Économie

Renault Group dépasse les 30 milliards d'euros de chiffre d'affaires et confirme ses objectifs 2026

Avec un chiffre d'affaires de 30,3 milliards d'euros, en hausse de 9,5%, une marge opérationnelle de 1,57 milliard d'euros et un résultat net de 721 millions d'euros, Renault Group signe un premier semestre solide. L'électrification progresse rapidement, les marchés internationaux restent dynamiques, notamment au Maroc (+13,7%), et le constructeur confirme l'ensemble de ses objectifs financiers pour 2026.

31 Juillet 2026 À 13:20

30,252 milliards d'euros. C'est le niveau de chiffre d'affaires atteint par Renault Group au premier semestre 2026. Une progression de 9,5% sur un an, qui atteint même 10,3% à taux de change constants. Dans un contexte marqué par la hausse des coûts, les tensions géopolitiques et une concurrence toujours plus vive, le constructeur français parvient à maintenir sa trajectoire de croissance tout en confirmant ses perspectives pour l'ensemble de l'exercice.

Cette progression repose sur deux piliers. L'activité automobile a généré 26,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires (+9,3%), tandis que Mobilize Financial Services poursuit sa montée en puissance avec 3,4 milliards d'euros, en hausse de 11%. La filiale financière représente désormais un levier essentiel de la rentabilité du groupe.

Les résultats financiers suivent la même tendance. Renault Group dégage une marge opérationnelle de 1,567 milliard d'euros, soit 5,2% de son chiffre d'affaires. L'activité automobile contribue à hauteur de 814 millions d'euros, tandis que Mobilize Financial Services génère 753 millions d'euros, presque autant que le cœur de métier du constructeur. Le résultat net atteint 721 millions d'euros, contre une perte historique enregistrée un an plus tôt dans un contexte marqué par les changements comptables liés à Nissan.

Le groupe conserve également une situation financière solide. Son activité automobile a généré un free cash-flow de 653 millions d'euros, malgré 200 millions d'euros de dépenses de restructuration et une variation négative du besoin en fonds de roulement. La position financière nette atteint 6,57 milliards d'euros, tandis que la réserve de liquidité reste particulièrement élevée, à 17,7 milliards d'euros.

Ces performances sont d'autant plus significatives que les volumes n'ont pratiquement pas progressé. Les immatriculations mondiales du groupe ont légèrement reculé de 0,4%, mais Renault a compensé cette baisse grâce à plusieurs leviers : un meilleur mix produit, la montée en puissance des ventes réalisées avec ses partenaires et une politique tarifaire adaptée selon les marchés.

Les ventes avec les partenaires constituent d'ailleurs l'un des principaux moteurs de croissance. Elles expliquent à elles seules 5,9 points de la progression du chiffre d'affaires. L'intégration de Renault Nissan Automotive India Private Ltd, consolidée depuis août 2025, apporte environ 380 millions d'euros, tandis que la coopération avec Geely au Brésil continue de monter en puissance avant le démarrage prochain de la production locale.

Le mix produit contribue lui aussi fortement à cette progression, avec un impact positif de 3,2 points. Renault bénéficie notamment du succès de ses modèles électriques, de la transition entre la Clio V et la nouvelle Clio VI, dont le prix moyen est supérieur, ainsi que des bonnes performances du Master. À cela s'ajoute un effet prix positif de 0,9 point, malgré une pression commerciale toujours forte sur le marché européen.

L'électrification tire désormais la croissance

Au-delà des résultats financiers, Renault confirme surtout une évolution profonde de son activité. L'électrification devient progressivement le principal moteur de sa croissance en Europe. Au premier semestre, 52% des voitures particulières vendues par le groupe étaient électrifiées, soit une progression de 8,2 points en un an.

Le rythme est particulièrement soutenu sur les modèles 100% électriques. Leurs ventes bondissent de 47,6% et représentent désormais 18,8% des volumes européens. Les hybrides continuent également leur progression et pèsent désormais près d'un tiers des ventes du groupe. Une évolution portée par le renouvellement accéléré de la gamme Renault, mais aussi par Dacia et Alpine, qui bénéficient elles aussi de cette montée en puissance des motorisations électrifiées.

Les trois marques affichent d'ailleurs des performances solides. Renault conserve sa place de deuxième marque en Europe sur les marchés des véhicules particuliers et utilitaires, mais aussi sur les segments des véhicules électriques destinés aux particuliers et des hybrides. Dacia continue de gagner du terrain. La marque entre désormais dans le Top 10 européen des ventes de véhicules particuliers, occupe la troisième place auprès des clients particuliers et s'appuie toujours sur une Sandero qui reste le véhicule particulier le plus vendu en Europe, tous canaux confondus. Alpine, de son côté, poursuit son changement de dimension avec des ventes en hausse de 69,1% sur un an.

La dynamique se confirme également hors d'Europe. Renault enregistre une progression de 61,2% en Inde, de 15,4% en Turquie, de 13,7% au Maroc et de 5,3% au Brésil. Ces marchés deviennent des relais de croissance de plus en plus importants pour le groupe, qui poursuit le développement de sa présence internationale.

Le carnet de commandes reste lui aussi bien orienté. En Europe, il représente 2,1 mois de ventes prévisionnelles, tandis que les stocks atteignent 546.000 véhicules à fin juin, dont 430.000 chez les concessionnaires indépendants et 116.000 au sein du groupe. Renault estime que ce niveau lui permettra d'aborder sereinement un second semestre traditionnellement plus dynamique, tout en visant une baisse de ces stocks d'ici la fin de l'année.

Cap sur le second semestre avec une offensive produits

Malgré un environnement toujours qualifié de difficile, Renault maintient l'ensemble de ses objectifs financiers pour 2026. Le constructeur vise une marge opérationnelle d'environ 5,5% et un free cash-flow automobile proche d'un milliard d'euros. Pour y parvenir, le groupe poursuit son plan futuREady, qui repose notamment sur une réduction des coûts variables d'environ 400 euros par véhicule en moyenne et sur le maintien de coûts fixes stables. Les premiers résultats sont déjà visibles : au premier semestre, les actions engagées ont permis de réduire les coûts de 184 millions d'euros, compensant l'inflation des matières premières.

Cette stratégie s'accompagne d'une accélération du développement des futurs modèles. Renault veut désormais être capable de concevoir un véhicule en deux ans, un délai appelé à devenir le nouveau standard du groupe.

Le second semestre sera marqué par une offensive produits particulièrement dense. Après les lancements de la Clio VI, de la Twingo E-Tech électrique, du Boreal et du Duster sur plusieurs marchés, Renault prépare l'arrivée du Niagara, de la nouvelle Mégane E-Tech, de la Dacia Striker, de la Sandero hybride et de la nouvelle Spring. Le constructeur lancera également la production du Trafic Van E-Tech, présenté comme son premier Software Defined Vehicle développé en Europe.

Pour François Provost, directeur général de Renault Group, ces résultats montrent que la stratégie futuREady commence à produire des effets concrets. Le groupe estime disposer aujourd'hui des bases nécessaires pour poursuivre sa croissance tout en accélérant sa transformation vers une gamme davantage électrifiée et plus rentable.

Mobilize, la filiale qui pèse désormais autant que l'automobile

Derrière les bons résultats de Renault Group se cache un acteur devenu incontournable : Mobilize Financial Services. La filiale spécialisée dans le financement automobile a généré 3,446 milliards d'euros de chiffre d'affaires au premier semestre 2026, en progression de 11% par rapport à l'an dernier. Sa marge opérationnelle atteint 753 millions d'euros, un niveau quasiment équivalent à celle de l'activité automobile (814 millions d'euros).

Cette performance repose sur la hausse continue du financement des particuliers et des entreprises, mais aussi sur une amélioration de la rentabilité des contrats. Mobilize a par ailleurs versé 250 millions d'euros de dividendes à Renault Group au premier semestre, contre 150 millions un an plus tôt, renforçant ainsi la génération de trésorerie du constructeur.

Au-delà des résultats financiers, cette activité constitue désormais un véritable avantage concurrentiel. Renault souligne que la complémentarité entre la vente de véhicules et les services financiers lui permet de mieux résister aux fluctuations du marché et de soutenir ses investissements dans l'électrification, les logiciels embarqués et le renouvellement de sa gamme. Une stratégie qui distingue aujourd'hui le groupe de nombreux constructeurs traditionnels.
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