Chômage des diplômés : l’université ne peut porter seule la responsabilité, selon El Midaoui
Le chômage des diplômés, le rôle de l’université et la question linguistique à l’entrée dans l’enseignement supérieur ont été abordés ce lundi 26 janvier à la Chambre des représentants. Interpellé sur ces sujets, le ministre de l’Enseignement supérieur, Azzedine El Midaoui, a indiqué que l’université ne pouvait être tenue pour seule responsable de l’emploi, rappelant que l’insertion des diplômés reste étroitement liée aux niveaux de croissance économique.
Saloua Islah
27 Janvier 2026
À 12:00
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Intervenant lors de la séance des questions orales tenue ce lundi à la Chambre des représentants, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzedine El Midaoui, s’est exprimé sur la question du chômage des diplômés. «L’université ne peut pas, à elle seule, être tenue responsable du chômage», a-t-il déclaré, rappelant que l’emploi reste directement lié « aux niveaux de croissance économique et aux besoins réels de l’économie nationale ».
Répondant à une question parlementaire sur l’insertion professionnelle des lauréats, le ministre a insisté sur le fait que cette problématique dépasse le seul périmètre académique. « Même une formation de qualité ne peut produire ses effets si l’économie ne crée pas suffisamment d’opportunités d’emploi », a-t-il souligné, estimant que « faire porter à l’université la responsabilité exclusive du chômage revient à ignorer les contraintes économiques existantes ».
Selon Azzedine El Midaoui, « maintenir un étudiant dans un même territoire, du primaire à l’université, a un impact négatif sur sa construction personnelle » et peut réduire sa capacité d’intégration dans le marché du travail. La politique présentée repose ainsi sur « l’encouragement de la mobilité entre les régions », afin de favoriser « un brassage cognitif, social et culturel plus large ».
Douze ans d’enseignement en arabe et en français, puis le choc de l’anglais à l’université !
Sur le volet linguistique, le ministre a rappelé que « la maîtrise des langues constitue un choix stratégique » pour l’enseignement supérieur, soulignant que « l’anglais est aujourd’hui la langue incontournable de la science et de la recherche ». Il a précisé que l’enseignement des langues étrangères est intégré progressivement tout au long du parcours scolaire, de la sixième année du primaire jusqu’au baccalauréat, parallèlement à l’apprentissage du français dès les premières années.
Concernant les lacunes linguistiques observées chez certains étudiants, le ministre a déclaré : « Il n’est ni logique ni équitable de demander à l’université de corriger, en un temps très court, des déficits accumulés tout au long du parcours scolaire ». Il s’est interrogé : « Comment un élève ayant étudié l’arabe et le français pendant 12 ans, à raison d’environ 2.000 heures, peut-il arriver à l’université avec un niveau insuffisant et exiger que l’université règle seule ce problème ? »
En conclusion, le ministre a rappelé que « la réforme du système est un chantier collectif ». « L’université ne peut agir seule », a-t-il insisté, appelant les collectivités territoriales, les conseils élus et les acteurs économiques à s’impliquer davantage dans le financement, l’accueil et l’accompagnement des étudiants, afin de favoriser l’insertion professionnelle et de soutenir le développement des régions.