LE MATIN
08 Octobre 2026
À 09:54
Dans sa mise à jour mensuelle des prévisions climatiques saisonnières, publiée jeudi, l'
OMM estime qu'
El Niño poursuivra son intensification avant d'atteindre son pic en décembre et prévoit une probabilité proche de 100% que l'épisode se maintienne jusqu'en février 2027, avec un potentiel pour devenir l'un des plus intenses depuis au moins 1950.
"El Niño est fermement établi et se renforce rapidement", a déclaré la secrétaire générale de l'OMM,
Celeste Saulo, précisant que les prévisions reposent sur un consensus entre 13
centres météorologiques et climatiques nationaux et internationaux.
L'indice Niño 3.4, qui mesure les anomalies de température de surface dans la zone équatoriale centrale et orientale du
Pacifique, est passé de +1,6 °C par rapport à la normale en juin à +2,5 °C en août 2026. Pour octobre-décembre, l'anomalie moyenne est désormais attendue autour de +3,7 °C, avec un pic en décembre, ce qui dépasserait largement le précédent record de +2,6 °C enregistré entre novembre 2015 et janvier 2016.
L'OMM souligne qu'El Niño ne crée pas de chaleur supplémentaire, mais favorise la libération vers l'atmosphère d'une partie de la chaleur accumulée dans l'océan, dans un contexte où les
températures océaniques mondiales atteignent déjà des niveaux exceptionnels.
Le phénomène devrait favoriser des températures supérieures aux normales sur de vastes régions du globe au dernier trimestre de l'année, augmentant notamment la probabilité d'épisodes de chaleur extrême, tout en modifiant sensiblement la répartition des précipitations.
Des conditions plus humides que la normale sont notamment attendues dans le Pacifique équatorial central et oriental, dans la
Corne de l'Afrique, dans certaines parties de l'
Asie centrale et de l'
Asie orientale côtière, au nord de la
péninsule Arabique, dans des régions d'
Amérique du Nord situées au sud de 45 degrés de latitude nord et dans le sud-est de l'
Amérique du Sud.
À l'inverse, un signal de
sécheresse est attendu sur l'ouest du Pacifique et l'Atlantique équatorial, avec des conditions plus sèches également probables sur le sous-continent indien, le sud de l'
Amérique centrale, certaines parties des
Caraïbes et le nord-ouest de l'Amérique du Sud.
L'OMM précise que ces tendances saisonnières ne remplacent pas les prévisions météorologiques nationales et locales. D'autres facteurs océaniques devraient également contribuer aux conditions climatiques à venir, notamment un dipôle positif de l’
océan Indien, attendu à son maximum en octobre avant de reculer, tandis que les températures de surface de l'Atlantique équatorial devraient rester supérieures à la normale.
Face aux risques associés à l'épisode El Niño et à l'augmentation attendue des
chaleurs extrêmes, l'agence onusienne et ses États membres renforcent les dispositifs de surveillance, d'alerte et de préparation, en lien avec les services météorologiques et hydrologiques nationaux, les forums régionaux sur le climat, le système des Nations unies et les partenaires humanitaires.
Le phénomène et ses conséquences sur les températures extrêmes figurent également parmi les principaux thèmes du Global Heat Forum (Forum mondial sur la chaleur), qui se tient à
Bangkok du 6 au 9 octobre, avec la participation de quelque 600 experts.