Yousra Amrani
27 Juillet 2026
À 16:02
Les
viandes rouges importées ne peuvent être commercialisées au
Maroc qu'après avoir satisfait à un ensemble de
contrôles sanitaires stricts réalisés aux
postes d'inspection frontaliers. Dans sa réponse à une question écrite de la députée
Aziza Boujrida sur la sécurité des viandes importées, le ministre de l'Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts
Ahmed El Bouari insiste sur le fait qu'aucun produit alimentaire n'est autorisé à intégrer le marché national sans avoir démontré sa conformité aux
normes sanitaires en vigueur.
Cette mise au point intervient dans un contexte où la
sécurité sanitaire des
produits alimentaires demeure une préoccupation majeure des consommateurs, en particulier lorsqu'il s'agit de denrées importées. Le ministre rappelle ainsi que la loi n°28.07 relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires interdit la mise sur le marché, l'importation ou l'exportation de tout produit susceptible de présenter un risque pour la vie ou la santé humaine. Ce principe constitue le socle de l'ensemble du dispositif de contrôle déployé aux frontières.
Un contrôle renforcé dès l'entrée sur le territoire
Au-delà de ce cadre juridique, le ministre détaille les différentes étapes du dispositif mis en œuvre dès l'arrivée des cargaisons au Maroc. L'ensemble des viandes importées est ainsi soumis à une surveillance sanitaire assurée par les services de l'Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) au niveau des postes d'inspection frontaliers. La première étape consiste en une vérification minutieuse des documents accompagnant les marchandises. Les autorités s'assurent notamment de la validité des certificats sanitaires délivrés par les services vétérinaires compétents du pays exportateur, attestant que les produits répondent aux exigences sanitaires et de qualité. Les certificats de conformité au rite halal, délivrés par des organismes islamiques agréés par les autorités officielles du pays d'origine, font également l'objet d'un contrôle systématique.
Mais la vérification documentaire ne constitue qu'un premier niveau de contrôle. Une fois cette étape franchie, les services compétents procèdent à une inspection physique des cargaisons afin de vérifier leur conformité avec les documents présentés, tout en s'assurant que les conditions de transport et de conservation répondent aux exigences sanitaires en vigueur.
Inspection physique, chaîne du froid et analyses en laboratoire
À cette inspection s'ajoute une vigilance particulière accordée au respect de la chaîne du froid, considérée comme un élément déterminant pour préserver la qualité sanitaire des viandes importées. Le ministre précise ainsi que les services de contrôle veillent au maintien des températures réglementaires durant toutes les étapes du transport, afin d'éviter toute altération des produits avant leur mise sur le marché.
En complément de ces vérifications, les agents habilités peuvent procéder, lorsque les circonstances l'exigent, à des prélèvements d'échantillons. Ceux-ci sont soumis à des analyses en laboratoire destinées à détecter d'éventuels contaminants chimiques ou résidus de médicaments vétérinaires et à confirmer la conformité des viandes aux normes sanitaires marocaines. Ce contrôle scientifique vient ainsi renforcer les inspections documentaires et physiques déjà effectuées aux frontières.
Aucune cargaison n'est admise sans conformité sanitaire
L'ensemble de ces contrôles répond à un objectif clair : empêcher l'entrée sur le marché national de tout produit ne répondant pas aux exigences sanitaires. Le ministre souligne ainsi qu'aucune cargaison n'est autorisée à pénétrer sur le territoire national tant que toutes les procédures de contrôle n'ont pas été menées à leur terme et que sa conformité totale avec les dispositions réglementaires n'a pas été établie. Pour garantir l'efficacité de ce dispositif, l'ONSSA assure une surveillance permanente aux postes d'inspection frontaliers. Le ministre indique que ce système fonctionne sans interruption tout au long de la semaine, y compris durant les week-ends, les jours fériés et les périodes de fêtes, afin d'assurer la continuité des contrôles quelles que soient les périodes d'importation.
Neuf laboratoires mobilisés pour garantir la sécurité sanitaire
Au-delà des contrôles réalisés sur le terrain, le dispositif s'appuie également sur une capacité d'expertise scientifique. L'ONSSA dispose ainsi d'un réseau national composé de neuf laboratoires spécialisés, chargés de réaliser les analyses nécessaires pour vérifier que les viandes importées répondent aux normes de sécurité sanitaire et de qualité en vigueur au Maroc. Cette organisation permet d'associer contrôle documentaire, inspection physique et expertise scientifique dans une même chaîne de surveillance, offrant ainsi plusieurs niveaux de vérification avant toute autorisation de commercialisation.
Une vigilance permanente pour préserver la confiance des consommateurs
À travers cette réponse parlementaire, le ministre entend rassurer sur la robustesse du dispositif national de contrôle des viandes rouges importées. La succession des vérifications administratives, des inspections sur le terrain et des analyses en laboratoire traduit une approche fondée sur la prévention et l'anticipation des risques sanitaires. Au-delà du respect des procédures réglementaires, l'enjeu demeure la préservation de la confiance des consommateurs. Dans un contexte où les exigences en matière de sécurité alimentaire se renforcent, le gouvernement mise sur un contrôle continu et multidimensionnel afin de garantir que seules les viandes répondant pleinement aux normes sanitaires en vigueur puissent accéder au marché marocain.