Saloua Islah
22 Février 2026
À 09:35
«La plupart des tâches de bureau seront entièrement automatisées par une IA d’ici 12 à 18 mois », affirme
Mustafa Suleyman, CEO de Microsoft AI, dans les colonnes du Financial Times. Pour le dirigeant, les modèles actuels ont atteint un niveau où ils « peuvent coder mieux que
la grande majorité des développeurs », preuve que la bascule est déjà engagée dans les entreprises.
Chez Microsoft, entre
20 % et 30 % du code est désormais généré par la machine. Cette progression s’appuie sur une puissance de calcul « multipliée par
mille milliards en quinze ans » et sur des investissements massifs destinés à construire des modèles internes et à atteindre « une véritable autosuffisance » technologique, malgré le partenariat prolongé avec
OpenAI jusqu’en 2032.
Développeurs, juristes, analystes et marketeurs en première ligne de la bascule vers l’IA
Les métiers les plus exposés sont ceux dont la valeur repose sur
la production numérique, explique le CEO de Microsoft AI. Le
développement logiciel, la recherche juridique, l’analyse financière, le conseil, le marketing de contenu ou
la gestion de projet voient déjà leurs tâches opérationnelles automatisées. Rédiger du code, synthétiser des documents, produire des rapports ou analyser des données devient une fonction assurée par les modèles.
Dans ce nouvel environnement, les professionnels ne disparaissent pas mais changent de rôle. Ils pilotent, valident et conçoivent des systèmes qui exécutent. Le cœur du travail se déplace vers l’
architecture, la stratégie et
la prise de décision.Mustafa Suleyman écarte l’idée d’une AGI qu’il juge « floue et peu utile » et parle d’« IA professionnelle », capable d’assurer l’essentiel des missions d’une organisation. Cette évolution doit mener à
une « superintelligence humaniste » destinée à rester « subordonnée aux humains » et à produire des gains concrets, notamment dans la santé.
La rapidité du calendrier pose toutefois la question sociale. Microsoft a déjà supprimé plusieurs
milliers de postes tout en intégrant massivement l’IA dans ses processus. Pour les
métiers de la connaissance, l’enjeu immédiat n’est plus l’arrivée de l’intelligence artificielle mais la vitesse à laquelle ils devront se réinventer face à une production intellectuelle largement automatisée.