22 Juin 2026 À 15:30
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Le Maroc poursuit sa transition énergétique, mais son rang mondial rappelle que l’ambition affichée ne suffit pas encore à placer le Royaume parmi les pays les mieux préparés. Dans le rapport « Energy Transition Index 2026 », publié en juin par le Forum économique mondial, le Maroc se classe 72e sur 120 pays, avec un score global de 54,5 sur 100. Un résultat qui le situe en dessous de la moyenne mondiale de l’indice, établie à 57,3.
Pour bien lire ce classement, il faut rappeler que l’indice ne mesure pas seulement les projets solaires, éoliens ou les objectifs annoncés par les États. Il évalue la performance globale des systèmes énergétiques et leur capacité à réussir une transition durable. Autrement dit, produire davantage d’énergie propre ne suffit pas. Encore faut-il disposer de réseaux solides, d’un cadre réglementaire stable, de financements suffisants, d’une sécurité d’approvisionnement et de compétences capables d’accompagner cette transformation.
L’indice repose sur 44 indicateurs et combine deux grands volets. Le premier concerne la performance actuelle du système énergétique, qui compte pour 60 % de la note. Il mesure l’équité, c’est-à-dire l’accès à l’énergie et son coût, la sécurité d’approvisionnement et la durabilité environnementale. Le second volet, qui pèse 40 %, porte sur la préparation à la transition. Il évalue les conditions qui permettent à un pays d’avancer sur le long terme : réglementation, engagement politique, infrastructures, financement, innovation, formation et capital humain.
Sur la performance actuelle de son système énergétique, le Maroc obtient 58,4. Mais sur la préparation à la transition, son score tombe à 48,6. Cet écart constitue l’un des principaux enseignements du classement. Il montre que le Royaume dispose d’acquis, mais que les bases nécessaires pour accélérer durablement sa transition restent encore à consolider.
La comparaison africaine nuance également l’idée d’une avance marocaine nette. Le Royaume n’arrive qu’au 5e rang continental parmi les pays couverts par l’indice, derrière la Namibie, la Tunisie, le Gabon et l’Afrique du Sud. Derrière le Maroc, on retrouve notamment Maurice, 73e, le Cameroun, 78e, le Nigeria, 80e, l’Égypte, 84e, le Ghana, 85e, le Kenya, 87e, puis l’Algérie, 94e.
Dans le monde arabe, le Maroc se situe aussi dans une position intermédiaire. Les Émirats arabes unis arrivent en tête des pays arabes couverts par l’indice, à la 49e place mondiale, suivis de l’Arabie saoudite, 55e, du Qatar, 58e et de la Jordanie, 67e.
À l’échelle mondiale, l’écart avec les pays les mieux classés reste important. La Suède arrive en tête du classement pour la troisième année consécutive, devant la Finlande et le Danemark. L’Allemagne se classe 9e, la France 10e, la Chine 14e, le Brésil 17e et les États-Unis 19e.
Le rapport montre toutefois que ce coup de frein ne se limite pas au Maroc : en 2026, la transition énergétique ralentit à l’échelle mondiale. Le score moyen global ne progresse que de 0,03 %. Plus préoccupant encore, la préparation à la transition recule pour la première fois depuis plus d’une décennie. Le Forum économique mondial explique cette situation par les tensions géopolitiques, les difficultés de financement, les retards d’infrastructures, les incertitudes réglementaires et la pression croissante sur les réseaux électriques.
L’enjeu donc des prochaines années sera moins l’affichage des ambitions que la consolidation des conditions d’exécution. Modernisation des réseaux, accélération des investissements, amélioration du cadre réglementaire, développement du stockage, formation des compétences et sécurisation de l’approvisionnement seront déterminants. C’est sur ces leviers que le Maroc pourra transformer son avance relative en véritable progression mondiale.