Saïd Naoumi
12 Février 2026
À 10:06
L’ambition est claire : faire du Maroc un point d’ancrage régional capable de capitaliser sur plus de vingt-cinq ans d’expérience du PMF dans l’appui aux organisations communautaires. Depuis son lancement en 2000, le programme a soutenu 229 projets pour un montant global de 7,58 millions de dollars. Lors de la phase précédente, 36 projets ont été déployés dans trois paysages clés, confirmant la pertinence d’une approche territoriale intégrée qui relie protection de l’environnement et amélioration des moyens de subsistance.
La phase «OP8» franchit un cap. Elle ne se limite pas à financer des microprojets isolés. Elle cherche à connecter les initiatives, à favoriser l’apprentissage entre pairs et à transformer les échanges Sud-Sud en réalisations concrètes sur le terrain.
Le projet attendu ne saurait se limiter à la simple organisation d’ateliers. Il devra générer des impacts mesurables, reproductibles et financièrement durables. Le dispositif repose sur la mise en réseau des organisations de la société civile engagées dans la transition écologique. Il prévoit des formations collaboratives construites entre le Maroc et ses partenaires africains sur des thématiques telles que l’agroécologie, la sécurité alimentaire, la valorisation des déchets végétaux ou encore les solutions énergétiques à faible émission de carbone. Chaque échange devra déboucher sur des plans d’action opérationnels et sur le montage de projets concrets susceptibles d’être financés.
La coopération ne s’arrête pas aux salles de formation. Le PMF prévoit de soutenir directement des initiatives issues de ces échanges afin de faciliter la réplication des bonnes pratiques dans différents territoires. L’accent sera également mis sur la production de connaissances. Reportages vidéo, manuels pratiques bilingues et plateformes digitales devront permettre de documenter les expériences et d’en assurer la diffusion à l’échelle régionale. L’appel s’inscrit dans une logique territoriale forte. Les actions pourront s’articuler avec les paysages prioritaires de la phase OP8, notamment le Parc national d’Al Hoceïma et les écosystèmes méditerranéens, la Réserve de biosphère de la Cédraie dans les Moyen Atlas et Haut Atlas central autour de la zone d’Oued Lakhdar Ahansal. L’objectif est de renforcer la cohérence entre conservation de la biodiversité, lutte contre la dégradation des terres et adaptation au changement climatique.
L’innovation, l’inclusion et l’impact constituent les critères centraux de sélection. Les projets devront intégrer les femmes, les jeunes et les groupes vulnérables dès la conception. Ils devront démontrer un potentiel réel de mise à l’échelle et de mobilisation de partenaires publics et privés. Un cofinancement équivalent à 50% du coût total du projet est exigé, dont la moitié en espèces.
Les organisations marocaines intéressées ont jusqu’au 15 mars 2026 pour soumettre leur proposition. À travers cet appel, le PMF/FEM/PNUD entend consolider le positionnement du Maroc comme acteur moteur de la coopération climatique africaine, en misant sur les communautés locales comme vecteurs de transformation écologique et de développement durable.