Moncef Ben Hayoun
20 Février 2026
À 11:01
Près de sept ans après son lancement, le Programme des
Cités des métiers et des compétences entre dans une phase d’évaluation. Colonne vertébrale de la Feuille de route pour la formation professionnelle, lancée en avril 2019, ce Programme stratégique fait, aujourd’hui, l’objet d’un audit de réalisation complet engagé par l’
Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT). Cet audit est destiné à évaluer sa gouvernance, sa gestion financière, la qualité de ses infrastructures, ses ressources humaines, les risques ainsi que l’impact de ses actions sur ses bénéficiaires.
Pour un investissement de 3,6 milliards de dirhams (hors foncier), ce Programme constitue une initiative stratégique majeure pour l’OFPPT. Son ambition est de créer une nouvelle génération d’établissements de
formation professionnelle, visant à améliorer l’
employabilité des jeunes, renforcer la
compétitivité des entreprises et favoriser la création de valeur au niveau territorial.
Douze CMC ont été programmées, à raison d’une par région, réparties sur l’ensemble du territoire national, avec l’ouverture progressive des premières structures dès la rentrée scolaire 2021 et le lancement de la dernière CMC au plus tard en septembre 2023. Ces centres de formation professionnelle multisectoriels et multifonctionnels sont intégrés dans les écosystèmes régionaux, abritant des filières à fort potentiel d’emploi.
L’audit porte ainsi sur la période allant du démarrage du Programme – soit la signature de la convention de financement – jusqu’au 31 décembre 2024. Il est structuré autour de trois missions distinctes.
La première concerne la constitution et la
gouvernance de la Société foncière et des sociétés de gestion des CMC. Il s’agit de vérifier que la constitution et le fonctionnement de ces entités sont conformes aux dispositions de la convention de financement et aux réglementations en vigueur, d’évaluer les processus décisionnels ainsi que le degré de transparence des opérations.
La deuxième mission porte sur la conception et la réalisation du Programme CMC. L’auditeur, qui sera sélectionné via appel d’offres, évaluera la cohérence du Programme, la disponibilité et la qualité des infrastructures, la conformité aux exigences de la convention de financement, les coûts liés à la conception et à la réalisation, ainsi que le respect du calendrier. Il procédera, également, à l’analyse et à l’arrêté de la situation financière afférente à la construction et à l’équipement de chaque CMC.
La troisième mission est consacrée aux engagements des parties prenantes. Elle consistera à évaluer le respect des engagements contractuels par les différentes parties impliquées : le gouvernement, le Fonds Hassan II pour le développement économique et social et l’OFPPT.
L’audit permettra, entre autres, d’analyser dans quelle mesure le Programme répond, à ce stade de déploiement, aux attentes des bénéficiaires, qu’il s’agisse des jeunes en formation, des entreprises ou des
collectivités territoriales. Il permettra également de mesurer le degré de respect des principes énoncés dans la convention, assurant ainsi la pertinence des actions entreprises.
L’audit vise enfin à identifier les points forts et les dysfonctionnements liés à la réalisation du Programme. Ces constats serviront de base pour apporter des améliorations à travers un plan d’action détaillé.