Société

Accréditations, compétences, modèle pédagogique... les business schools se réinventent

Être accréditée, c’est important pour une business school qui cherche à se différencier et à gagner la confiance des parents et des étudiants, mais ce n’est pas suffisant. L’enjeu aujourd’hui pour ces établissements est de créer les conditions nécessaires pour permettre aux étudiants de développer les soft skills les plus prisées par les recruteurs. Ceci va permettre aux jeunes non seulement d’intégrer le marché de l’emploi, mais aussi et surtout d’évoluer dans leur carrière tout en contribuant activement au développement de leur entreprise.

01 Juin 2023 À 19:25

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«Qualité, accréditations et classements des business schools au Maroc : Comment s’y retrouver ?». C’est le thème retenu pour la Matinale co-organisée par Groupe Le Matin et Rabat Business School-UIR, le 31 mai à Casablanca. L’événement a été l’occasion pour les experts de l’enseignement supérieur et les professionnels RH d’échanger sur plusieurs sujets, notamment l’importance des accréditations pour les business schools, les nouveaux enjeux de ces établissements dans un environnement constamment changeant, mais aussi et surtout les nouvelles exigences des entreprises dans le recrutement des lauréats.r>Olivier Aptel, doyen et DG de Rabat Business School, a attiré l’attention sur le fait que les business schools ont été radicalement transformées ces dernières années. «Aujourd’hui, les business schools doivent non seulement répondre aux besoins des entreprises qui sont leurs clients finaux, mais aussi et surtout respecter leurs engagements de façon responsable et éthique tout en mesurant leur impact sur la société». Pour lui, les établissements doivent également s’inscrire dans un contexte international en ayant des partenaires partout dans le monde et en favorisant la mobilité des étudiants. Les business schools doivent ainsi être internationales, scientifiques et avoir un impact sur la société. Le responsable a tenu à noter que ce changement est dû, entre autres, à l’effet de la mondialisation qui a donné lieu à des standards internationaux de plus en plus imposés aux business schools formant une sorte de normalisation.

À cet égard, force est de reconnaître que l’accréditation s’est aussi imposée comme facteur de choix d’une business schools pour bon nombre de parents et d’étudiants. Sur ce volet, Jamal Belahrach, CEO chez Deo Conseil International, conférencier et membre du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de recherche scientifique, a confirmé que les business schools sont en quête d’accréditation pour se différencier. «Une business school est avant tout une entreprise en compétition avec d’autres concurrents et l’accréditation, entre autres, lui permet de se différencier», a-t-il expliqué. Et de souligner que les accréditations mesurent notamment le nombre de professeurs, de doctorants et de brevets déposés par la bussiness school, ce qui permet justement de rassurer les parents. Pour Jamal Belahrach, c’est important que les écoles marocaines soient entrées dans cette course. «Ceci permettra d’attirer les étudiants africains et d’éviter que les jeunes Marocains partent étudier à l’étranger puisqu’ils sont psychologiquement convaincus que les études dans d’autres pays sont plus performantes», a-t-il noté.

L’expert a tenu à souligner, en revanche, que le fait d’être accrédité n’est pas un gage de qualité et que l’expérience réelle vécue par les étudiants et les employeurs est plus déterminante. Ceci dit, a précisé l’expert, l’enjeu pour les établissements marocains aujourd’hui est de créer les conditions nécessaires pour que les jeunes libèrent leurs potentiels pendant le processus éducatif.

r>********* r>Bouchra Nhaili : «Privilégier les compétences techniques et les soft skills plutôt que les classements des écoles»



«On parle rarement des classements des business schools. Les professionnels RH ne s’intéressent pas vraiment au score obtenu par chaque école. Ce qui les intéresse plutôt, ce sont les compétences techniques et les soft skills des profils qui seront disponibles sur le marché du travail. Les professionnels vérifient plutôt si ces profils seront dotés d’un savoir, un savoir-faire et surtout un savoir-être. C’est trop prétentieux de dire qu’un jeune diplômé d’une Business school sera opérationnel dès le premier jour. Il aura besoin de suivre, expérimenter et grandir au sein de l’entreprise d’où l’intérêt des trois savoirs auxquels j’ajouterai la quatrième compétence qui est le savoir-évoluer.»

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Jamal Belahrach : «Les business schools doivent réinventer leurs modèles pédagogiques»

«Le savoir aujourd’hui n’est plus entre les mains de l’enseignant puisque la technologie est en train de le submerger. La question est de savoir comment utiliser ce savoir. À titre d’exemple, si on ne sait pas comment utiliser le ChatGPT, ce dernier pourrait nous raconter des histoires. Ceci dit, les profils à recruter doivent avoir ce que l’on appelle la pensée critique. Il s’agit d’une compétence qui permet justement d’analyser tout ce que l’on reçoit au quotidien comme informations. Sur ce volet, force est de se pencher sur la dimension culturelle au Maroc pour vérifier si la pensée critique était d’abord autorisée dans le système éducatif de nos jours. Les universités, les écoles privées et les business schools doivent réinventer leurs modèles pédagogiques.»

>>Lire aussi: Rabat Business School, première université africaine à intégrer le top 100 des business schools dans le monde

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