05 Mai 2023 À 18:15
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Après une suspension obligée de trois ans à cause de la pandémie de la Covid-19, le SIAM a repris ses droits en cette année avec une 15e édition en nette progression, aussi bien sur le plan de l'organisation que sur le plan de la vocation de cette grande manifestation internationale de l'agriculture. C'est ce qu'a déclaré le ministre de l'Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Mohamed Sadiki, qui a précisé que l'édition de cette année a accueilli 70 pays et 1.400 exposants. Au niveau national, poursuit le ministre, ce sont les produits du terroir promus par près de mille coopératives qui ont marqué le paysage cette année, ce qui démontre la grande dynamique dans ce domaine, en dépit du contexte difficile de ces dernières années.
Placée sous le thème «Génération Green, pour une souveraineté alimentaire durable», cette édition 2023 du SIAM a été marquée par des temps forts, tels que la conférence de haut niveau autour du thème de cette année, la conférence de l'Initiative pour l'adaptation de l'agriculture africaine au changement climatique (Initiative AAA) ou encore la signature de 19 contrats-programmes de nouvelle génération pour le développement et la modernisation des filières de production agricole pour un montant total de 110,698 milliards de dirhams, sur une durée de 10 ans, a souligné M. Sadiki lors d’une conférence de presse pour faire le point sur le bilan de cette édition du SIAM.
Par ailleurs, M. Sadiki a relevé que le secteur agricole au Maroc pâtit aujourd'hui des effets de l'inflation, bien qu'il ait été épargné au début de la vague inflationniste induite par la hausse des prix de l'énergie. En ce qui concerne la hausse des prix des intrants agricoles, notamment les engrais, M. Sadiki a indiqué que les filières végétales dépendaient fortement de l'utilisation d'engrais azotés importés en totalité, en plus des engrais phosphatés et potassiques. «Les prix des engrais azotés ont été multipliés par 3, 4 voire 5, et ce sont précisément ces engrais qui déterminent le niveau de la production finale», a fait remarquer le ministre, ajoutant que «l'augmentation des coûts de production chez les agriculteurs a entraîné une augmentation de leurs prix de vente».
Les nouveaux contrats-programmes qui ont été signés tiennent compte de cet aspect afin de trouver un équilibre entre la politique agricole et la politique alimentaire, a déclaré M. Sadiki, expliquant que l'objectif de la première est d'approvisionner les marchés en produits de toutes sortes et de qualité, puis vient la question des prix que la politique alimentaire se charge de réguler par le biais de plusieurs mécanismes, comme les subventions destinées à certains produits. «On ne peut pas parler de durabilité si l'agriculteur ou le producteur ne fait pas de bénéfices pour rester en activité», a indiqué M. Sadiki, qui a fait savoir que certaines des actions prévues portent sur les intrants agricoles, tels que les semences ou les engrais, et sur la possibilité de les subventionner afin de réduire les coûts de production. Une autre voie possible consisterait à sécuriser la production de certains produits indispensables au marché intérieur par le biais d'un système de compensation au profit de l'agriculteur, a annoncé également M. Sadiki.
Organisé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le SIAM, qui se poursuit jusqu'au 7 mai, se veut un rendez-vous incontournable pour débattre et échanger sur l'actualité du secteur agricole. Pour cette année, le Salon a comme invité d'honneur le Royaume-Uni, avec la participation de plusieurs autres pays des différents continents.
La stratégie «Génération Green» fait de la digitalisation le cheval de bataille pour réussir la modernisation du secteur agricole, a affirmé, vendredi à Meknès, le ministre de l'Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Mohamed Sadiki. S'exprimant lors de la conférence de presse organisée en marge de la 15e édition du Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM), M. Sadiki a mis en exergue l'importance de la technologie digitale dans la croissance du secteur agricole. Et de souligner le rôle des startups en tant que levier important pour la mise en place de cette stratégie. D'après le ministre, la mise en place d'un pôle dédié aux startups cette année a pour but d'encourager ces entreprises et de leur offrir un appui financier et technique. Il a assuré que son département s'emploie à l'implication et l'encouragement de ces startups, notamment à travers les Plans agricoles régionaux (PAR).
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