LE MATIN
08 Septembre 2026
À 09:00
"Il y a maintenant plus de 60 guerres impliquant au moins un Etat – le nombre le plus élevé depuis la Seconde Guerre mondiale”, a déclaré
Volker Türk à l’ouverture de la 63e session du
Conseil des droits de l’homme à Genève (7 septembre - 7 octobre), se disant particulièrement préoccupé par la multiplication des
conflits entre Etats, qui plonge selon lui le monde dans "un territoire particulièrement dangereux”.
Présentant la mise à jour de son rapport annuel de la situation des
droits de l’Homme dans le monde, le Haut-Commissaire a appelé à un retour urgent aux négociations, estimant qu’"il n’y a qu’une seule issue à cette folie : des négociations de paix qui respectent la Charte de l’ONU".
Il a successivement évoqué la reprise des
affrontements au Moyen-Orient, la poursuite du
conflit russo-ukrainien, ainsi que l’utilisation de
drones entièrement autonomes capables de tuer sans intervention humaine, appelant à leur interdiction urgente.
Il a également alerté sur l’aggravation des conflits au
Soudan, à
Gaza et en
Cisjordanie, au
Liban, au
Soudan du Sud, au
Yémen et en
Ethiopie.
Pour M. Türk, la multiplication des conflits s’accompagne d’un recul du
respect des droits humains, du
droit international humanitaire et de la
Charte des Nations unies.Face à cette situation, le Haut-Commissaire a présenté sept axes d’action pour les prochaines années, dont un engagement accru contre les intérêts économiques qui alimentent les guerres. Son bureau entend renforcer son analyse des "intérêts commerciaux et économiques colossaux” qui nourrissent les conflits, en exposant leurs acteurs et en réclamant qu’ils rendent des comptes.
M. Türk a également placé la justice transitionnelle, la médiation, la participation des femmes aux processus de paix et le soutien aux organisations locales œuvrant pour la paix au cœur de cette stratégie. Il a souligné que la grande majorité des populations souhaitent la paix et appelé à soutenir celles et ceux qui la défendent au niveau local.
Le Haut-Commissariat veut par ailleurs utiliser les droits humains comme un outil d’alerte précoce, en renforçant ses capacités d’enquête et d’analyse afin de détecter les tensions avant qu’elles ne dégénèrent en violences.
Enfin, M. Türk a fait de la lutte contre l’impunité une condition de la paix durable, appelant les Etats à renforcer leurs mécanismes nationaux de justice et à soutenir pleinement la Cour pénale internationale.
Il les a également encouragés à recourir à la compétence universelle afin que les personnes accusées de crimes atroces puissent être poursuivies lorsque les juridictions nationales ne peuvent ou ne veulent pas agir.
Mais les conflits ne constituent plus la seule menace aux droits humains, a-t-il averti : l’IA ouvre un front inédit qui exige, selon lui, une action immédiate.