Rochdi Mokhliss
14 Janvier 2026
À 08:11
L’opération portera sur l’émission de 1,5 million de nouvelles actions, proposées à un prix de souscription de 300 dirhams par action. La période de souscription est fixée du 26 au 30 janvier 2026. Cette levée de fonds intervient dans un contexte où le marché actions reste particulièrement attentif aux opérations de financement, après une année 2025 marquée par une forte activité et un regain d’intérêt des investisseurs, notamment particuliers.
S’agissant de la détermination du prix de souscription de l'
augmentation de capital de Risma, la méthode de valorisation retenue est celle du cours moyen pondéré. Compte tenu de la nature de l’opération, de l’évolution récente du titre et des volumes échangés sur le marché, les cours moyens pondérés (CMP) sur un mois, trois mois et six mois ont été jugés les plus pertinents. Le CMP un mois ressort à 387 dirhams, celui sur trois mois à 395 dirhams et celui sur six mois à 394 dirhams, soit des décotes comprises entre 22,48% et 23,96% par rapport au prix de souscription retenu. Ces références intègrent notamment l’impact de la signature du contrat d’
acquisition de la société Centre Multifonctionnel de Guéliz, détentrice des murs du Radisson Blu Hotel Marrakech Carré Eden et du centre commercial Carré Eden Shopping Center. Sur cette base, la valorisation des fonds propres de RISMA par la méthode du cours moyen pondéré se situe dans une fourchette comprise entre 5,54 et 5,65 milliards de dirhams.
La structure de l’offre réserve une place significative aux investisseurs particuliers, avec une enveloppe de 150 millions de dirhams, correspondant à 500.000 actions sur le total émis. Les modalités d’allocation, devenues un point d’attention majeur lors des dernières opérations à la
Bourse de Casablanca, prévoient une première allocation par itération à hauteur de 66 actions par souscripteur. Le reliquat sera ensuite attribué au prorata de l’excédent des demandes au-delà de ce seuil.
Cette augmentation de capital s’inscrit dans un environnement touristique en pleine expansion. Le Maroc affiche des ambitions élevées pour les prochaines années, avec l’objectif d’intégrer le Top 15 mondial des destinations touristiques à l’horizon 2030. Les projections tablent sur 17,5 millions de touristes dès 2026, puis 30 millions à l’horizon 2030, contre 17,4 millions enregistrés en 2024. Dans le même temps, les recettes touristiques en devises des non-résidents devraient dépasser 120 milliards de dirhams par an à partir de 2026, contre 112,5 milliards de dirhams en 2024. Autant de perspectives qui renforcent la visibilité du secteur hôtelier et soutiennent les stratégies de développement des opérateurs.
Pour
RISMA, groupe dirigé par l’ancien ministre du Tourisme
Adil Douiri, cette opération vise à accompagner une stratégie articulée autour de trois axes structurants : la croissance, la diversification et la valorisation des actifs. Le groupe entend poursuivre le développement de son parc hôtelier, élargir et diversifier ses marques, maintenir un effort constant de rénovation de ses actifs existants et renforcer son ancrage dans les villes stratégiques du Royaume, tout en s’ouvrant progressivement à d’autres classes d’actifs.
À horizon 2030, RISMA ambitionne de porter son parc à 28 hôtels, pour une capacité globale dépassant 5.000 chambres. Cette trajectoire de croissance repose sur plusieurs leviers complémentaires, notamment le développement de projets hôteliers en greenfield sur des fonciers soigneusement sélectionnés dans des zones à fort potentiel touristique ou économique. Le groupe adopte également une approche proactive dans la recherche de foncier premium, afin d’anticiper les besoins futurs et de sécuriser des opportunités de long terme, comme en témoigne l’acquisition réalisée en 2025 d’un terrain d’environ 5.000 m² situé sur la
Corniche de Tanger. Par ailleurs, RISMA envisage des opérations d’acquisition ou de reprise d’actifs hôteliers existants présentant un potentiel de repositionnement ou d’optimisation, notamment par une montée en gamme ou un changement d’enseigne, tout en privilégiant des projets offrant un équilibre attractif entre risque, rendement et création de valeur durable.