07 Mars 2023 À 15:35
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Le Matin : Vous êtes la première Marocaine et Africaine à décrocher la Médaille de l'étudiante de grand privilège de la Faculté de pharmacie de Grenade, que représente cela pour vous ?r>Jinane Zouaki : Cette Médaille me procure une joie énorme. Je suis honorée que l’Université où j’ai été étudiante, passé ma thèse et où j’ai travaillé comme professeure-assistante reconnaisse tous les efforts fournis de ma part dans mon parcours estudiantin et professionnel à la fois, surtout durant la période de la pandémie où j’étais parmi les femmes militantes en blouse blanche sur le front face à un ennemi invisible.r>Il faut savoir que j’avais acquis la plateforme PCR au sein de mon laboratoire privé depuis fin 2017. Puisque je suis spécialiste en PMA, elle me permettait de détecter certains germes responsables de problèmes de fertilité. Le recul et l’expertise que j’avais acquis en travaillant avec cette plateforme 2 ans et demi avant la pandémie de la Covid, m’ont encouragée à me porter volontaire comme experte pour servir ma région et mon pays en travaillant bénévolement dans l’hôpital civil Saniat Rmel de Tétouan. Cet hôpital a d’ailleurs été classé deuxième au niveau national après l’Institut national de l’hygiène (INH) au niveau des tests passés.
Pourquoi cet intérêt pour la génétique de la reproduction ?r>Le choix de cette spécialité émane d’une volonté d’apporter des solutions aux couples en détectant certaines maladies héréditaires au stade embryonnaire. Il faut savoir que la génétique est la science du futur. Nous constatons qu’il y a de plus en plus de maladies héréditaires ! D’ailleurs, beaucoup de cancers ont un lien avec la génétique. C’est pourquoi on étudie de façon minutieuse la génétique du spermatozoïde et celle de l’ovocyte ainsi que de l’embryon… Cela peut nous aider à éviter certaines maladies, détecter les causes de certaines fausses couches et dépasser des échecs en fertilité.
Quels sont les virus pouvant causer l'infertilité des femmes ? Peut-on les éviter ?r>Les germes est le mot le plus approprié pour moi. Ils comprennent des bactéries intracellulaires et des virus. Parmi les bactéries intracellulaires ayant un impact énorme sur la fertilité, il y a la chlamydia et les mycoplasmes, à partir d’une certaine concentration. Si la chlamydia est traitée à temps, ses dégâts ne sont pas aussi graves pour la femme, mais si ce germe n’est pas diagnostiqué à temps, il peut avoir un grand impact sur la fertilité de la femme. Elle peut causer des adhérences qui nécessiteront à ce moment-là un traitement chirurgical. Il y a aussi le germe papillomavirus qui est impliqué dans le cancer du col de l’utérus.r>Mais c’est la chlamydia qui arrive en tête des problèmes qui peuvent causer une infertilité.r>Il faut aussi souligner que la chlamydia, les gonocoques et les mycoplasmes sont des infections sexuellement transmissibles. Le virus qui inquiète le plus les gens est celui du VIH, mais ils oublient les MST (maladies sexuellement transmissibles) et les IST (infections sexuellement transmissibles). Ils doivent faire continuellement des bilans sanguins pour les dépister assez tôt et éviter les conséquences qu’ils peuvent avoir sur leur santé.
Parlez-nous un peu plus des avantages des tests PCR pour la détection de ces germes ?r>La chlamydia peut être détectée à travers la sérologie. Par contre, les résultats tardent à positiver dans le test sanguin. Entre-temps, les dégâts qu’elle peut causer sont énormes, mais grâce à la PCR, qui est une technique hautement spécifique et hautement sensible, le diagnostic est précoce et le traitement pourra aussi être prescrit rapidement.
Comment ces tests peuvent-ils jouer un rôle pour lutter contre l’infertilité des couples ?r>Puisque les résultats peuvent être disponibles en 3 h seulement au lieu de deux semaines, ils permettront au médecin traitant d’avoir une grande marge de manœuvre quant au traitement approprié. Et plus le traitement est prescrit tôt, moins on court le risque d’infertilité.
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