Une étude scientifique récente ouvre une nouvelle piste pour mieux valoriser les barrages marocains dans un contexte marqué par la pression sur les ressources en eau et la montée des besoins en énergie. Publiée dans la revue npj Clean Energy, cette recherche analyse la faisabilité technique et économique de l’installation de panneaux solaires flottants sur 58 barrages du Royaume. L’objectif est double: Produire de l’électricité renouvelable à partir de surfaces déjà disponibles et réduire les pertes d’eau causées par l’évaporation.
Pour mesurer ce potentiel, les auteurs de l’étude se sont appuyés sur les données de 58 barrages marocains, dont les retenues couvrent au total près de 433 kilomètres carrés. Ces plans d’eau perdent chaque année près de 909,46 millions de mètres cubes d’eau par évaporation, selon les calculs des chercheurs. Cette perte atteint son niveau le plus élevé en été, notamment en juillet, avec environ 108,76 millions de mètres cubes évaporés en un seul mois. Dans un pays confronté à des épisodes de sécheresse récurrents, ces volumes donnent une idée claire de l’enjeu.
La technologie étudiée repose sur l’installation de panneaux photovoltaïques sur des plateformes flottantes posées à la surface des retenues d’eau. Cette solution permet de produire de l’électricité sans mobiliser de terrains agricoles, urbains ou industriels. Elle présente aussi un intérêt hydrique, car les panneaux limitent l’exposition directe de l’eau au soleil et contribuent ainsi à réduire l’évaporation. Pour le Maroc, cette approche peut donc répondre à deux priorités en même temps, la transition énergétique et la préservation des ressources en eau.
L’étude montre que certains barrages concentrent une part importante des pertes par évaporation. Le barrage Al Wahda arrive en tête, avec environ 183,88 millions de mètres cubes d’eau perdus chaque année. Il est suivi par Al Massira, avec 131,35 millions de mètres cubes, puis Oued El Makhazine, avec 76,86 millions de mètres cubes. Le barrage Idriss Ier enregistre environ 59,33 millions de mètres cubes, tandis que Sidi Mohammed Ben Abdellah atteint 47,10 millions de mètres cubes. Ces différences s’expliquent par la surface des retenues, les conditions climatiques locales, l’exposition au soleil, la profondeur de l’eau et les caractéristiques propres à chaque barrage.
Cette projection ne signifie pas, selon l’analyse, que tous les barrages doivent être largement couverts par des panneaux, mais elle montre surtout l’importance du potentiel solaire disponible sur les retenues d’eau marocaines. Dans la pratique, chaque site devrait faire l’objet d’une étude détaillée, car les usages des barrages sont multiples. Ils servent à l’eau potable, à l’irrigation, à la production hydroélectrique, à la régulation des crues et à plusieurs activités économiques locales. Le choix des sites, des surfaces à couvrir et des technologies à utiliser devra donc tenir compte des réalités hydrologiques, environnementales et économiques de chaque barrage.
Les chercheurs se sont aussi penchés sur l’angle d’inclinaison des panneaux, estimant qu’une inclinaison d’environ 31 degrés permettrait d’obtenir le meilleur rendement énergétique. Toutefois, des inclinaisons plus faibles, autour de 11 degrés, restent intéressantes dans plusieurs cas. Elles peuvent améliorer la stabilité des plateformes flottantes, réduire les contraintes techniques, limiter les coûts et contribuer davantage à la réduction de l’évaporation, affirment-ils. La proximité de l’eau peut également améliorer le rendement des panneaux grâce à un effet de refroidissement, alors que les panneaux installés au sol sont souvent pénalisés par les fortes températures.
Le Maroc dispose déjà de premières expériences dans ce domaine, dont une installation solaire flottante à Sidi Slimane, d’une capacité de 360 kW, et un projet de 13 MW sur le barrage Oued Rmel, près de Tanger, cités par l’étude. Ce dernier doit contribuer à couvrir une partie des besoins énergétiques du complexe portuaire Tanger Med, avec une contribution estimée à 14%.
L’intérêt de cette solution s’inscrit dans la stratégie énergétique nationale, qui vise à porter la part des énergies renouvelables à 52% de la capacité électrique installée à l’horizon 2030. Selon les chercheurs, le solaire flottant pourrait compléter les grands projets solaires et éoliens déjà lancés au Maroc, tout en apportant une réponse supplémentaire au défi de l’évaporation des eaux de barrage.
Les auteurs de l’étude rappellent toutefois que le développement de ces installations doit rester encadré par des analyses précises. La variation du niveau des retenues, la résistance des plateformes, les effets possibles sur la qualité de l’eau, la biodiversité, les usages agricoles et la connexion au réseau électrique sont autant de paramètres à prendre en compte. Le potentiel est réel, mais sa mise en œuvre exige une planification rigoureuse, concluent-ils.
Pour mesurer ce potentiel, les auteurs de l’étude se sont appuyés sur les données de 58 barrages marocains, dont les retenues couvrent au total près de 433 kilomètres carrés. Ces plans d’eau perdent chaque année près de 909,46 millions de mètres cubes d’eau par évaporation, selon les calculs des chercheurs. Cette perte atteint son niveau le plus élevé en été, notamment en juillet, avec environ 108,76 millions de mètres cubes évaporés en un seul mois. Dans un pays confronté à des épisodes de sécheresse récurrents, ces volumes donnent une idée claire de l’enjeu.
La technologie étudiée repose sur l’installation de panneaux photovoltaïques sur des plateformes flottantes posées à la surface des retenues d’eau. Cette solution permet de produire de l’électricité sans mobiliser de terrains agricoles, urbains ou industriels. Elle présente aussi un intérêt hydrique, car les panneaux limitent l’exposition directe de l’eau au soleil et contribuent ainsi à réduire l’évaporation. Pour le Maroc, cette approche peut donc répondre à deux priorités en même temps, la transition énergétique et la préservation des ressources en eau.
L’étude montre que certains barrages concentrent une part importante des pertes par évaporation. Le barrage Al Wahda arrive en tête, avec environ 183,88 millions de mètres cubes d’eau perdus chaque année. Il est suivi par Al Massira, avec 131,35 millions de mètres cubes, puis Oued El Makhazine, avec 76,86 millions de mètres cubes. Le barrage Idriss Ier enregistre environ 59,33 millions de mètres cubes, tandis que Sidi Mohammed Ben Abdellah atteint 47,10 millions de mètres cubes. Ces différences s’expliquent par la surface des retenues, les conditions climatiques locales, l’exposition au soleil, la profondeur de l’eau et les caractéristiques propres à chaque barrage.
Moins d’eau perdue, plus d’électricité produite !
Le potentiel énergétique est lui aussi important. Le Maroc bénéficie d’un ensoleillement moyen estimé à près de 3.000 heures par an, avec une irradiation solaire quotidienne moyenne d’environ 5,80 kWh/m². Selon les chercheurs, couvrir seulement 1% de la surface totale des barrages étudiés avec des panneaux solaires flottants permettrait déjà de produire une quantité d’électricité notable, avec un retour sur investissement rapide. L’étude estime aussi qu’une couverture beaucoup plus large, d’environ 40% des surfaces étudiées, pourrait théoriquement produire l’équivalent de la demande électrique nationale, évaluée à 42,38 TWh en 2023.Cette projection ne signifie pas, selon l’analyse, que tous les barrages doivent être largement couverts par des panneaux, mais elle montre surtout l’importance du potentiel solaire disponible sur les retenues d’eau marocaines. Dans la pratique, chaque site devrait faire l’objet d’une étude détaillée, car les usages des barrages sont multiples. Ils servent à l’eau potable, à l’irrigation, à la production hydroélectrique, à la régulation des crues et à plusieurs activités économiques locales. Le choix des sites, des surfaces à couvrir et des technologies à utiliser devra donc tenir compte des réalités hydrologiques, environnementales et économiques de chaque barrage.
Les chercheurs se sont aussi penchés sur l’angle d’inclinaison des panneaux, estimant qu’une inclinaison d’environ 31 degrés permettrait d’obtenir le meilleur rendement énergétique. Toutefois, des inclinaisons plus faibles, autour de 11 degrés, restent intéressantes dans plusieurs cas. Elles peuvent améliorer la stabilité des plateformes flottantes, réduire les contraintes techniques, limiter les coûts et contribuer davantage à la réduction de l’évaporation, affirment-ils. La proximité de l’eau peut également améliorer le rendement des panneaux grâce à un effet de refroidissement, alors que les panneaux installés au sol sont souvent pénalisés par les fortes températures.
Le Maroc dispose déjà de premières expériences dans ce domaine, dont une installation solaire flottante à Sidi Slimane, d’une capacité de 360 kW, et un projet de 13 MW sur le barrage Oued Rmel, près de Tanger, cités par l’étude. Ce dernier doit contribuer à couvrir une partie des besoins énergétiques du complexe portuaire Tanger Med, avec une contribution estimée à 14%.
L’intérêt de cette solution s’inscrit dans la stratégie énergétique nationale, qui vise à porter la part des énergies renouvelables à 52% de la capacité électrique installée à l’horizon 2030. Selon les chercheurs, le solaire flottant pourrait compléter les grands projets solaires et éoliens déjà lancés au Maroc, tout en apportant une réponse supplémentaire au défi de l’évaporation des eaux de barrage.
Les auteurs de l’étude rappellent toutefois que le développement de ces installations doit rester encadré par des analyses précises. La variation du niveau des retenues, la résistance des plateformes, les effets possibles sur la qualité de l’eau, la biodiversité, les usages agricoles et la connexion au réseau électrique sont autant de paramètres à prendre en compte. Le potentiel est réel, mais sa mise en œuvre exige une planification rigoureuse, concluent-ils.
