Une nouvelle carte universitaire se redessine autour des territoires (El Midaoui)
Meilleure répartition de l’offre de formation, nouvelles institutions adaptées aux réalités régionales, transformation des facultés pluridisciplinaires… Devant la Chambre des conseillers, le ministre Azzedine El Midaoui a annoncé les contours d’une nouvelle carte universitaire pensée pour rapprocher l’enseignement supérieur des territoires et accompagner leurs dynamiques économiques.
S.Ba.
29 Avril 2026
À 12:07
Le gouvernement prépare une nouvelle étape pour l’université marocaine. Intervenant lors de la séance des questions orales à la Chambre des conseillers, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzedine El Midaoui, a mis en avant ce mardi un projet de refonte globale de la carte universitaire nationale, avec un mot d’ordre : rapprocher l’offre de formation des citoyens tout en l’alignant sur les besoins économiques des régions.
Le ministre a confirmé que le chantier est désormais bien avancé. Le projet de schéma directeur et de nouvelle carte universitaire a été transmis au Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique pour avis, avant son déploiement prochain. Selon lui, il ne s’agit pas seulement d’ouvrir de nouveaux établissements, mais de revoir l’architecture même du système universitaire marocain. « Nous ne pouvons plus créer des institutions de manière spontanée ou ponctuelle », a-t-il expliqué en substance, plaidant pour une planification fondée sur les besoins réels des territoires et les priorités nationales.
Parmi les annonces marquantes, le ministre a indiqué que le nombre de nouvelles structures universitaires pourrait atteindre 50 établissements, contre 33 initialement envisagés. Une première vague de 22 créations devrait être soumise prochainement au Conseil de gouvernement, avant une seconde phase plus large. L’objectif affiché est double : corriger les déséquilibres territoriaux et accompagner les transformations économiques du Royaume. Le ministre a insisté sur la nécessité de mieux répartir l’offre universitaire, notamment dans les provinces éloignées ou sous-dotées.
Autre signal fort : la remise en question du modèle classique des facultés pluridisciplinaires. Azzedine El Midaoui a laissé entendre qu’une restructuration de ces établissements est engagée, avec la création d’institutions « de nouvelle génération », davantage spécialisées et pensées en lien direct avec les bassins d’emploi.
Cette évolution traduit une volonté de sortir d’une logique quantitative pour aller vers une université plus agile, plus professionnalisante et plus connectée aux besoins des filières émergentes.
L’université au service des territoires
Répondant à une question sur la province de Taza, le ministre a rappelé que chaque région devra disposer d’une offre cohérente tenant compte de son tissu économique, social et industriel. Ports, zones industrielles, grands chantiers logistiques ou hubs régionaux devront désormais peser dans les choix d’implantation universitaire. Le message est clair : les futurs établissements devront préparer les compétences dont le Maroc aura besoin demain, et non reproduire les schémas d’hier.
Dans un contexte de pression démographique étudiante, de saturation de certains campus et d’exigence croissante d’employabilité, cette réforme pourrait marquer un tournant majeur pour l’enseignement supérieur marocain.
Au-delà du nombre de campus à ouvrir, c’est une nouvelle philosophie qui semble se dessiner : faire de l’université un levier de justice territoriale, de mobilité sociale et de compétitivité économique. Un chantier ambitieux, dont les premières concrétisations sont désormais attendues dans les prochaines semaines.