Rochdi Mokhliss
23 Mars 2026
À 14:04
L'édition 2026 du
Spring School met en avant une approche orientée vers l’impact, en favorisant les échanges entre chercheurs, doctorants, experts métiers et acteurs industriels. Les discussions portent sur les applications concrètes de l’intelligence artificielle dans des domaines tels que la santé, l’agriculture de précision ou encore la logistique.
Elle prédit, elle automatise, elle impressionne… et elle peut, si on n'y prend garde, rendre ses utilisateurs moins compétents qu'avant. Imad Hajjaji, responsable de programmes au Policy Center for the New South, ne mâche pas ses mots : l'intelligence artificielle n'est ni le sauveur qu'on célèbre ni le monstre qu'on redoute. C'est un miroir. Elle amplifie la rigueur des uns, révèle la paresse des autres et pose à chaque entreprise, chaque État, une question qui n'a rien de technique : que faites-vous de votre intelligence humaine ? À l'heure où le Maroc engage sa souveraineté numérique sur l'horizon 2030, la question est d’une pertinence indéniable.
Le programme réunit des profils variés, incluant des universitaires, des médecins, des data scientists, des ingénieurs en machine learning et des professionnels du secteur technologique. Plusieurs experts internationaux interviennent dans ce cadre, notamment
Yann LeCun, présent depuis Paris, ainsi que
Michael Jordan,
Eric Xing,
Nikos Paragios,
David Barrett,
Elsa Angelini,
Latifa Oukhellou,
Benoit Bergeret,
Ahmed El-Bahri et
Amal Bourquia.
Des contributions sont également assurées par des institutions et entreprises telles que
Databricks,
Moody’s Corporation, Université Gustave Eiffel, Zen Networks Inc. ou NORMA, ainsi que par des chercheurs du Laboratoire pluridisciplinaire de recherche et d’innovation (LPRI-EMSI Casablanca).
L’événement est organisé par la chaire
OCP Data Science et Processus Industriel, portée par le professeur
Eric Mourine et
Thierry Mille de l’
École Polytechnique de Paris, en collaboration avec l’UM6P et le groupe EMSI dirigé par le professeur
Mohamed El Rhabi.
Au-delà du volet scientifique, cette rencontre met en lumière la nécessité de faire évoluer la recherche vers des applications concrètes et à grande échelle. Elle s’inscrit dans un contexte où le Maroc développe une stratégie nationale en matière d’intelligence artificielle et cherche à renforcer son positionnement en tant que hub dans plusieurs secteurs.
Selon Mohamed El Rhabi, directeur de l’EMSI, l’intelligence artificielle s’impose désormais comme un cadre structurant, nécessitant des espaces où se rencontrent science, pratique et responsabilité.