Économie

Viandes rouges : les professionnels redoutent une nouvelle flambée des prix

Après l'Aïd Al-Adha, le marché des viandes rouges fait face à de nouvelles tensions. Les professionnels alertent sur une hausse attendue des prix dans les semaines à venir, sous l'effet conjugué de la baisse de l'offre de viande ovine et de la pression croissante sur la viande bovine.

23 Juin 2026 À 14:45

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Une nouvelle hausse des prix des viandes rouges pourrait se profiler au Maroc dans les prochaines semaines. Les professionnels du secteur mettent en garde contre une situation de plus en plus tendue, marquée par une offre limitée et une demande en hausse, notamment sur la viande bovine.

À Casablanca, les prix de vente en gros dans les abattoirs municipaux ont déjà connu une progression notable après l'Aïd Al-Adha. Dans une déclaration à Assahra Al Maghribia, Hicham El Jaouabri, secrétaire régional des commerçants de viandes rouges à Casablanca, le kilogramme de viande bovine se négocie actuellement entre 105 et 110 dirhams au niveau des abattoirs, contre environ 97 dirhams avant la fête.

Le professionnel explique cette situation par le recul de l'offre de viande ovine et les niveaux de prix élevés atteints par cette dernière. Cette configuration pousse une partie importante des consommateurs à se tourner vers la viande bovine, accentuant ainsi la pression sur ce segment du marché. Le prix du kilogramme de viande bovine en gros atteint désormais entre 130 et 140 dirhams, selon les professionnels.

Le marché pourrait toutefois connaître des tensions encore plus fortes dans les prochaines semaines. Les abattoirs municipaux de Casablanca reçoivent actuellement entre 300 et 360 têtes de bovins destinées à l'abattage. Or, les professionnels s'attendent à une hausse de la demande une fois épuisés les stocks de viande conservés par les ménages après l'Aïd Al-Adha, un facteur susceptible d'alimenter davantage la hausse des prix.

Face à cette situation, les acteurs du secteur appellent à des mesures urgentes pour desserrer l'étau sur le marché. Parmi les pistes avancées figure l'ouverture des importations de moutons, notamment en provenance d'Espagne, afin de renforcer l'offre disponible. Ils plaident également pour la réactivation de l'interdiction d'abattage des brebis, une mesure qu'ils jugent nécessaire pour reconstituer le cheptel national et rétablir, à terme, l'équilibre entre l'offre et la demande.

Pour les professionnels, le marché des viandes rouges traverse aujourd'hui une phase délicate qui exige une intervention coordonnée des différents acteurs. L'enjeu est double : préserver le pouvoir d'achat des ménages et assurer la stabilité de l'approvisionnement, dans un contexte où une nouvelle flambée des prix risque de peser davantage sur le budget des familles marocaines.
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