Économie

Transformation digitale : la Banque mondiale sur le point d’approuver les 250 millions de dollars au Maroc

Le Maroc est sur le point de finaliser avec la Banque mondiale l’accord de prêt de 250 millions de dollars destiné à soutenir le Programme d’accélération numérique du pays. Ce financement majeur devrait être approuvé d’ici mai prochain. Un coup d’accélérateur décisif pour la stratégie «Digital Morocco 2030».

10 Mars 2026 À 11:22

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Le gouvernement accélère, avec la Banque mondiale, la finalisation de nouveaux financements en faveur de plusieurs projets. Parmi eux figure un prêt de 250 millions de dollars destiné au Programme d’accélération numérique du Maroc. Selon nos informations, l’accord de principe a été donné par l’institution de Bretton Woods. L’approbation finale devrait avoir lieu au plus tard en mai prochain.



Ce Programme – axé sur les résultats – s’inscrit dans la stratégie gouvernementale «Digital Morocco 2030». Il vise à accélérer la transformation numérique du Royaume autour de trois axes complémentaires. Le premier a pour objectif de renforcer la numérisation de l’administration et des entreprises via les fondations de l’e-gouvernement, l’extension des plateformes et services numériques et l’appui à l’écosystème (startups/très petites et moyennes entreprises, offshoring, talents).

Le deuxième axe ambitionne d’accroître la contribution de l’économie numérique à la croissance et à l’emploi. Quant au troisième volet, il vise à consolider le leadership et les capacités du ministère de la Transition numérique pour une mise en œuvre efficace de la stratégie nationale «Digital Morocco 2030».

Le Programme sera mis en œuvre sur cinq ans, sous la coordination du ministère de tutelle, en collaboration notamment avec l’Agence de développement du digital (ADD) et le ministère de l’Économie et des finances (l’emprunteur). Dans l’ensemble, la mise en œuvre du Programme devrait générer des impacts positifs significatifs sur l’accès aux services publics, le développement économique et la confiance des usagers. Il permettra notamment de simplifier et de regrouper des e-services sur un portail unique. Cette digitalisation aidera à réduire les coûts de temps et de déplacement, particulièrement bénéfique pour les femmes, les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite et les habitants des zones rurales et éloignées.

Le Programme a également pour objectif d’améliorer la qualité, la rapidité et la transparence des interactions État-usagers, avec un suivi de la satisfaction des citoyens et des entreprises.

Côté compétences et compétitivité, le Programme permettra le développement des talents numériques, y compris en intelligence artificielle (IA), soutenant l’employabilité des jeunes diplômés ainsi que la reconversion et l’upskilling (montée en compétences) des travailleurs. Selon le diagnostic de la Banque mondiale, le marché du travail souffre d’une inadéquation critique des compétences. Le taux de chômage des diplômés atteint 19,6% et environ 70% des recruteurs en informatique peinent à trouver des talents numériques expérimentés. Le Maroc forme environ 13.000 professionnels du numérique par an, mais 70% cherchent des opportunités à l’étranger, créant une fuite des cerveaux préoccupante. Concernant le tissu productif, le Programme offrira un appui aux très petites et moyennes entreprises (TPME) pour leur transition digitale, favorisant la formalisation, la productivité, la résilience et l’accès à de nouveaux marchés. Les TPME marocaines, qui représentent 99% des entreprises et 72% des emplois formels, restent largement non numérisées, limitant leur productivité. Seul 1% des entreprises sont qualifiées d’entreprises à forte croissance.

Lancée en septembre 2024, la stratégie «Digital Morocco 2030» ambitionne de relever ces différents défis et de positionner le Maroc comme un hub technologique africain majeur. Elle vise à créer 240.000 emplois directs et à ajouter 100 milliards de DH au PIB d’ici 2030. Le secteur digital marocain contribue actuellement à 4,5% du PIB, soit environ 7 milliards de dollars, mais son potentiel reste sous-exploité comparé à d’autres pays émergents et en développement.
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