Économie

Recherche agricole : l’État recentre ses financements sur l’eau et le climat

Le département de l’Agriculture lance une nouvelle édition du Mécanisme compétitif de recherche, développement et vulgarisation, en recentrant les financements sur les enjeux critiques du secteur, notamment l’eau et la résilience climatique. Doté d’un système de sélection exigeant et d’un financement conditionné à la performance, ce dispositif vise à rapprocher la recherche scientifique des besoins opérationnels du terrain. Les projets retenus pourront bénéficier d’un appui pouvant atteindre 600.000 dirhams sur une période maximale de trois ans, avec des décaissements annuels plafonnés et indexés sur l’état d’avancement des travaux. Une part significative des budgets alloués devra en outre être consacrée au transfert et à la diffusion des résultats, afin de garantir leur appropriation par les acteurs du secteur.

Pour cette édition 2026, le département de l’Agriculture affine encore son ciblage en alignant les thématiques de recherche sur les priorités de la stratégie Génération Green 2020-2030.

08 Avril 2026 À 10:39

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Le département de l’Agriculture vient de lancer l’édition 2026 du Mécanisme compétitif de recherche, développement et vulgarisation (MCRDV). Cet appel à projets vise à transformer les défis climatiques actuels en opportunités grâce à l’innovation scientifique et technique. Pensé comme un instrument de convergence entre recherche académique et besoins du terrain, le MCRDV repose sur un financement compétitif de projets collaboratifs mobilisant des équipes pluridisciplinaires et multi-institutionnelles. L’objectif est d’accélérer le transfert technologique et de rapprocher la production scientifique des réalités opérationnelles du secteur agricole.

Pour cette édition 2026, le département de l’Agriculture affine encore son ciblage en alignant les thématiques de recherche sur les priorités de la stratégie Génération Green 2020-2030. Cinq axes structurants ont ainsi été retenus, tous directement liés aux vulnérabilités structurelles du secteur. Il s’agit notamment de l’adaptation des systèmes de production aux changements climatiques à travers des approches agroécologiques, de l’optimisation de l’usage de l’eau dans un contexte de raréfaction croissante, mais aussi de la promotion de l’innovation dans la gestion des productions, du stockage et de la conservation des denrées agricoles. À cela s’ajoutent l’analyse de l’impact des aléas hydriques sur les équilibres socio-économiques ruraux, ainsi que la gestion des risques sanitaires affectant les systèmes d’élevage et les ressources pastorales.

Un mécanisme compétitif mais encadré

L’accès au financement reste conditionné à un certain nombre d’exigences, traduisant la volonté de l’État de structurer davantage l’écosystème de la recherche agricole. Les projets doivent ainsi être portés par des équipes multi-institutionnelles associant au minimum deux chercheurs issus d’établissements distincts relevant du consortium national : l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II (IAV Hassan II), l’École nationale d’agriculture de Meknès (ENA) et l’École nationale forestière d’ingénieurs (ENFI).

Autre condition clé : l’intégration obligatoire d’un doctorant inscrit dans un centre d’études doctorales relevant du dispositif national. Ce dernier bénéficie d’un appui financier dédié, avec une bourse mensuelle de 5.000 dirhams sur une durée de trois ans, renforçant ainsi l’articulation entre recherche académique et projets appliqués. Le pilotage des projets est confié à un coordonnateur, nécessairement enseignant-chercheur ou chercheur, garant de la conduite scientifique et financière du programme.

Des financements ciblés et conditionnés à la performance

Sur le plan financier, le dispositif conserve ses paramètres structurants. Chaque projet peut mobiliser jusqu’à 600.000 dirhams sur une période maximale de trois ans, avec un plafond annuel de 200.000 dirhams, sauf dérogation justifiée. Le déblocage des financements s’effectue de manière progressive et conditionnée à l’évaluation annuelle de l’état d’avancement des projets. Cette logique de financement par la performance vise à garantir l’efficacité de l’allocation des ressources publiques et à éviter les dérives observées dans certains programmes de recherche classiques. Une part significative du Budget – au minimum 20% – doit, par ailleurs, être consacrée aux actions de transfert et de diffusion des résultats, traduisant la volonté du département de l’Agriculture de sortir d’une logique de recherche purement académique pour privilégier l’impact terrain.

Une montée en puissance progressive depuis 2016

Depuis son lancement en 2016, le MCRDV affiche un bilan encore sélectif mais en progression. Sur 92 projets déposés, 39 ont été retenus, dont 17 déjà achevés, pour un budget annuel avoisinant 2 millions de dirhams. Au-delà du financement des projets, le mécanisme a également évolué vers un soutien plus direct à la formation de capital humain. Depuis 2023, il intègre un dispositif de financement de bourses doctorales, renforçant ainsi son rôle dans la structuration d’un vivier de chercheurs spécialisés dans les enjeux agricoles et climatiques. Les porteurs de projets intéressés disposent d’un délai limité pour soumettre leurs propositions. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 30 avril, avec une double soumission exigée : format papier et version électronique.
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