Économie

Secteur minier : l’État repense le Fonds de formation inter-entreprises

Le ministère des Finances lance un audit stratégique du Fonds de formation professionnelle inter-entreprises minières, un acteur public central dans l’appui à la qualification du secteur. L’objectif : évaluer ses performances, clarifier son positionnement et proposer des scénarios d’évolution, dans un contexte de réforme profonde des établissements publics et de besoins croissants en compétences dans les secteurs stratégiques. L’enjeu principal est de doter le secteur minier d’un dispositif de formation professionnelle cohérent, efficace et aligné sur les grandes ambitions nationales de compétitivité, de professionnalisation et de développement durable.

07 Avril 2026 À 10:35

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Le ministère des Finances prépare une mission d’audit stratégique visant à redéfinir le rôle et les perspectives du Fonds de formation professionnelle inter-entreprises minières (FFPIEM). Ce dernier est un établissement public doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Il est placé sous la tutelle technique du ministère de la Transition énergétique et sous la tutelle financière du ministère des Finances. Acteur historique du développement des compétences dans le secteur minier, il finance des actions de formation au profit des cadres et techniciens, attribue des bourses et des prêts d’honneur aux étudiants se destinant aux métiers du secteur, et soutient la formation complémentaire des ressources humaines issues des entreprises minières. La gestion du Fonds est assurée par un comité placé sous la présidence du ministre chargé des Mines, composé d’un représentant du département des Finances et de six représentants des employeurs.



Les ressources du Fonds proviennent des contributions annuelles des entreprises minières assujetties, fixées à 1% de leur masse salariale. Sur le plan financier, le FFPIEM affiche des indicateurs en progression : le résultat net est passé de 6,6 millions de dirhams en 2023 à 8,7 millions en 2024, tandis que le résultat courant a atteint plus de 10 millions de dirhams la même année. Les produits d’exploitation ont, eux aussi, progressé, s’établissant à 58 millions de dirhams en 2024 contre 48 millions en 2023.

Le repositionnement du Fonds s’inscrit dans le cadre des mutations engagées au niveau national, notamment à la suite de la promulgation de la Loi-Cadre n° 50-21 relative à la réforme des établissements et entreprises publics. Cette réforme vise notamment à rationaliser le portefeuille public, à renforcer l’efficience des structures et à favoriser les synergies entre opérateurs. Parallèlement, le nouveau modèle de développement accorde une place centrale à la formation professionnelle, en préconisant un renforcement de l’implication du secteur privé dans l’identification des besoins en compétences et dans les dispositifs de formation. De son côté, le Plan Maroc Mines 2021-2030 met l’accent sur le capital humain en tant que levier stratégique pour améliorer la compétitivité et la durabilité du secteur minier.

Dans ce contexte, le ministère envisage la réalisation d’un audit stratégique, d’un bilan des réalisations et des scénarios de devenir du FFPIEM en tant qu’acteur public central dans le financement et l’appui à la formation professionnelle du secteur minier. Cette mission vise à apprécier la capacité du Fonds à répondre efficacement aux enjeux actuels et futurs du secteur, notamment en matière de développement des compétences, de professionnalisation des opérateurs miniers et de soutien à la compétitivité des entreprises.

La mission s’articulera en deux phases. La première consistera en un diagnostic stratégique approfondi : analyse des indicateurs de performance, évaluation de la gouvernance, examen de la pertinence des formations financées, étude des éventuels chevauchements avec d’autres opérateurs publics de formation. La seconde phase sera consacrée à la définition des scénarios d’évolution. Plusieurs options seront examinées : le maintien du Fonds sous une forme rénovée et mieux articulée aux besoins sectoriels, son regroupement avec d’autres dispositifs similaires, la réintégration de certaines de ses fonctions au sein de l’administration centrale, le recours à des partenariats public-privé, ou encore la restructuration, voire la cessation, de certaines de ses activités. Le scénario retenu devra être accompagné d’une Feuille de route détaillant les conditions de mise en œuvre, les mesures d’accompagnement nécessaires ainsi que les indicateurs de suivi.

À travers cet audit, les autorités marocaines entendent doter le secteur minier d’un dispositif de formation professionnelle cohérent, efficace et aligné sur les grandes ambitions nationales de compétitivité, de professionnalisation et de développement durable.
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