S.Ba.
05 Août 2026
À 13:10
Le projet de traitement et de
valorisation des déchets solides de
Casablanca entre dans une nouvelle phase. Le consortium formé par
Kanadevia Inova, Nareva et Itochu a officialisé la signature du contrat de concession avec la
Commune de Casablanca, ainsi que des contrats d'achat de l'électricité produite avec la
Société Régionale Multiservices (SRM) Casablanca-Settat et l'
Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE), indique le
Kanadevia Inova dans un communiqué. Cette étape marque le lancement concret de ce qui sera la première infrastructure intégrée de valorisation énergétique des déchets au Maroc.
À la suite de ces accords, les partenaires vont engager les premières étapes opérationnelles du projet, notamment la notification limitée de démarrage (
Limited Notice to Proceed) et les activités d'ingénierie, d'approvisionnement et de construction (EPC), précise le groupe.
D'une durée de concession de 33,5 ans, le projet assurera le traitement exclusif des déchets ménagers du Grand Casablanca, une agglomération de plus de 4,2 millions d'habitants. L'installation sera capable de traiter environ 1,5 million de tonnes de déchets par an, avec un objectif de valorisation de près de 80 %, réduisant ainsi de manière significative le recours à l'enfouissement.
L'usine disposera d'une capacité installée d'environ 126 MW d'
électricité de base, complétée par une centrale solaire photovoltaïque de 50 MWc et un système de récupération du
biogaz de décharge de 4 MW. Sa production annuelle est estimée à près d'un térawattheure (TWh), soit de quoi alimenter près d'un million d'habitants, tout en accompagnant la hausse de la demande nationale en électricité et la transition énergétique du Royaume.
Implantée à proximité de la
décharge de Médiouna, considérée comme l'un des plus importants sites émetteurs de méthane en Afrique, l'infrastructure ambitionne également de réduire fortement les émissions de
gaz à effet de serre en remplaçant l'enfouissement par la valorisation énergétique des déchets. Selon le communiqué, cette approche présente aussi des bénéfices en matière de santé publique, de préservation du foncier et de développement économique local. Le chantier mobilisera environ 1.240 travailleurs pendant trois ans et demi, auxquels s'ajouteront quelque 300 emplois liés aux infrastructures annexes, tandis que l'exploitation de l'installation générera près de 140 emplois qualifiés.
Sur le plan technologique, l'usine sera équipée de trois lignes de combustion de grande capacité, de systèmes avancés de contrôle des émissions et de traitement des fumées conformes aux normes européennes les plus strictes. L'installation est par ailleurs conçue pour pouvoir intégrer, à terme, des technologies de captage du carbone afin de renforcer encore son bilan environnemental.
Dans le cadre de ce projet, Nareva intervient en tant qu'investisseur principal et partenaire marocain, tandis qu'Itochu apporte son expertise industrielle. Kanadevia Inova assurera pour sa part l'ingénierie, l'approvisionnement, la construction, le soutien à l'exploitation, la maintenance de long terme ainsi qu'une partie du financement de l'installation.