans les semaines à venir dépendra des volumes débarqués dans les ports et de la capacité du marché à absorber la demande. En attendant, les consommateurs réclament un renforcement des contrôles et une meilleure régulation afin de préserver leur pouvoir d’achat pendant un mois traditionnellement marqué par une forte consommation.
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