AFP
03 Juillet 2026
À 10:15
Selon l'
Organisation météorologique mondiale (OMM), des conditions
El Niño sont apparues dans le
Pacifique tropical et "devraient se renforcer rapidement ces prochains mois, augmentant la probabilité de
vagues de chaleur, de
sécheresse, de fortes
pluies et d'autres phénomènes météorologiques extrêmes dans de nombreuses régions du monde".
Le bulletin saisonnier sur le
climat, publié chaque mois par l'OMM, fait état d'une évolution rapide vers un épisode
El Niño "de forte intensité" entre
juillet et
septembre, correspondant au niveau 3 sur une échelle de 4, indique cette agence de l'
ONU dans un communiqué.
Ce nouveau point de situation complète celui publié le 2 juin par l'OMM, qui annonçait l'imminence d'un épisode El Niño. Quelques jours plus tard, le 11 juin, l'
Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) confirmait que le phénomène avait débuté en mai, avec un pic attendu en fin d'année.
Ce phénomène climatique naturel se produit d'ordinaire tous les deux à sept ans et dure environ neuf à douze mois, selon l'OMM. Il réchauffe les températures de l'eau dans le centre et l'est du
Pacifique équatorial, modifiant à l'échelle mondiale les régimes de
vents, de pression et de précipitations. Et il exerce une plus forte influence sur les températures mondiales au cours de l'année qui suit son apparition, détaille l'OMM.
"Le phénomène El Niño est déjà présent et devrait s'intensifier rapidement pour atteindre une forte intensité", a déclaré la secrétaire générale de l'OMM, Celeste Saulo, citée dans le communiqué. "Il augmentera les probabilités de sécheresse et de fortes précipitations, ainsi que les risques de vagues de chaleur terrestres et marines dans de nombreuses régions du monde", a-t-elle ajouté.
Le dernier épisode El Niño, en 2023 et 2024, avait fait de ces années les deux plus chaudes jamais enregistrées. Le phénomène cyclique affecte par effet domino le climat mondial pendant plusieurs mois, et peut provoquer ou intensifier les épisodes de
sécheresses ou de
pluies diluviennes selon les régions. Au
Pérou, les autorités viennent de placer 800 de ses municipalités en état d'urgence face au "danger imminent" de fortes pluies liées à El Niño.
Selon l'OMM, les prévisions des principaux centres mondiaux indiquent une hausse constante et significative des
températures océaniques dans le centre et l'est du Pacifique équatorial, "avec des anomalies moyennes saisonnières de température de surface de la mer qui devraient dépasser 2°C dans les principales régions surveillées". L'organisation souligne que les modèles de prévision "concordent remarquablement, ce qui confère un degré de confiance élevé aux perspectives d'évolution".
El Niño devrait continuer de se renforcer pendant l'
automne boréal - de septembre à novembre - et "son influence devrait alors s'étendre à de nombreuses régions du globe". Parallèlement, les températures dans le bassin de l'
Atlantique équatorial devraient rester en général supérieures à la normale.
L'OMM prévoit "une probabilité écrasante" de températures supérieures à la moyenne dans presque toutes les zones peuplées en dehors des
régions polaires, pour la période juillet-septembre. Elle prévoit aussi davantage de précipitations que la normale dans le centre et l'est du Pacifique équatorial, et des précipitations inférieures à la normale dans certaines zones de l'
océan Indien tropical, du sous-continent indien et dans une grande partie de l'
Australie.
En
Afrique équatoriale, les prévisions dessinent un contraste est-ouest : des précipitations supérieures à la normale au nord du
golfe de Guinée, mais inférieures à la normale dans la
Corne de l'Afrique.
Des précipitations inférieures à la normale sont également attendues dans les
Caraïbes, dans le nord-ouest de l'
Amérique du Sud et dans certaines régions d'
Amérique centrale, tandis que le sud-ouest des États-Unis devrait connaître des conditions plus humides que la moyenne.
En
Europe, un contraste nord-sud est attendu, avec davantage de précipitations au sud et moins au nord, même si les prévisions y sont moins fiables que dans de nombreuses autres régions.